11/01/2013

Que de démarches et de soucis pour rapatrier les corps des soldats.

Du fait de la gravité de leurs blessures (ou malaldie), plusieurs de nos concitoyens ont été soignés dans des hôpitaux implantés loin derrière le front. On les retrouve pour la plupart en France, à Lyon, Guemps, Bourbourg, Nice ou Calais, d'autres furent soignés en Grande-Bretagne, plus particulièrement à Londres, plusieurs en Hollande et un seul, de Lesve,  à Genève en Suisse. Hélas pour quelques-uns, tous les efforts des médecins furent inutiles et ils décédèrent loin de leur village natal.


Ces défunts sont momentannément inhumés dans un cimetière proche de l'institution voire dans un carré militaire provisoire. C'est le cas de Camille,  soldat au 13ème de ligne, qui en 1918 est à Nice, à l'hôpital Saint Pons où malgré toute l'attention du corps médical, il succombe des suites de sa maladie, le 12 février 1919 à 9 heures du matin. Il est enterré le lendemain dans le cimetière de Caucade (Nice), tombe 4659.

L'hôpital Saint-Pons à Nice, là où fut soigné Camille.0 pour blog (7).jpg

Sa famille entreprend les démarches pour rapatrier son corps. Démarches longues,  compliquées et qui pèsent lourdement sur l'affectif. Le corps est exhumé le 11 mai 1923 et le cercueil n'arrivera en Belgique que  le 25 mai, à Adinkerke et non à Bruges comme prévu. Inquiète de ce retard, la famille s'adresse à l'administration militaire qui répond que le bourgmestre du village sera prévenu de l'heure et du jour de l'arrivée du convoi mortuaire. Le corps de Camille arrivera à Bois-de-Villers fin juin.

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Différents contacts ont lieu entre l'administration militaire et la famille...0 pour blog (8).jpg

Toutefois, dans un souci d'adoucir la peine des familles, l'Etat belge autorise les proches du défunt à se rendre sur la tombe de leur parent. Les frais du voyage sont pris en charge par les autorités. Une maman de Bois-de-Villers se rend plusieurs fois à Calais, là où est inhumé son fils Fernand, un grenadier mort en février 1915.

Les différentes demandes de voyage

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Les familles qui ont leur fils ou leur époux enterré dans un cimetière en Belgique connaissent les mêmes difficultés. Autant de démarches auprès de services certainement débordés. Il semblerait que certaines familles, lassées de cette longue attente, aient réglé le problème à leur façon... C'est du moins ce que laissent supposer les archives. Un corps a disparu de sa tombe à Adinkerke, deux autres  ont été "exhumés clandestinement" et  furent retrouvés, l'un à Lesve, l'autre à Bois-de-Villers!

Disparu de sa tombe ou exhumé clandestinement

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 Il y aura encore toutes les formalités pour  l'héritage de ces hommes morts "ab intestat". Il faudra attendre les jugements des tribunaux. Puis encore d'autres papiers administratifs à remplir pour l'obtention d'une pension voire d'une médaille méritée par le disparu. Les bourgmestres et les secrétaires communaux aideront ces familles dans le besoin à compléter les dossiers.

Nous analyserons quelques exemples plus en détails dans la publication. 

 

 

 

 

 


 

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