21/02/2013

Vivre dans l'enfer des tranchées, combien de victimes encore?

Fin 1915, avec les pluies de novembre, les combats perdent enfin de leur intensité. Les soldats croupissent dans les tranchées détrempées par les boues qui envahissent le moindre abri. L’eau menace de partout. Et l’hiver qui arrive s’annonce aussi vigoureux que le précédent. Un autre ennemi à affronter. Le froid se précise. D'autres combats. Patrouilles,  coups de mains, embuscades, reconnaissances ou simples attaques d’un poste ennemi trop menaçant sont le lot quotidien de l’homme de tranchée. « Le couteau pour l’attaque,  la grenade pour la défense ». Il faut « leur faire des prisonniers » afin de leur soutirer des informations sur les intentions ennemies et le moral de leurs troupes. L’ennemi agit de même.

 

 

 


Les inondations restent la meilleure défense mais les hommes en souffrent.

Les inondations arrivent jusqu'au bord des abris.0 for  (5).jpg

L'hiver prend possession du champ de bataille. Les hommes se protègent en se couvrant de plusieurs épaisseurs de couvertures, de sacs ou  de toiles imperméabilisées. Le froid perce néanmoins et allumer un feu, en premières lignes,  est inimaginable, ce serait se découvrir à l’ennemi. On se réchauffe les mains autour d’un semblant de café tiédi à la flamme d’une bougie. Mince artifice !

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L'hiver fige les boues.

Le printemps est accueilli avec soulagement. La guerre continue cependant. La nature ne reprend que difficilement vigueur. La nuit, le front s’anime. Tous les deux ou trois jours, des soldats, après un bref repos à l’arrière, relèvent ceux des premières lignes. Ceux qui descendent croisent leurs remplaçants avec soulagement, ceux qui montent les regardent avec envie. Les corvées ravitaillent les défenseurs en nourriture et en munitions. Les ravitailleurs marchent courbés car l’ennemi surveille leurs moindres déplacements. Des balles sifflent, des imprudents tombent.

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 Toutes les nuits, les lignards, aidés par les troupes du Génie, réparent les dégâts occasionnés par l’artillerie ennemie durant la journée. Car les bombardements sont quotidiens. Toutes les nuits, ces soldats terrassiers  renforcent leurs positions, creusent des boyaux de communication, aménagent des abris plus résistants et rehaussent les tranchées. Toutes les nuits, sous le feu ennemi, , on dénombre des victimes trahies par des fusées éclairantes. « Parfois inattendus et violents, les tirs s’abattent brutalement pendant quelques minutes sur un point et tentent en anéantir les défenseurs par surprise. D’autres fois, ils se prolongent pendant plusieurs heures, tenaces dans leur but systématique de destruction. Des tranchées de la veille, il ne reste plus rien, qu’une suite de trous immenses où des corps gisent parmi les sacs éventrés, les bois déchiquetés des abris effondrés. Des lambeaux (de corps) sont accrochés, sanglants, à des rails tordus, d’autres, lancés çà et là sont mêlés aux débris de toutes espèces, laissant voir aux survivants, angoissés mais tenaces, le spectacle de la plus inimaginable horreur ».« Sur le front, rien à signaler » disent les communiqués. Les hommes grognent en apprenant cela. Bien que de grandes offensives ne soient plus lancées, les soldats se battent d’une autre façon,  et la mort, plus sournoise encore, en fauche chaque jour. Leurs missions sont nombreuses.  « Des hommes en sentinelles guettent blottis derrière un peu de terre, des patrouilles rôdent la nuit en fouillant, un couteau à la main, la fange des pistes…  les nuits noires ont surpris des hommes et étouffé le bruit désespéré d’une affreuse lutte ».

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Au printemps, la nature reprend difficilement ses droits

 

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