25/05/2014

"Serons-nous envahis"? C'est la question que tout le monde se pose!

Depuis le début du siècle, le climat politique se dégrade entre plusieurs puissances, mais à partir de 1914, la situation s'aggrave encore. La tension est de plus en plus palpable surtout entre l'Allemagne et la France et les déclarations incendiaires de l'Allemagne ne sont pas pour apaiser l'atmosphère. La Belgique, petit pays enclavé entre les pays concernés, compte sur sa neutralité pour ne pas être embarquée dans ce déferlement de violence. Nos gouvernants sont attentifs et suivent l'évolution de la situation de près. De nombreux rapports mettent en évidence « des mouvements de troupes assez sérieux du côté des deux frontières ». Les préparatifs tant français qu'allemands inquiètent donc les autorités belges qui rappellent trois classes et prennent quelques mesures préventives. « La principale mesure a été le rappel de trois classes. Il ne s'agit donc pas d'une mobilisation mais d'une simple mesure de prudence qui faciliterait au besoin la mobilisation ».


 

A coups de gros titres, la presse informe ses lecteurs

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L’Allemagne mobilise

 de 01.jpgDéformant scandaleusement la réalité, l’Empereur Guillaume présente sa version des faits à la population allemande. « Nous sommes entourés d’envieux qui nous obligent à défendre une cause juste » déclare-t-il à la population. « Nous désirons montrer à nos adversaires ce que signifie que d’attaquer l’Allemagne ». L’empereur a été ovationné par la foule massée devant le palais impérial. Continuant sur sa lancée, il ordonne la mobilisation générale qui entre en vigueur le 2 août. Est-il encore possible de faire machine arrière ?

 

 

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L’ultimatum

 

Le 2 août, le ministre d’Allemagne en Belgique - c'est-à-dire l'ambassadeur-   a remis, au nom de son gouvernement, un ultimatum au gouvernement belge l’informant de ce que l’Allemagne désirait passer par notre territoire afin de répondre aux menaces françaises. Il désirait savoir si la Belgique serait disposée à lui faciliter les opérations militaires. Notre pays dispose de sept heures pour faire connaître sa réponse.

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La réponse belge

Nos gouvernants étonnés de cette mise en demeure hostile dément le fait que des troupes françaises veulent pénétrer dans notre pays pour menacer l’Allemagne. La Belgique donc, répond le gouvernement, résolue à défendre sa neutralité par tous les moyens en son pouvoir, se refuse de faciliter les opérations allemandes. Elle proteste contre toute violation de son territoire.

La population s'inquiète. Le gouvernement calme la situation par des communiqués rassurants.

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Tant que la situation est sous contrôle, la presse lance des appels au calme et aux sentiments patriotiques de la population.

Pas d'affolement

Nous répétons cet appel au sang-froid 

Il n'y a aucun danger à l'heure actuelle.

 

Tout le pays compte sur les accords passés lors de la création de la Belgique, des accords qui garantissent sa neutralité. L'Allemagne comme la France, l'Angleterre et la Russie  ont signé l'acte. Pourquoi s'inquiéter? L'Allemagne  n'osera transgresser les traités et forcer le passage par notre territoire.

Mais "un chiffon de papier" n'est pas le gage d'une inviolabilité.

"Un chiffon de papier" c'est de la sorte que les Allemands qualifient le  traité de neutralité de la Belgique.

Malgré tout, le gouvernement espère et réconforte sa population. "Nous sommes heureux de pouvoir calmer les appréhensions de nos concitoyens. L’ultimatum de l’Allemagne est vrai. La réponse énergique et digne de la Belgique est vraie. Nous sommes donc en état de guerre avec l’Allemagne. Mais… à l’heure actuelle pas un seul soldat allemand et français ne sont en Belgique. L’Allemagne et la France continuent leur mobilisation. Nous faisons de même. D’où les mesures que l’on a prises et que la population voit mais dont elle ne doit pas, ne peut pas s’affoler. L’étranger entrera peut-être sur le sol de notre Patrie. Il y entre peut-être en cet instant. Mais les mesures arrêtées par les chefs de notre armée, tous ces mouvements de troupes auxquels on assiste signifient précisément ceci : « Nous sommes prêts, nous voulons rester Belges ».

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Dans les communes, les collèges communaux prennent des mesures qui se voudraient apaisantes, tout en prônant  la neutralité du pays. Les villages de Arbre et de Lustin ont laissé des traces de ces appels.

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"Pas de manifestations de natures à exciter les passions et à provoquer des émotions populaires dangereuses pour l'ordre publique".

Les questions fusent parmi les civils inquiets. 

Les armées allemande et française vont-elles en découdre sur notre territoire ? Les traités en place depuis 1830 et garantis par les pays voisins seront-ils respectés ? L’intérêt des belligérants semble démontrer le contraire. L’ultimatum donné par l’Allemagne n’est qu’un leurre. Et de fait, les premières troupes allemandes massées à la frontière n’attendent qu’un ordre pour nous envahir ! 

L'inévitable arrive...

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Et le 4 août au matin....

Et le matin du 4 août, l’ambassadeur d’Allemagne à Bruxelles annonce

officiellement « que par suite du refus opposé par le gouvernement de sa majesté le Roi aux propositions bien intentionnées qui lui avait soumises le gouvernement impérial…. Forcé d’exécuter, au besoin par la force des armes, les mesures de sécurité…. ». Nous sommes en guerre

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Sources

Journal L'Ami de l'Ordre du 31 juillet au 6 août 1914

Archives communales de l'entité de Profondeveille pour Arbre et Lustin. Les registres aux délibérations des Conseils communaux.

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Le Conseil communal de Arbre , le rappel de la neutralité de la Belgique.

10:03 | Lien permanent

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