20/04/2014

George Depaire, fait prisonnier lors d'une patrouille dans les lignes ennemies

Georges Depaire

Né à Profondeville, le 10 octobre 1892. Le 13  octobre 1908, il n'est âgé que de 16 ans,  il signe au  7ème régiment de ligne à Anvers un engagement,  comme volontaire. Volontaire de carrière jusqu'en 1911! Lorsque son engagement se termine, il se réengage,  comme milicien cette fois, pour deux ans au 11ème régiment de ligne. Caporal le 1er novembre 1908, il passe sergent le 1er juin 1911 puis sergent-fourrier le 6 juillet 1913. Le 29 octobre, il est démobilisé et mis en congé illimité. Il est de retour à Profondeville. Pas pour longtemps. Le 12 février 1914, il se réengage pour un terme de deux ans et passe au 12ème de ligne. C'est avec le grade de sergent-fourrier qu'il se retrouve à Liège le 1 août 1914 et prend part aux premiers combats. Il est capturé lors d’une patrouille effectuée dans les lignes ennemies


 

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Devant le lieutenant Torrekens du 7ème régiment de ligne,  les lois militaires lui sont lues par le sergent Driesen.

Signé à Anvers le 13 octobre 1908 par le témoin, la recrue et l'officier.

George Depaire en 1908.

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L'identification et la description physique de la recrue

Son régiment est déjà fortement engagé dans la défense de Visé. Lors de l'attaque de la position fortifiée de Liège,G. Depaire reçoit l'ordre de son lieutenant d'effectuer une patrouille afin de collecter des informations sur la pénétration ennemie. Il est capturé lors de cette mission.

 

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"Etant en patrouille aux environs de la Citadelle et aux abords de la ville de Liège (Herstal Vottem Sainte Marguerite), avoir été surpris la nuit, vers 1 heure du matin par un poste ennemi installé sur la route à la sortie  de la commune  de Ghlin.

A ce moment, je cherchais à regagner mon unité, accompagné de trois soldats dont un de l'artillerie de forteresse et dont les noms m'échappent. Les Allemands feront feu sur nous à différentes reprises voyant que nous n'obéissions pas à l'ordre qu'ils nous criaient: "HALTE". Deux de mes compagnons tombèrent mortellement blessés, le 3ème parvint à s'échapper et cerné également, je fus également blessé au genou gauche. c'est ainsi que je fus transporté par les Boches dans une ambulance civile voisine de la Place Saint-Lambert et de là en Allemagne".

 

Il rédige un rapport plus circonstancié en annexe de cette lettre. Une différence (5 ou 3?) quant au nombre d'hommes composant la patrouille.

 

Son récit extrait de son dossier militaire.

« La compagnie venait de Vottem et se dirigeait déployée vers Ans, à la chaussée Tongres Liège. Le lieutenant Beckers m’a envoyé en patrouille vers la Citadelle afin de reconnaître les forces de l’ennemi et leur direction. J’étais accompagné par 5 hommes nous nous sommes postés dans une maison sur le passage des Allemands. Ils montaient vers la Citadelle pour s’y installer et de là ils envoyaient des grands gardes dans toutes les directions. Comme nous étions entourés d’ennemis de tous côtés, nous avons attendu la nuit pour nous faufiler et rejoindre notre compagnie. Au préalable, j’avais établi 2 rapports et 2 croquis semblables que j’ai confiés chacun à un soldat avec mission de les remettre au commandant de la compagnie, le capitaine Jobé. La nuit survenue, je me dirige à travers champs vers Ans en évitant toutes les habitations qui pouvaient abriter un poste ennemi en prenant comme direction approximative le charbonnage des Français. Malheureusement les Allemands avaient déjà posté des sentinelles. Après maints détours et après, avoir essuyés- quelques coups de feu, nous sommes arrivés près du charbonnage que nous nous apprêtions à contourner par le terril lorsque nous tombons nez à nez avec une patrouille ennemie qui rentrait Surprise autant que nous, elle tire, nous ripostons mais au jugé, l’obscurité nous aide cependant à nous rabattre vers les maisons du chemin pavé où je pensais nous défendre et chercher la trouée pour regagner nos troupes. Mais les coups de feu ont donné l’alerte et un petit poste ennemi nous envoie aussi des pruneaux, l’éclair de leurs coups de feu nous guident, nous faisons un détour afin de les prendre de travers. Subitement, l’ennemi cesse son feu. Le nôtre a cessé depuis un moment afin de ne pas démasquer notre position. Nous rampons toujours avec précaution, et nous nous terrons en silence. Nous n’entendons plus rien et ce calme n’est pas sans nous donner quelque mauvais présage. Les Allemands n’ont pas relâché leur surveillance et au moment où nous passons la route, une quinzaine de boches surgissent du fossé opposé. Malgré leur nombre on se défend à coups de crosse et de baïonnettes, des coups de feu éclatent. Les boches hurlent, j’en étends deux mais je reçois un coup sur la tête qui m’étourdit. Je suis saisi et désarmé ainsi que deux de mes hommes, deux autres sont blessés, le cinquième a su se sauver…. Les boches furieux nous poussent à coups de crosses dans le dos dans une cave où nous resterons…"

Ce fut la 1ère étape du long calvaire de la captivité.

Le plan et les détails pour situer la rencontre avec les forces ennemies.

01 le plan a.jpg"approximativement à 1 kilomètre de la grande route Tongres-Liège, sur le chemin pavé allant vers Ans, près du charbonnage "des Français", dans la nuit du 6 au 7 août. la compagnie venait de Vottem et se dirigeait déployée vers Ans. A la Chaussé Tongres-Liège, le lieutenant Beckers..."

 

 

 

 

Quelques extraits de son rapport

La rencontre de l'ennemi

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Le combat

 

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Lors de sa captivité, George Depaire continuera son combat semant le trouble dans le camp et organisant la résistance parmi ses condisciples. Il tentera plusieurs évasions. Nous verrons cela dans le chapitre consacré aux évadés des camps.

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Les articles des journaux de l'époque ne sont pas très fiables par manque d'informations des journalistes mais également par l'obligation de ne pas ébranler le moral des civils avec des compte-rendus trop négatifs. Les journalistes allant  même parfois jusqu'à l'exagération...." C'est en chantant sans relâche, en se riant véritablement du danger qu'ils s'élancent au devant de l'adversaire..." Nos soldats ont fait preuve de courage et d'héroïsme  devant l'ennemi mais l'article pousse le trait exagérément.

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"Une autre  compagnie surprise par l'ennemi".

Bien que le régiment soit différent (11ème au lieu du 12ème), on ne peut ignorer les quelques similitudes dans les deux faits d'armes.

Sources.

Dossier militaire de George Depaire, notariat Evere.

Journal L'Ami de l'Ordre en date du 8 et 9 août 1914

 

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