31/10/2012

Donat, Emile, Camille et Arsène, "Piotte pakker", une mission dangereuse et ingrate

Lors de la moibilisation en août 1914, les gendarmes sont déjà très sollicités, chargés de porter les ordres de mobilisation dans les villages, ils doivent ensuite surveiller les départs des appelés. Lors de la constitution des troupes, un bataillon de gendarmes est adjoint à chaque division. Les hommes qui constituent ces unités viennent des différentes brigades de la région et sont chargés du maintien de l'ordre. Quatre villageois, deux de Lustin, un de Arbre et un de Bois-de-Villers, gendarmes de profession, serviront en temps de guerre, trois dans la IVème division, la place de Namur, le quatrième dans la Ière division. Ils se retrouvent derrière le front de l'Yser et connaissent des sorts bien différents. Donat Devaux est tué en action, Emile Moreau meurt de maladie contractée au front (la grippe espagnole), les deux autres en sortent sains et saufs et poursuivent leur engagement dans ce corps après la guerre.


Pendant la retraite, balayant les arrières de l'armée, les prévôts récupèrent quantité de soldats ayant perdu le contact avec leur régiment et les redirigent vers des points de ralliement, certains en poste aux carrefours vitaux orientent les troupes de passage, d'autres précèdent les avant-gardes afin de préparer et sécuriser  les itinéraires. Ils sont partout à la fois, à pied ou à cheval!. Arrivés au front, ils reprennent leurs services habituels, ce que l'on appelle  les "fonctions de police". Garder les prisons, convoyer les détenus vers les cours martiales, emmener les prisonniers allemands vers leurs camps, mener des enquêtes lors d'événements particuliers ou protéger les villages abandonnés contre les pillards. Toutefois, tous ces hommes sont confrontés à une tâche bien impopulaire. Une mission bien souvent très pénible pour ces hommes qui doivent établir des cordons de surveillance derrière nos lignes afin d'empêcher les défections et le reflux de fuyards lors d'attaques. Renvoyer au feu  leurs frères d'armes durement éprouvés  par un combat !  Il y a également les déserteurs. Arrêter ces derniers s'avère bien souvent dangereux car ils n'ont plus rien à perdre et ne se laissent pas facilement capturer. Les gendarmes n'ayant pas rempli correctement cette mission sont sévèrement punis. Camille, chef de poste pour cette mission, l'a appris à ses dépens. Il n'a pu empêcher le passage  d'un groupe de sept hommes en fuite. Souvent, les prévôts patrouillent dans la zone d'étape allant même jusque Calais. Leur présence est nécesaire dans les centres d'instruction ainsi que dans les hôpitaux militaires situés en France. Assurer la discipline, tel est leur rôle dans ces endroits. Trois des nôtres auront la "chance" d'être désignés pour le maintien de l'ordre dans le foyer des soldats belges  à Paris! La ville lumière, loin du front! Nos  permissionnaires y prennent parfois certaines libertés avec la discipline. Nos quatre villageois ont connu tout cela.

Donat Devaux, curieusement son nom apparaît sur le monument de Ghislenghien. Son dossier le renseigne comme tué à Adinkerke. (avec l'aide de Robert pour le monument aux morts)

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Emile Mourau est né à Lustin. il est  mort de la grippe espagnole.

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Une partie des missions remplies par Arsène, un gendarme de Bois-de-Villers.

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Camille, le gendarme de Arbre, chef de poste le 18 novembre 1916, a laissé passer un groupe de 7 fuyards.... 15 jours d'arrêt de quartier!

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Les gendarmes conduisent les prisonniers allemands vers leurs camps.

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Un tout grand merci à Robert pour l'aide apportée. Il nous a permis d'utiliser quelques photos afin d'illustrer notre recherche sur les gendarmes. Nous nous en servirons dans la publication future. Merci et "à puss....."

 

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