23/12/2012

Combien ont-ils été à partir en exode comme Maria Burton de Bois-de-villers?

L’exode n’est pas immédiat dans nos villages mais suite à l’accumulation  des exactions ennemies, (assassinats, prises d’otages, incendies des biens), l’attitude des villageois change. La peur que suscitent les ignominies de l’envahisseur sur les civils déclenche un mouvement de panique et le désarroi des militaires, tant belges que français traversant nos villages, ajoute encore à la terreur de la population civile.  Afin de fuir le danger, des départs sont décidés dans l’urgence, certains de nos concitoyens se lancent sur les routes, encombrant encore plus les itinéraires des troupes belges et françaises en retraite. Mais combien sont-ils?


A l'échelle de nos six villages

Difficile de cerner l'ampleur du phénomène vu le manque d'informations contenues dans les archives tant communales que paroissiales. Néanmoins, il semblerait établi, mais le conditionnel est de rigueur,  que, à l'échelle de nos villages, l'exode n'aie pas été important même si le curé de Lesve écrit que "l'évacuation se fit dans le calme et sans incident à signaler". Que veut-il dire par ces quelques mots? Nous n'en saurons rien car il reste évasif.

L'extrait de la déclaration du curé Petit de Lesveex 04.jpg

Une illustration de l'exode comme certainement nous n'avons pas connu dans nos régions.ex 08.jpg

Mais peut-on alors qualifier ce mouvement d'exode? A part quelques familles qui ont poussé leur voyage jusqu'en France, les autres ont bien vite réintégré leur maison après quelques jours, le temps que passe l'orage. C'est du moins ce qu'il ressort de la mémoire de plus anciens. "Mon grand-père racontait que l'on avait été retrouver famille à Haut-le Wastia" raconte ce Lustinois. Néanmoins, quelques rares informations tendent à prouver l'existence  d'un léger mouvement migratoire. A Bois-de-Villers, l'on voit défiler des gens venant de Sart-Saint-Laurent, à Lesve ce sont des habitants de Saint-Gérard qui traversent le village, fuyant les combats annoncés par les Français. Ces passages déclenchent-ils chez nos anciens le même besoin de sécurité?

Des annonces dans les journaux prouvent la réalité du fait. Des familles ont quitté leurs biens pour se réfugier en des lieux plus paisibles. Leurs proches s'inquiètent de leur absence, de leur silence.

Une des annonces publiées dans le journal L' Ami de l'Ordre dès octobre  1914

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Les papiers d'identité de Maria Burton de Bois-de-villers, avec les cachets des administrations,

on peut retracer son parcours.ex 07 pour texte.jpg

 

Céline Paquet, elle aussi de Bois-de-Villers, est partie se réfugier à Warnant avec son époux. Ce dernier est parti seul vers la France. Depuis son départ, elle na plus de nouvelles. En 1925, son époux n'a toujours pas réapparu et est , à la lecture du document, considéré comme disparu.ex 01 pour texte.jpg

Enfin, dernière trace d'un exode, des habitants de Lesve se sont enfuis dès le 24 aôut, emportant avec eux des soldats français blessés. Ils sont revenus huit mois après, annonçant que les blessés avaient été déposés en France, loin de l'ennemi.

"Nous apprîmes de la bouche d'un des conducteurs qui demeura huit mois en France..."ex 09.jpg

 

 Ces quelques exemples ne font qu'illustrer le phénomène villageois.  La découverte d'autres documents permettra certainement de mieux évaluer son importance. Nous laissons donc le sujet en suspens.

 

 

 

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