01/05/2013

Oncle Jules, armée d'occupation... "ici, on passe son temps comme on peut"

Le 11 novembre 1918 a sonné la fin des combats. La paix n'est cependant pas encore signée et ne le sera qu'en juin 1919. Les troupes allemandes retraitent en ordre et regagnent leur pays suivies de près par les troupes alliées qui reprennent possession des territoires libérés. Les Etats-major alliés décident d'occuper le pays vaincu. Du moins jusqu'à la signature de la paix mais également dans le but de contraindre l'Allemagne à payer des dommages aux pays envahis en 1914. Les Belges participent à l'occupation. La 4ème division, des troupes de la position de Namur, passe la frontière et s'installe dans un secteur compris entre de Cologne et la frontière hollandaise.


1 (2).jpg"Nos 4ème et 5ème divisions formant le corps d'occupation entreront en Germanie le 2 décembre et ce sera pour nous une dare à coup sûr mémorable que celle de voir nos fils mettre le pied, en vainqueur, sur le sol teuton. La ligne de garde assignée à nos troupes passera par Aix-la-Chapelle, devant Dusseldorf et filera vers la frontière hollandaise".

"Nos premiers régiments de cavalerie sont entrés samedi à Aix-la-Chapelle. Le bruit depuis lequel nos troupes auraient eu à subir des attaques en Allemagne est absolument sans fondement. Cette occupation s'est faite sans incident".

Oncle Jules en occupation, photo envoyée le 19 mars 19192.jpg

Ils sont plusieurs de nos villages à vivre cette occupation. 
Un extrait du courrier de cet oncle Jules: "Le 16 février 1919.  Chers parents, pour un jour d'amusement, je me suis fait photographier avec deux amis (à la boxe). Ici, on passe son temps comme on peut et je ne me plais pas très mal. Hier, je me suis fait arracher une dent et je souffre énormément depuis trois jours, je ne mange presque pas et je suis toujours gonflé".
Et par chez nous, la vie reprend.
La victoire sur l’Allemagne semble tout effacer. Les absents sont revenus au village, les morts reposent dans le carré militaire, les vivants réapprennent à vivre tout en gardant en mémoire leurs souffrances durant ces longues années. Que de souvenirs à se rappeler. Les uns racontent leur guerre dans les tranchées, les autres, restés au village, la faim, la peur et leurs tourments sous le joug ennemi. Chacun a vécu sa guerre et tous se souviennent de leurs sacrifices. La joie revient lentement et si elle estompe petit à petit les deuils, elle n’en garde pas moins vif le souvenir des disparus.
 
3.jpgDepuis la loi vôtée juste avant la guerre, ce seront tous les fils des familles qui feront leur service militaire. Même ceux qui ont été déportés sont « repris en force ». C’est le cas d’ Aimable François. La plupart "feront leur temps" comme on disait à l'époque, d'autres s'engageront dans la carrière militaire. Ernest Thomas de Rivière est né en 1894, il est donc de la classe 14,
4.jpg7.jpgil est incorporé au 5ème de ligne, le 19 juin 1919. Clobert Arthur, né à Bois-de-Villers, le 6 avril 1894, classe 14, incorporé au 2ème régiment du génie, le 12 juin 1919. Paulet Gustave, né à Rivière, le 8 janvier 1894, classe 14, engagé volontaire au groupe léger de la 4ème division, le 15 septembre 1919

 Le dossier militaire de Clobert Arthur de Bois-de-Villers et sa photo.

Une photo du 13ème de ligne avec Théodule François de Arbre, service militaire en 1919 et son frère Alexis, pourtant déporté pour le travail obligatoire, sert dans un régiment d'artillerie. Théodule est le troisième (debout) en commençant par la gauche. En dessous, Alexis François dans son régiment d'artillerie à Braschaat en 1920.

 

 

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Paulet Gustave, engagé volontaire et Ernest Thomas.

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