21/11/2012

Donat, Auguste, Alfred, Léon, ils sont là.."bien alignés, éternellement prêts pour la grande revue"

 

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Le cimetière de Bourbourg où repose Emile, un soldat du 4ème bataillon du génie de la PFN

Fantassins, artilleurs, géniaques, grenadiers ou brancardiers, ils sont nombreux, trop nombreux, dans nos six villages, à avoir donné leur vie pour le pays. "Morts pour la Patrie" "Morts pour la Belgique" entend-on en ces jours de commémoration. Les Anciens fleurissent quelques tombes et l'orateur explique aux plus jeunes la raison de leur présence en ce 11 novembre. Beaucoup semblent l'ignorer. Pourtant, certains ont peut-être un lointain parent qui repose dans le carré militaire de leur village. Ce n'est pas la faute des enseignants qui ont donné la leçon. Mais c'est si loin pour eux! Et puis, ils sont si jeunes.

 


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Dès la fin de la guerre le gouvernement a permis aux familles ayant perdu un proche en captivité d'aller se recueillir sur sa tombe. "Il assure la gratuité du parcours en chemin de fer aux personnes désireuses de visiter la tombe d'un parent mort en captivité". Les frais sont pris en charge par l'administration, du moins pour certaines familles. Cela en attendant un futur rapatriement vers le village.

Qu'ils soient morts en captivité ou lors des combats, les funérailles représentent énormément de frais pour des parents qui viennent de traverser une si longue épreuve. De plus, il faut encore y ajouter la pierre tombale et le transport du corps. L'Etat aidera encore à ces rapatriements.

Et pour tous ceux qui resteront dans les cimetières militaires, l'Etat fera don d'une pierre, la même pour tous, officiers, sous-officiers ou simples soldats.

Les premières années après la guerre, les corps restent donc dans des cimetières temporaires. Des croix de bois que l'on vient fleurir lors d'une rare visite. Puis ce sera le retour vers la terre natale comme pour Joseph Guery, mort lors des combats près d'Anvers. Ses parents le feront revenir dans le caveau familial à Arbre.av 06.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si la plupart des familles ont rapatrié le corps de leur défunt, d'autres ont préféré le laisser au milieu de ses frères d'armes.

av 08.jpgCeux restés avec leurs frères d'armes dans les cimetières de Flandres. Comme Léon et Maximilien ou Jules. Donat est à La Panne, Elie à Adinkerke, Constant à West Vleeteren. Quelques-uns reposent en terre française. Fernand est à Calais, Emile à Bourbourg. Camille, enterré à Nice, est revenu quelques années après. L'un a disparu. On n'a jamais retrouvé sa trace, ni vivant, ni mort.

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La tombe de Fernand, au milieu des siens. Sa famille allait se recueillir sur sa tombe malgré la distance et les difficultés de transport.

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Une partie de l'acte de décès de Camille à Nice et enterré au Cap Ferrat

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av 09.jpgEt il y a également les soldats qui sont morts dans nos villages et qui ne sont pas retournés chez eux. Verhaeghe Constant de Courtrai est mort à Lesve, le 4 septembre 1914, des suites de ses blessures. Avec plusieurs de ses compagnons dont Raveel Blondin de Kruishoutem et Gevers Charles, d'Anvers, il repose à Marchovelette. Tous les trois étaient du 10ème de ligne et sont tombés lors des combats dans ce village. Il  y avait également une dizaine de Français parmi les victimes..

 

 

" bien alignés, éternellement prêts pour la grande revue"

Roland Dorgeles

 

 

 

 

 

 

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