28/12/2012

Ils sont passés par un centre d'instruction avant de gagner le front

Novembre 1914, le front s'est stabilisé sur l'Yser. La guerre des tranchées commence. Il manque d'effectifs car les combats et la retraite ont décimé certains régiments ou éclaircis les rangs de bien d'autres. Puis il y a tous ces prisonniers faits dans les positions de Liège, Namur et Anvers. A partir de novembre 1914, de nouveaux volontaires, malgré tous les dangers encourus pour rejoindre le front, arrivent. Ils sont nombreux à se présenter en France, là où les autorités belges ont installé les centres d'accueil. L'armée belge ouvre plusieurs centres d'instruction afin de former les recrues avant de les envoyer dans les unités combattantes.


Rien que pour les six villages de l'actuelle entité, on ne compte pas moins d'une vingtaine de volontaires de guerre. (Du moins en l'état actuel des dépouillements d'archives). Plusieurs rejoindront jusqu'en 1918.

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Photo prise en mars 1917 à Profondeville. Serait-ce un départ d'un volontaire? Certains détails de la photos semblent prouver la chose.

Les principaux centres d'instruction sont situés bien en retrait des lignes. La plupart en Normandie, d'autres dans le Pas-de-Calais, l'un étant même en Baie-de Somme.

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Le maniement du crapouillot, nettoyer une tranchée prise à l'ennemi, lancer les grenades à main, la marche forcée, l'escrime à la baïonnette font partie de l'instruction suivant l'arme choisie.

Criel-sur-Mer, Valognes, Carentan, Carteret, Coutances, Honfleur, Bayeux, Dieppe, Gaillon, Gravelines, Auvours, Ardres, Grand Fort Philippe et Audruicq, des centres d'instruction loin des zones de combat afin de donner une instruction en toute sécurité. Les recrues y restent le temps nécessaire à une instruction de base. Le temps manque et les besoins en hommes réels. La tache est énorme. Quelques mois pour apprendre à lire des cartes, creuser des tranchées, les "nettoyer" quand elles viennent d'être prises à l'ennemi, manier le fusil et l'usage de la baïonnette, lancer des grenades à main, utiliser les explosifs, manipuler les crapouillots et autres lance-grenades... La liste est longue. Et tout cela en quelques mois. Bien peu de préparation pour de jeunes gens qui vont côtoyer la mort dans les tranchées. Chaque centre d'instruction développe une spécialité. Le Génie est à Ardres et  Auvours, les hommes y apprennent à construire des passerelles ou à manier les explosifs, l'école de cavalerie s'installe dans les environs de Calais et c'est à Oye-Plage et Gravelines que les futurs mitrailleurs apprennent le maniement de cette terrible arme. Ensuite, après avoir suivi leur instruction, les hommes gagnent un dépôt où ils reçoivent leur effets militaires, leur arme et les dernières consignes au sujet du régiment qu'il vont rejoindre. En route vers l'Yser! Leur manque de préparation leur sera  parfois préjudiciable. Les premiers temps sont très dangereux pour les nouveaux arrivants. Jean est né à Arbre en 1897. Il s'engage comme volontaire en juillet 1916 et suit son instruction en vue de servir dans l'artillerie. Fin 1917, il gagne son régiment, la 13ème batterie du 3ème groupe du 1er régiment d'artillerie. Il est blessé mortellement le 26 juin 1918. Il meurt le lendemain des suites de ses blessures.

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Un engagement d'un citoyen de Profondeville en mars 1917. il vient de Londres. Il a 32 ans.

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Un de Lustin. De novembre 1914 jusqu'au 1 juin 1915; à Valognes en Normandie puis à Ardres pour y suivre l'instruction du Génie. Il rejoint le front le 21 juillet 1915.

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Lorsque les hommes ont subi de graves blessures, ils sont soignés dans des hôpitaux à l'arrière. Certains partiront même en Grande-Bretagne. Une fois les soins terminés, les convalescents reçoivent une légère instruction pour les remettre à niveau... mais également pour vaincre leur appréhension. Retourner au feu lorsqu'on a été meurti n'est pas chose évidente.

 Un entraînement à la construction d'une passerelle flottante dans le centre d'instruction de Ardres

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Au sujet du 4ème bataillon du génie en août 1914.

Une photo prise en août 1913 entre Tailfer et Profondeville.génie.jpg

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Les pontonniers du 4ème bataillon du Génie connaissaient toutes les techniques afin de construire un pont de bateaux sur la Meuse. La longueur de la construction et les sautes d'humeur du courant ne constituaient pas un obstacle pour leur travail qui devait toujours être réalisé dans l'urgence et souvent sous le feu de l'ennemi.

Un de mes parents était alors sous-officier dans ce bataillon, en août 1914, et après la guerre avait le grade de capitaine. En 1939 et 1940, trop âgé pour se rengager, il s'était proposé pour l'instruction des populations au port du masque à gaz et des mesures à prendre par les civils contre les attaques aériennes. Plusieurs fois, il est venu à Profondeville et à Bois-de-Villers pour donner des explications.

 

 

 

 

 

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