10/05/2014

Les gardes civiques des villages maintiennent l'ordre et la sécurité ...

 

gardes civiques

A Bois-de-Villers, la garde civique circule en sarrau bleu et un brassard tricolore au bras. 

Dès la déclaration de guerre, les autorités, tant aux niveaux national, provincial que communal, convoquent la garde civique afin de seconder voire de remplacer les forces de l’ordre occupées par la mobilisation. Elle jouera donc un rôle de police. Si des gardes civiques, venant du Hainaut, arrivent à Namur et assurent, entre autre la surveillance des ponts.

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Celui de Lustin est gardé par une compagnie de Tournai, dans chacun de nos village ce sont des gardes-civiques issus de la population locale qui assurent cette surveillance des lieux sensibles.

Chaque village donc, selon l'importance de sa population, organise sa propre milice. Arbre et Rivière ne compteront que quelques hommes par contre à Lesve, Bois-de-Villers et Profondeville et à Lustin , la « troupe » sera plus importante, on relève une cinquantaine de 50 gardes à Lesves

Avec ou sans arme...

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Les gardes civiques n'ont pas à faire le coup de feu mais c'est sur décision du bourgmestre qu'ils seront armés ou non.

Ils doivent maintenir l'ordre et la sécurité et renforcer les agents communaux.

Qui sont ces hommes? 

Ils sont belges (ou étrangers résidant depuis plus d’un an dans le pays). Ils ne sont pas militaires en activité ou congédié après avoir accompli un terme complet de service personnel dans l’armée ». Selon leur âge, ils seront versés dans le premier ban (les premiers appelés en cas de nécessité), entre 21 ans et 32 ans, dans le second ban (si le besoin s’en fait sentir) entre 32 ans et 40 ans. En somme, cette prestation militaire s’adresse aux villageois qui ont échappé au service militaire qui n’est devenu obligatoire qu’en 1912-1913. 

Les archives communales, et plus particulièrement celles de Lesve et de Lustin, témoignent de l’organisation de cette « force civile », dans laquelle les hommes sont parfois armés de vieux fusils quand ce n’est pas une arme de chasse personnelle. Se conformant aux lois, le secrétaire communal dresse annuellement une liste des villageois répondant aux critères de sélection. Tout cela est contrôlé par les instances provinciales. Ainsi en février 1914, le secrétaire communal de Lesve, M. Sevrin, reçoit un avis du gouverneur de la province, M. le baron de Montpellier: «  J'ai l'honneur de vous prier de bien vouloir me renvoyer pour le 10 mai au plus tard l'état statistique concernant la garde civique". Les autorités ne plaisantent pas avec cela et ne tolèrent aucun retard.

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À Lesve , la compagnie est sous les ordres d’un capitaine, secondé par deux lieutenants et quelques sous-officiers. Neuf sections de quatre hommes, dont un caporal, constituent l’effectif. Dès le 4 août, ces hommes patrouillent dans la commune contrôlant les axes routiers et les campagnes, protégeant particulièrement la ligne vicinale. Ces "troupes parallèles" ne serviront pas longtemps car dès l’approche de l’armée allemande, les hommes seront renvoyés dans leur foyer afin de ne pas être considérés comme francs tireurs.

Capitaine                            Rase Georges

Lieutenant:                          Douxfils Paul

Sous-Lieutenant                  Pochet Ernest

Sergent-major                   Defosse Constant

Sergent-fourrier                  Martinet Maurice

Sergents:                       Tonon Arthur, Colet Arthur, Dewez Charles et Robe Arsène.

Un caporal est également présent dans chaque patrouille. Donc en 1914, la garde civique est composée de:

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1ère patrouille: Vermeulen Camille, Beaupère Adelain (caporal), Demeuse Raymond et Colet Théophile.

2ème patrouille: Jadot Jules (caporal), Lacroix George, Tasiaux Cyrille et Toisoul Isidore.

3ème patrouille: Wypeur Clément, Pochet J-Baptiste, Sohy Théophile et Dewez Isidore (caporal)

 4ème patrouille: Pochet Alexandre, Piette Arthur (ép. Legros), Borbouse Armand (caporal), Piette Hector. 

garde civique, 5ème patrouille: Culot Urbain (caporal) , Brosteaux Gustave, Hennaut Léopold       Douxfils Joseph

6ème patrouille: Colet Félicien (caporal) , Romnée J-Baptiste, Colet Nestor et Tasiaux Arthur

7ème patrouille: Melin Camille, Pochet Fernand, Foulon Constant et Bodson Joseph.(? caporal)

8ème patrouille: Colet Félicien (caporal), Romnée J-Baptiste, Colet Testor et Tasiaux Arthur

 9ème patrouille: Gustin Joseph, Piette Arthur (ép Lamarche), Jadot Armand et Lefèvre 

garde civique

Fernand.

10ème patrouille: Dufaux Célestin, Misson Clément, Bastin Alfred et Defosse Louis, (? caporal)

Il y a deux villageois qui portent curieusement les mêmes nom et prénom; il s'agit des dénommés  Piette Arthur. Ils sont, administrativement parlant,  distingués par le nom de leur épouse: l'un a épousé une demoiselle Lamarche, l'autre une demoiselle Legros.

Un extrait du registre de la garde civique avec la composition de la 11ème patrouille  commandée par le sergent-fourrier Martinet Maurice, elle est composée de Lambotte Arthur, Biot Jules, (caporal), Focant Georges et Dufaux Edouard.

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00006.jpgToutefois lorsque les listes sont constituées, les appelés ont le droit de présenter une requête d’exemption, les motifs sont d’ailleurs repris dans la loi: l'âge, la santé, une incapacité physique voire un métier indispensable au bon fonctionnement du pays... Autant de raisons d’échapper à l’enrôlement. Un cahier, tenu par le secrétaire communale, reprend les raisons présentées par les candidats. Pour la plupart des récipiendaires c’est le métier qui justifie leur dispense. Ils travaillent au « Vicinal » et leur présence est obligatoire à son bon fonctionnement. Mais nous le verrons dans le document concernant Lustin, d'autres raisons sont prises en considération.

garde civique, réquisition

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garde civique, franc tireur,

Dosimont Joseph, receveur communal et

Marchal Jules Joseph, facteur, deux exemptés de par leur profession. Dans la page consacrée au tram vicinal, nous retrouverons plusieurs villageois exemptés pour être membre du personnel de la société.

Les trois photos précédentes

Jadot Jules, caporal à la 2ème patrouille

Piette Arthur et Sohy Théophile

  

La liste des 50 gardes civiques de Lesve est arrêtée le 9 février 1914 mais elle tardera pour arriver à l'administration provinciale... d'où le rappel du gouverneur.

garde civique, lustin

 La liste de Lustin (extrait) avec quelques noms d'exemptés; l'un est étudiant, les autres sont chauffeur d'automobile, tailleur d'habits ou domestique...

garde civique, franc-tireurs,

garde civiqueQuelques gardes civiques de Lesve, de gauche à droite,

Dufaux Emile, Defosse Louis, Demeuse Emile (exempté), Demeuse Raymond, Dewez Désiré (exempté); Colet Nestor.

à gauche, Wypeur Clément.

 

borbouse armand.jpgBorbouse Armand 

 

Biot Jules biot jules.jpg

 

 La liste des exemptés de Lustin (complément de l'extrait)

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Les raisons de l'exemption sont précisées en fonction d'un article de la loi: la profession, la santé, l'état de famille,...

chemin de fer

Quelques endroits qui nécessitent un peu plus de surveillance de la part des gardes civiques de nos villages, les lignes vicinales (les trams reliant Lesve, Arbre, Bioul Warnant-- Lesve Bois-de-Villers, Namur-- Profondeville Namur). Les passages d'eau et bien sûr les voies du chemin de fer, les tunnels et les gares.

le tram vicinal, garde civique, août 14,

 

passage d'eau, garde civique, août 14, Sources

Journal L' Ami de l'Ordre août 1914

Archives communales de Lesve et de Lustin, dossier garde civique

Archives de l'instituteur Collart (école communale en 1914) prêt de M. E. Binamé

Photos Archives communales de Lesve, dossier cartes d'identité.

Détails de cartes postales anciennes Lustin Tailfer, Lesve et Tailfer.

 Collection de M. E. Laurent.

 

 

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