11/08/2012

Octave, Arsène, Ernest, Constant et les autres, les lignards du 13ème et 33ème

Loin de vouloir refaire un historique de ce fameux régiment qu'est le 13ème de Ligne, nous tenterons, au travers de documents récoltés et des livres édités, de retracer le parcours des bataillons, voire des compagnies, dans lesquels se battaient plusieurs de nos concitoyens. Ils sont 16 à avoir laissé une trace. Seize hommes répartis dans les trois bataillons à savoir, 10 dans le premier (I/13), 3 dans le second, (II/13) et 3 encore dans le troisième (III/13). Nombre retenu actuellement en l'état de nos recherches. Les documents recueillis mis en parallèle avec l'historique du 13ème permet de suivre quelques-uns de nos concitoyens, de les situer dans un village, lors d'une escarmouche voire d'un combat mais également pendant l'abandon du secteur. Cinq de nos soldats seront affectés au 13ème régiment de forteresse, unité constituée pour la défense rapprochée des forts du secteur, Maizeret, Andoy et Dave.


 

0 a.jpgOctave, Arsène, Ernest, Constant et les autres connaîtront des destinées bien différentes. Début août, tout le régiment cantonne à Gesves qu'il aménage défensivement en creusant des tranchées et créant des barrages aux accès du village. Mozet et Loyers sont également "mis en défense". Le 8 août, la 2ème cie/II/13 qui défend Mozet est renforcée par le premier bataillon (I/13) car des éclaireurs signalent une présence ennemie à proximité. Fausse alerte, mais dès le lendemain, des reconnaissances sont lancées vers Arville, Baseille et Mont Sainte-Marie. Entre-temps, les lignards creusent de nouvelles tranchées du côté d'Andoy et de Wierde. Le lignard terrasse autant qu'il se bat. Le vendredi 14, le régiment cantonne à Jambes. Repos de courte durée car le lendemain, départ précipité vers Géronsart. Les Lanciers ont signalé des troupes allemandes venant de Dinant et qui approchent de Lustin. De nouveau une fausse alerte. Mais les choses sérieuses vont commencer. L'ennemi approche. Nous sommes le mardi 18, le 13ème, suivant les instructions, prend des mesures défensives, occupant le terrain en avant de la position fortifiée. Le I/13 sort du périmètre de défense et installe sa 1ère compagnie à Quinaux, la 2ème investit le bois de Jeumont et la 3ème défend la ferme de Baseille. Plusieurs de nos villageois sont parmi ces unités et ceux de la 1ère compagnie ont peut-être participé à l'ecarmouche qui a permis de capturer des officiers allemands venus reconnaître la position. On peut le penser sans l'affirmer!

Le II/13 est en réserve à Erpent et le III/13 en soutien des premières lignes tenues par les Chasseurs à pied. Cette fois le baptême du feu est proche. Et de fait, l'artillerie allemande commence le pilonnage systématique des forts et des intervalles. Les avant-postes se retirent, Quinaux est évacué tout comme Jeumont et Baseille. Tout le I/13 se retranche en périphérie du fort d'Andoy qui pourtant est la cible des artilleurs allemands.

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Ils sont plusieurs de l'entité à être présents dans les bataillons du 13ème de Ligne

 

L'intensité du feu est infernale, il y a des victimes parmi les défenseurs, chez les Lignards comme chez les Chasseurs à pied. Beaucoup de victimes à cause de ces bombardements qui balaient toute la campagne, tous les villages, les forts et retournent les tranchées et autres terrassements. Un mouvement de repli est amorcé sous la mitraille ennemie et le I/13 revient à Jambes, histoire de souffler quelque peu. Les pertes sont comptabilisées, on dénombre des victimes dans les deux premières compagnies, pas dans la troisième. Pas encore! Les autres unités ont également souffert, surtout les Chasseurs à pied.

0 a (4).jpgSamedi 22, le I/13 doit se tenir prêt à partir à tout instant et ce pour n'importe quel point du secteur. Afin de se rapprocher du champ de bataille, il prend la direction d'Erpent, et sinstalle à l'ouest du village, proche du II/13, qui  est plus au Nord, quant au II/I13, il est à Géronsart. Les bombardements ennemis cessent enfin mais c'est pour laisser la place aux vagues d'assaut qui se lancent contre une défense certes affaiblie, mais qui offre une belle résistance à Brumagnes, Loyers, Mozet (que l'on dit rasé) et Andoy. Mais l'Etat-major belge, craignant de voir ses troupes encerclées par le corps d'armée qui a traversé la Meuse à Dinant ordonne la retraite de la position. Le III/13 couvre la manoeuvre tandis que la 1ère cie du I/13 fonce sur Velaines Amée afin de protéger les accès aux passerelles construites par le Génie. Dave tient toujours et ce jusqu'au 25 dans l'après-midi. Lors de la reddition de l'ouvrage, quatre de nos villageois, des fantassins du 13ème de forteresse attachés à sa défense, sont faits prisonniers.

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A droite, L. Marchal, un des  trois Arbrois, du I/13 et son carnet de soldat. A gauche, un frère d'armes avec son képi qui porte le chiffre du régiment, le 13!

Quelques sources: Historique du 13ème de ligne de 1914 à 1918, les documents et photos des familles et  bien évidemment "Le carnet du soldat O. Barthélemy" (Pierre Charlier) . Une carte levant tous les mouvements cités permet une approche plus visuelle. Nous la publierons prochainement. Afin de ne pas surcharger les pages de ce blog, nous développerons les documents concernant ces 16 soldats, photos, décorations, faits d'armes, courrier...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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