11/12/2014

La garnison du fort d'Andoy, Omer Mottin de Bois-de-Villers est tué

 

carte postales anciennes, Andoy, le fort, août 1914

Le fort d'Andoy avant la guerre, la relève de la sentinelle de garde  ((Coll M. Remacle).

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La composition du cadre du fort d'Andoy. 

 

La garnison a offert une belle résistance à la poussée ennemie.

Sa garnison fut citée à l'ordre de la division pour sa conduite.

« a opposé aux attaques de l'adversaire une résistance qui s'est affirmée brillante de bout en bout ; soumise dès le 24 août à un bombardement violent qui eut tôt fait de démolir les divers locaux de l'ouvrage et de mettre hors de service les coupoles de gros calibres, la garnison entière, tant fantassins qu'artilleurs, sous les ordres de leur chef, le commandant Nollet qui fut vraiment l'âme  de la défense, conserva intactes ses qualités combattantes et fit payer cher à l'ennemi l'assaut qu'il tenta le 23 août dans la soirée, lui infligeant les pertes les plus lourdes et l'obligeant à se retirer ».

 

Parmi les défenseurs, quatre de nos villageois (connus actuellement) , Omer Mottint, Laurent Dardenne, Ernest Huet et un certain Duculot, tous étaient originaires de Bois-de-Villers. Nous n'avons pas retrouvé le dossier militaire du dernier soldat. Ils connurent des destins différents. Omer Mottint  fut tué, les trois autres furent faits prisonniers.

 

Bref historique de la défense du fort

 

le fort d'Andoy, défense de Namur, août 1914

Le rapport du prêtre de la paroisse d'Andoy. Commentaires des événements.

Comme pour les autres forts, la mise en défense, avec l'aide de la population réquisitionnée, nécessita de lourds travaux. Plusieurs bâtiments, bouchant la vue des artilleurs du fort, furent détruits.

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 18 maisons détruites à la dynamite par le génie. Dont le château et la ferme de la Perche. Pour les dates données par le témoin, il y a un doute car les Allemands sont entrés dans le village le 20 août., de plus le bombardement du fort a commencé le 21 dans la matinée. Il semble exclu l'intervention du génie alors que l'ennemi a investi la place.

 

L'attaque du fort

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 Témoignage du curé de la paroisse, l'abbé Gillard.

 

Le 21, en fin de matinée, les premiers obus tombent sur le fort. Après une rapide mise au point, les artilleurs allemands ont tôt fait de toucher les structures de la forteresse. Du 210mm comme calibre. Le pilonnage dure jusqu'au soir, ce qui n'empêche pas le fort de répondre coup pour coup, éclipsant directement les coupoles afin d'éviter les coups directs dans l'embrasure.  Malheureusement, les communications avec l'extérieur sont coupées et les artilleurs ne pouvant plus compter sur les corrections des observateurs externes,tirent à l'aveugle. Les batteries ennemies sont contrebattues par des tirs de dispersion ; Tirs qui donnent néanmoins des résultats surtout contre les positions ennemies de Mont Sainte-Marie. 

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  Des soldats tirent les lignes vers le fort d'Andoy

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Les observateurs  cherchent à repérer les postions allemandes afin de renseigner les artilleurs.

Des batteries allemandes doivent se replier  ayant eu quelques tués et blessés. 

 

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Malheureusement.... 

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 Un coup au but qui causa de lourdes pertes

les défenseurs du fort d'Andoy, Omer Mottint

Parmi  les victimes, le maréchal des logis fourrier Omer Mottint, de Bois-de-Villers  

omer mottint.jpg

 

guery acte decès01.jpg

Omer Mottint était sous-officier de carrière dans le régiment de forteresse de Namur. Il servait comme maréchal de logis fourrier. Ce qui pourrait expliquer la cause de son décès. Le fourrier s'occupe du ravitaillement en vivres de la garnison. Sa place devait donc être dans les réserves de la contrescarpe. Des lieux qui furent balayés lors du premier bombardement. Est-il mort sous les décombres?

omer mottint dcd.jpg

 Acte de décès transcrit dans le registre d'état civil de Bois-de-Villers.

 

L'intervention de  S. Laurent Dardenne, lui aussi de Bois-de-Villers.

décoration, acte de bravoure, Andoy,

 "en se rendant dans le fossé, pendant le bombardement, pour ensevelir les morts et dans les magasins de contrescarpe détruits par les obus pour diriger le sauvetage des vivres"  Lors de son intervention, a-t-il enterré  Omer Mottint, son frère d'arme et concitoyen de Bois-de-Villers

 

fort d'Andoy, défenseursNé à Stenay (en France), S. Laurent Dardenne suivra l'école militaire pour sous-officiers. Après plusieurs engagements  comme volontaire de carrière, il deviendra adjudant en 1914 dans le régiment de forteresse de Namur, attaché à la garnison du fort d' Andoy. 

 

Les états de service de S. Laurent Dardenne, engagé à 16 ans.

 

Sur le massif central, les explosions ont entamé le béton. Néanmoins les dégâts sont minimes et la coupole bloquée est rapidement dégagée par les servants. L'accalmie est de courte durée, le bombardement reprend en soirée et continue pendant la nuit, avec heureusement, moins d'intensité.

Le 22. Tôt le matin, les 305 allemands succèdent aux 210mm. Les tirs sont plus destructeurs. « On a l'impression que tout le fort tremble et s'enfonce » déclare le commandant. Par salve de quatre coups, les lourds projectiles entament les structures du massif. Les forts n'étaient pas conçus pour encaisser de si gros calibres.

Sur ordre du commandant, les fantassins abandonnent leurs abris et se réfugient dans les couloirs du massif central. Le pilonnage dure jusqu'au soir, intense et précis.

impact d'obus, obus, 310 mm, 405 mm

 "L'impression ressentie par le personnel d'intérieur du fort est, à ce qu'il paraît, indéfinissable. Les obus faisaient des trous plus larges qu'une place. en éclatant, ils produisent une fumée intense. les vies étaient en danger, tous s'attendaient à la mort".

 

le fort d'Andoy, le bombardement, grosse bertha,

grosse bertha, Andoy, la position fortifiée de Namur,

Le témoignage du lieutenant des Chasseurs à pied de forteresse qui défendait , avec la 3ème/I/,  une des  tranchées à proximité du fort.

 

L'artillerie ennemie cesse ses tirs en soirée. Les fantassins allemands montent à l'assaut du fort. La résistance des fantassins, bien soutenus par les tirs des canons de 5,7 est telle que l'assaillant se retire avec beaucoup de pertes.

 

la prise d'andoy.jpg

L'attaque du fort: Il y eut une cinquantaine de morts parmi les assaillants. "Vers 10 heures, sortant du bois comme des mouches au moment de la prise du fort".

 

Extrait du livre La défense de Namur (col. Bujac)

"Les fusiliers des banquettes et des coffres de flanquement secondés par la coupole de 5.7 repousseront une tentative d'assaut du 2ème bataillon du RT32".

 

L'intervention d'Ernest Huet, chef de pièce

coffre de tête, artillerie contrescarpe

 

 " chef de service au coffre de tête, s'est distingué par le calme et le sang-froid avec lesquels il a fait exécuter les tirs de 5.7 au moment critique de l'assaut du fort d'Andoy".

 

 

 

 

fort d' Andoy, coffre de tête,

 

Les états de service d'Ernest Huet.

De 1910 à 1912, il quittera l'armée pour devenir agent de police à Bruxelles. Après deux ans dans le "civil", il se réengage à l'armée et est maréchal des logis lorsque qu'éclate la guerre. Il terminera sa carrière militaire comme adjudant de première classe.

 

000 deco huet.jpgIl sera décoré pour sa conduite au feu lors de l'assaut mené par les Allemands.

Son attitude pendant sa captivité fera l'objet d'une page particulière car, ne craignant nullement les représailles, il sèmera le trouble à plusieurs reprises dans le camp.de prisonniers Il sera de nouveau décoré pour son comportement.

 

La reprise du bombardement

 

Immédiatement après le retrait des troupes d'assaut, les canons allemands reprennent leur travail de destruction. Plus de 3,500 coups au but depuis le début. Les dommages se multiplient, les murs se fissurent, les fumées et les gaz emplissent les couloirs et les coupoles, une à une, se taisent. Le fort est dans l'impossibilité de répondre..L'effondrement menace les hommes. 

 Résigné, le commandant fait hisser le drapeau blanc, le fort rend les armes. Rapidement sur place, les Allemands désarment la garnison. Les défenseurs d'Andoy partent en captivité par la route de Mozet.

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 Un extrait de la déposition du curé d'Andoy.

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Au total, le fort aura encaissé 3000 projectiles de différents calibres. La répartition des tirs selon les calibres (couleurs) et les dates. 

Violet: tirs de neutralisation obusiers de 150mm

rouge: tirs de destruction mortiers de 210mm

jaune: tirs de destruction de 305mm

vert (pour Maizeret):  tirs de destruction de 420 mm

 

fort d'Andoy, défenseurs

 

000 fort detrturuit.jpg

L'état de destruction du fort Photo tirée de La défense de la position fortifiée de Namur, page 452, la coupole de 21cm (coupole de gauche)

 

Ami de l'ordre, journal, 1914

aa andoy 04.jpg

croix rouge internationale, rapatriement 1918, soldats belges en suisse

L.S. Dardenne dans le convoi du 3 décembre 1918, extrait de la liste des rapatriés. (Croix- Rouge Internationale)

Longtemps, les familles restèrent sans nouvelles des leurs. Après avoir lancé des avis de recherches dans les journaux locaux, certaines reçurent des informations. Pour plusieurs, des lettres de leur parent les attendaient aux bureaux du journal L 'Ami de l'Ordre"

  S. Dardenne sera rapatrié via La Suisse le 3 décembre 1918.  Sa fiche dressée par le comité de la  Croix-Rouge Internationale basé à Genève.

monument aux morts

 Le monument proche du fort et le plan de situation du fort avec les différentes unités de défense du 1er régiment de chasseurs à pied de forteresse.

000 plan du.jpg

 Certains défenseurs se seraient échappés

D'après un rapport du curé d'Andoy, le capitaine commandant la garnison aurait autorisé le départ de plusieurs soldats.

Le prêtre écrit: " A un moment donné la situation devenait très critique, les soldats disaient au capitaine : :Allez-vous nous laisser écraser.?"..

Le lundi matin, le capitaine, un excellent catholique et excellent cœur répondit

"Faites  ce que vous voulez, moi je reste"..

Et plusieurs soldats s'échappèrent en rampant sous une "pluie" de projectiles précise ce témoin.

 

garnison d'Andoy, fort de la ceinture défensive de Namur, les intervalles d'Andoy

 Un extrait du rapport du prêtre

Certes ce document à une valeur toute relative car le prêtre n'est pas présent dans le fort.

Néanmoins, les informations recueillies dans Bujac, - Namur, la retraite, les heures d'épreuves- semblent confirmer ce départ. mais le nombre de défenseurs ayant quitté la position ne serait que d'une vingtaine.

""Par humanité pour les hommes (nombre de 360) qu'il ne peut faire sortir, le capitaine Nollet s'abstiendra de bouter le feu aux poudres".

 La note 2 page 1687 qui relate le passage du fleuve par cette vingtaine d'hommes.

passage de la Meuse, franchissement de la Meuse, le pont d'Amée, le pont du génie

Un radeau construit avec les débris du pont d'Amée qu'une section du génie aux ordres de l'adjudant Vital Léonard a détruit après le passage des troupes du secteur IV.


Une pensée pour mon grand-oncle qui servait au fort d'Andoy. Il fut fait prisonnier et emmené au camp de Soltau. Il revint de captivité avec un asthme qui l'handicapa sa vie durant
.

généalogie Philippart, généalogie Debry, généalogie Philippart Debry  Auguste Dedry en 1949 avec son petit-neveu....

soltau, camp de prisonnier, auguste Debry, 1914-1918, 14-18.

andoy3.jpg

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 Des défenseurs du fort d'Andoy dans un autre camp (Haassel)

Sources

Merci à M. J. Chainiaux pour la carte postale reproduite dans cette page. Les soldats tirant les lignes de communication.

Bujac Namur, la retraite, les heures d'épreuves- page 1687,Publication dans Gallica.bnf.fr:  Archives de la grande guerre 1923-01 et 1923-05 

Evêché de Namur

Archives ecclésiastiques, paroisses de Andoy et de Wierde,

Archives du chanoine Jean Schmitz boîte 108

Archives militaires, dossiers militaires des soldats cités,  notariat, Evere et Cdoc Bruxelles,  archives de la IVème division, fonds Moscou.

Archives communales, registre des décès de Bois-de-Villers, année 1914.

Journal L'Ami de l'Ordre, octobre novembre 1914

Les travaux déjà cités lors des pages précédentes

Colonel Merzbach et commandant Herbiet

Photo de la relève de la sentinelle, collection de M. Remacle Merci de l'autorisation.

Archives du Comité de la Croix-Rouge Internationale, Genève, Suisse. 

 

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