03/01/2013

Des francs-tireurs à Bois-de-Villers, à Lesve ou à Lustin? Un espion à Rivière?

"Sous prétexte que l'on avait tiré sur eux", les Allemands exercent des représailles envers les populations civiles. D'après eux, des francs-titreurs, embusqués dans les maisons, les prennent pour cibles. C'est leur argument pour déclencher de terribles répressions contre les civils. Nul besoin de rappeler les villes d'Andenne, Dinant et Tamines qui déplorent des centaines de martyrs froidement fusillés contre un mur, devant leur maison parfois en présence de leur famille. Nos villages ont heureusement échappé à de tels massacres mais...


...mais des actes odieux se sont néanmoins accomplis dans nos villages. Actions d'autant plus abjectes qu'elles sont perpétrées contre des innocents, des gens sans défense, des personnes âgées voire handicapées. Les Allemands ont incendié des maisons à Lesve, Bois-de-Villers et Rivière sous le fallacieux prétexte que des francs-tireurs avaient tiré sur eux!

blog 01.jpgAu village de  Lesve donc, les événements se déroulent selon le scénario habituel  et l'on y  dénombre plusieurs victimes (déjà citées dans une précédente page de ce blog), ainsi que plusieurs maisons incendiées. Mais il existe mille façons de faire régner la terreur. Ainsi, le jour de son arrivée à Lesve, l'envahisseur avait arrêté "une vingtaine de femmes et de jeunes filles. Leur intimant l'ordre de se mettre à genoux, l'officier leur cria "faites votre acte de contrition" et pendant que ces malheureuses éperdues priaient en sanglotant, l'officier donna quelques ordres à ses soldats. "Feu" ordonna-t-il. Et les fusils furent déchargés en l'air. "Maladroits" cria l'officier. Puis s'adressant aux malheureuses, il leur fit tourner le dos et fit faire une nouvelle décharge, toujours en l'air". Ce bel exploit terminé, les militaires s'éloignèrent en riant". Ce sont les informations qu'en donne l'abbé Piette.

A  Bois-de-Villers, les habitants des Six-Bras eurent encore à souffrir. L'ennemi " les fit mettre à genoux, les mains en l'air au milieu du chemin, les soldats entrèrent dans les maisons et volèrent argent, vivres et vêtements. A dix heures, ils mirent le feu à la maison de Joséphine provis, infirme octogénaire et l'incendie se communiqua à deux maisons voisines" p. 364

blog 04.jpgA Lustin, le prêtre fut témoin d'un simulacre d'attaque par des francs-tireurs cachés à Tailfer. Pour avoir l'excuse d'une repression, un des soldats allemands abattit son cheval... accusant le tir d'un franc-tireur caché dans le parc du château. Heureusement l'affaire tourna court grâce à l'intervention de M. Eugène Gilbert de Cauwer. p.109

Les actes pour semer la terreur sont très  nombreux. Rappelons encore que le curé de Lesve a été l'objet d'un simulacre d'exécution sommaire.

Mais à Rivière, c'est une bien étrange affaire qui secoue la population. La présence d'un espion. Du moins c'est ce que l'on croit. L'abbé Daiche, intrigué par l'attitude d'un prêtre inconnu se mêlant à la population, l'observe et trouve son attitude bizarre.   Mais l'homme avait disparu avant que le pasteur du village n'aie pu réagir.

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La relation qu'en fait l'abbé Daiche de Rivière.

 

Pour Bois-de-Villers voir les travaux du chanoine Jean Schmitz et dom Norbert Nieuwland, Le siège de Namur, tome II, pages 109 et 364.

Pour les autres informations non reprises dans ces recherches, voir archives paroissiales du village cité.

 

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