16/04/2015

Bioul, une marche forcée de 32 heures exécutée sous la menace de l'ennemi...

A travers  certains témoignages de soldats ayant vécu la retraite, une retraite qui traverse trois de nos villages ( Bois-de-Villers, Lesve et Arbre),  nous avons tenté de comprendre le calvaire des troupes de la IVème division qui tentaient d’échapper à l’étreinte de l’ennemi. Plusieurs de nos concitoyens ont vécu l'événement, entraînés dans le chaos d’une retraite houleuse. Une dizaine d’entre eux furent faits prisonniers à Bioul. D’autres ont eu la chance de s’échapper vers la France.

retraite, marche forcée, la IVème division, Namur

Extrait du discours prononcé par le capitaine Lamy lors de l'inhumation du capitaine Mathieux.

La retraite de Namur

Le 23 août, après quatre jours de résistance, « les troupes du IVème secteur décimées et exténuées » par quatre jours de violents bombardements ennemis reculent. Un repli stratégique qui, vu la tournure des événements, se transforme finalement  en une retraite générale. Il est 16h20 lorsque l’ordre est transmis aux commandants de groupes : se replier sur le secteur de l’Entre-Sambre-et-Meuse « tout en emportant le plus de vivres et de munitions possible ».

 

artillerie de forteresse, la position fortifiée de Namur Immédiatement, sous la protection de l’artillerie et d’une arrière-garde, toutes les troupes concernées – plus ou moins 25000 hommes-  se dirigent vers le point de ralliement donné :  Bois-de-Villers.

Dans la confusion ! « Pas d’affolement mais, il faut bien avoir la loyauté d’en convenir, un grand désordre et pagaille » rapporte le colonel Bujac. Et d’ajouter « Une retraite confuse et houleuse ». Le curé de Buzet, voyant des troupes traverser son village, témoigne  : « des lanciers suivis par de l’infanterie en assez bon ordre mais bientôt ce fut une véritable débandade » . Dans  le chaos du repli , beaucoup de soldats ont perdu leur unité. C’est le désarroi total, des groupements non organisés de  lignards, de chasseurs et d’artilleurs… se constituent.  Le plus haut gradé en  prend le commandement.

 

Un caisson d'artillerie abandonné en cours de route

 

 L’absence de chefs  et des soldats égarés dans les colonnes

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Tous les témoignages de soldats confirment le bouleversement. « Des soldats perdus, sans chef »  constate Omer Barthélemy, un lignard du 13ème de ligne. Ce que confirme le soldat Falque, du 13ème également «  A noter que nous n’avions aucun gradé pour nous guider ».

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Sans pour cela préjuger de la qualité des  troupes belges qui retraitent. Un rapport témoigne en leur faveur:  « des milliers de soldats, fatigués certes, démoralisés peut-être mais qui ne demandent qu’a marcher pourvu qu’on les commande sérieusement.

Ils le prouvèrent bien le lendemain matin à Warnant, Ermeton-sur-Biert et ailleurs… »

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Un extrait de courrier attribué, à notre avis, à Dom Nestor Nieuland, co-auteur avec le chanoine J. Schmitz ...

voir sources.

 

La retraite par  Bois-de-Villers, Lesve, Arbre, Bioul,

 

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 Sur base d'une carte extraite du livre du Colonel Bujac (voir sources)

En bleu, les axes de repli de la IVème division venant des III, I et IVème secteurs.

En rouge, l’avance des armées allemandes poussent dans l’Entre-Sambre-et-Meuse.

La IIème armée allemande  ayant franchi la Sambre,  bouscule les Français et arrive sur Saint-Gérard.  La IIIème armée allemande   qui vient de passer la Meuse à Anhée-Annevoie-Rouillon se bat à Warnant contre le flanc garde belge. Bioul est investi dans la foulée. Entre Saint-Gérard et Bioul, moins de cinq kilomètres (à vol d’oiseaux), un étroit goulet par lequel 15000 soldats de la  IVème division belge forceront le passage vers la France. On  peut s’imaginer ce qu’il en aurait été si les deux armées allemandes  avaient pu se rejoindre !

 

Dans nos villages.

Bois-de-Villers comme point de ralliement.« Dès le matin, le tramway a déjà transporté des troupes vers Saint-Gérard, notamment du 4ème bataillon du génie » note A. Colart l’instituteur du village. Au carrefour de l’horloger,  c’est  un écoulement ininterrompu de troupes fatiguées  qui affluent vers le  village. Le général Michel et deux autres généraux, un temps installés à la Basse-Charlerie  et au Chêne à l’Image, ordonnent à leurs officiers d'état-major de canaliser les colonnes et d’en hâter la progression. Au fur et à mesure de leur passage, les unités sont orientées vers le carrefour des Six -Bras.

«  On fait halte à Bois-de-Villers, on mange ce que l’on a,  les Allemands nous talonnent et attaquent l’arrière-garde de la colonne. Marche pénible. Pendant les rares haltes, on se couche sur les côtés de la route...Les rues sont encombrés de caissons, de canons, quelques autos, des chevaux, les hommes dorment dans les rues ».  » écrit encore Omer  Barthélemy.

Les premières colonnes du corps de transport stationnent sur la place du village, le temps d’un bref repos car elles repartent bien vite vers Bioul  par le village de Arbre. Tout le charroi est dirigé par cet itinéraire  afin de libérer  l’axe Lesve-Saint-Gérard réservé à l’infanterie. « Des hommes désemparés, fatigués, affamés, s’endormant à chaque arrêt » lit-on dans  la littérature publiée sur le sujet. Mais il faut continuer à marcher, marcher sans cesse avec cette menace constante d’une attaque ennemie.

tram, vicinal, Lesve-Namur,

tram, vicinal cartes postales anciennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ligne vicinale à Bois-de-Villers et l'aspect actuel. On voit encore les rails sur le trottoir en façade de la maison.

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Le carrefour des Quatre Bras  dit ,carrefour de l'horloger, venant de Wépion et se dirigeant vers Bois-de-Villers puis Lesve. à droite, le chemin de Malonne, à gauche, vers  Profondeville.

 

Les évènements s’emballent.  Le bruit des canons se rapproche.

 

Déjà, on se bat du côté de Saint-Gérard, Lesve est menacé « il ne pouvait plus, dès lors, être question d’emprunter la route Lesve-Saint-Gérard ». L’itinéraire de repli doit être impérativement modifié. Des liaisons sont dépêchées aux Six-Bras afin de détourner les troupes  vers le village d’Arbre. Convois et troupes seront donc obligées de se partager le même itinéraire. Un « tassement » indescriptible s’ensuit sur cette petite route (Arbre-Bioul) enserrée entre le rocher et le ruisseau alors que le charroi n’est pas complètement passé.

 

 carrefour des Six-Bras, lesve, Sart-Saint-Laurent

Le témoignage  du capitaine Jules Wilmet, du 4ème corps de transport,  prisonnier le 24 août  à Bioul.

 

« Arrivés à Bois-de Villers  la nuit était venue au loin à l’horizon tout entier flambait Vers Dinant et Givet  vers Fosses et Charleroi, villages et fermes flambaient. A la bifurcation des routes de Saint-Gérard et Arbre (le carrefour des Six-Bras)  je m’arrêtais un moment pour consulter ma carte. Les troupes d’infanterie et  les voitures qui me précédaient  descendaient  vers Arbre mais j’avais reçu l’ordre de me diriger vers Ermeton-sur-Biert par la route Lesve =Saint-Gérard.

1 Vers Sart-Saint-Laurent, 2 vers Floreffe Buzet, 3 vers Lesve, 4 vers le centre de Bois-de-Villers (carrefour de l'Horloger), 5 vers Arbre et la vallée mosane. Le 6ème embranchement vers le centre du village) n'est pas visible sur la photo.

"A peine engagé sur la route… »

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 Extrait du témoignage de cet officier dont nous reparlerons encore.

« Je fis demi tour et pris la route vers Arbre afin de gagner Ermeton-sur-Biert par un détour. Il faisait une nuit profonde, la route descendait  dans une vallée encaissée, elle est bordée d’arbres au feuillage touffu. Chemin faisant, je tâchais d’obtenir des renseignements des habitants mais ceux-ci étaient comme hébétés. Les maisons étaient bondées de réfugiés. A Arbre cependant des habitants me déclarèrent que des uhlans se trouvaient à 200 m sur la route de Burnot, à notre gauche. Vers notre droite je voyais dans les campagnes  des lumières, simples lueurs qui disparaissaient pour réapparaître ensuite.. Une patrouille que j’envoyais dans cette direction ne découvrit rien dans ce terrain difficile et dans cette obscurité profonde mais je crois que notre marche était observée par des Allemand.

 

 "À Arbre, nous quittâmes la grande route pour prendre le chemin vers Bioul ».

carte postale ancienne de  Arbre

 

carte postale ancienne sur Arbre

 

 

 

 

 

 

 

 

 La route menant à Bioul en logeant le Burnot

Des troupes tant françaises que belges, grossissent les rangs des colonnes détournées depuis les Six-Bras, augmentant  encore l’engorgement de cette petite route qui serpente entre les rochers et le ruisseau du Burnot. Le colonel Grumbach note dans son journal de marche: « Au cours de la nuit du 23 au 24 et pour éviter de me mêler aux Belges, je me dirigeais sur Bois-de-VILLERS par  le chemin passant à l’Ouest du Fort de St HERIBERT. A Bois-de-Villers, retrouvant les Belges, je dirigeai ma troupe dans la direction de BIOUL par un chemin de terre allant de Bois-de-Villers à Arbre et Romiée.

Grumbach, colonel, 45ème régiment d'infanterie, retraite, armée française

 

Un extrait de ce JMO du 45ème régiment d'infanterie français.

Il y décrit l'encombrement de la seule route reliant Arbre et Bioul.

Il bivouaqua à 1500 m de Bioul et de préciser "au Rouchat".

 

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Une dépendance de la ferme au carrefour du Rouchat, à l'entrée de Bioul.

On devine la route allant vars Arbre à droite de la ferme, le long du rocher.

 

 

 

Une route entre le rocher et le ruisseau du Burnot

 

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la ferme de Romniée et l'endroit décrit dans le récit. la chute d'un élément d'une batterie.L'entrée du village de Bioul et la ferme de Romniée sur le territoire de Arbre

 

Ce serait à cet endroit que serait tombé le caisson d'artillerie.

 

 

 

 

Un second extrait du témoignage du capitaine J. Wilmet

réfugiés, Burnot

Une des rares maisons situées le long de cette route (carte postale  d'avant 1914, envoyée à un prisonnier).

"Le long du chemin de Bioul à Arbre, on commençait à voir des havresacs abandonnées par les soldats, chemin faisant, je tachai d'obtenir des renseignements des habitants mais ceux-ci étaient comme hébétés. les maisons étaient bondées de réfugiés. Des habitants me déclarèrent à voix basse que des uhlans se trouvaient à 200 m sur la route de Burnot. Une patrouille que j'envoyai dans cette direction ne découvrit rien dans ce terrain difficile et dans cette obscurité profonde". J. Wilmet 13ème de ligne.

arbre (3).jpg"Arrivés à peu près à la hauteur de la ferme de Romniée, la colonne s’arrête. Je  parcourus seul environ 500 m pour tâcher de découvrir les raisons de cet arrêt dans ce chemin. C’était l’arrêt et l’immobilité. Un caisson d’artillerie qui voulut doubler la colonne dans ce chemin  étroit roula dans une prairie en contre-bas de la route. Les conducteurs grièvement blessés furent portés dans la ferme de Romniée où on les soigna du mieux qu’on le put. Il n’y avait plus rien à tenter a ce moment. Les  soldats dont la plupart n’avait plus dormi depuis 3 jours, terrassés par la fatigue et par une marche de nuit particulièrement fatigante dormaient tous d’un sommeil de plomb. Il n’y avait aucune possibilité de les réveiller. Je pris moi-même une heure de repos et vers deux heures du matin, je voulus reprendre la marche. La colonne de voitures de toutes espèces s’étendaient jusque vers Bioul ». 

la retraite de Namur, les soldats de la IVème divisionL’exemple de la La 3ème cie/IIè bataillon/33ème de ligne, illustre à merveille  la lenteur de la marche. Partie du Chène à l’Image ( Près du carrefour de l’horloger)  le 23  à 18heures 30, elle  arrive à Arbre, le 24 vers 04 heures 30. soit 7 kilomètres en 10 heures. Le soldat Falque du la 1/3/33ème de ligne atteste lui-aussi avoir mis  plus de 14 heures pour, venant du pont jeté sur la Meuse à Wépion , rejoindre Bioul.

Et le capitaine de témoigner...

 "Pendant la matinée du 24, le tir de mitrailleuses devint très vif dans la direction de Denée d’un côté, de Warnant de l’autre. Au nord de la route, le long de la lisière des bois de Neffe, des cavaliers allemands nous débordaient sur notre droite tandis qu’à gauche des officiers du 28ème de ligne signalaient de l’infanterie allemande. … l’artillerie ennemie  qui se trouvait en batterie à Mossiat  ouvrit le feu..  Il n’y avait plus rien a tenter . Nous avions été arrêtés en tête, nous étions débordés sur nos flancs et de l’artillerie allemande soutenue par de l’infanterie fermait le cercle. Le drapeau blanc fut hissé . Il est 13 heures, lorsque les première troupes allemandes investissent le village Une partie des  colonnes de la 4ème division était prise au piège".

 

Le village de Bioul

 La place du village, devant le châteauBioul  (3).jpg

 

flèche de gauche, direction Arbre

flèche centrale, direction Denée

Flèche de droite, direction Warnant, Annevoie.

 

 

 

 

 

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Le village de Bioul.

Flèche montante, direction de Denée

Flèche descendante, direction de la place du village.

 

à gauche, à hauteur du chariot, la route vers Salet et Maredsous.

On s'imagine les encombrements causés par la présence de tant de troupes dans ce si petit village.

 

 

 Le témoignage du lieutenant médecin J Helsmoortel (28ème régiment de ligne).

Extrait du témoignage du lieutenant médecin du 28 régiment de lignemédecin militaire

Un  inventaire provisoire des troupes arrêtées à Bioul.  Ces soldats étaient isolés de leur compagnie et capturés dans les environs de Bioul      Défense de la position fortifiée de Namur page 670

 

Les régiments de forteresse étaient constitués de soldats plus âgés (classes 1899-1904)

 

13.jpg525 hommes du 8ème régiment de forteresse

200 hommes du 10ème régiment de forteresse

300 hommes du 13ème régiment de forteresse

400 hommes du 1chasseurs  à pied  de forteresse

Les régiments de lignes étaient constitués de troupes plus jeunes.

225 hommes du 8ème  régiment  de ligne - 175 hommes du 28ème régiment de ligne - 50 hommes du 10ème régiment de ligne - 150 hommes du 30ème   régiment de ligne - 50 hommes du 13ème  régiment de ligne - 150 hommes du 33ème  régiment de ligne.

D’autres unités ayant perdu des hommes

100 hommes du bataillon du génie PFN - 15 hommes  du bataillon du génie de la 4ème division - 750 + 50 hommes du corps de transport - 690 hommes de l’artillerie

 3740 hommes capturés de toutes les unités . Pris dans ce petit bourg rapidement encerclé par les forces ennemies. Malgré cela, la IVème division sauvera la moitié de ses effectifs.

 

Une autre vision, les notes du  colonel Verbist,  commandant le 10ème régiment de ligne.

« L’obscurité était complète et la nuit très noire, lorsque nous atteignions Bois-de-Villers. Dans cette nuit profonde striée à intervalles par des faisceaux de lumière émergeant des phares ou de foyers incendiaires impossible à situer,  la route de marche s’encombrait d’avantage à mesure que nous avancions vers le sud. La colonne ne formait plus dans son ensemble qu’une cohue désordonnée de véhicules multiples et de toutes  espèces, de chevaux et d’hommes se suivant avec une extrême lassitude et une désespérante lenteur. On marchait 2 minutes, on s’arrêtait  5 ou 10 minutes. Les hommes brisés par les fatigues du combat, par les prestations de ces 5 dernières journées et par les émotions morales du moment s’abattent et dorment sur place, au point atteint. Le moindre incident, quelques coups de feu d’embuscade par exemple aurait fait naître une épouvantable panique. C’est dans ces conditions  que nous atteignîmes le fond de la vallée d’Arbre à l’aube du 24 août et que nous passâmes à Bioul vers 9 heures du matin ».

 

Au cours de cette marche, le colonel Verbist

fait état d’ un événement dont nous reparlerons dans une prochaine page.

 

«  au cours d’un des arrêts imprévus entre Bois-de-Villers et Arbre explique-t-il, (en réalité c’est à Malonne que cette rencontre s’est déroulée). Un de mes officiers, le lieutenant Massonnet est entré dans une maisonnette qui borde la route. Il est fort surpris d’y voir deux officiers allemands, assis à une petite table. Deux gendarmes belges et le caporal Buxin du 13ème de ligne qu’il connaissait se trouvent également là. Dans un coin, un fanion blanc. Ce sont des parlementaires, l’un, un officier âgé, est rouge et agressif, le second, jeune, semble timide et même tremblant. L’un d’eux demande à voir le général Michel et en cas d’impossibilité, de parler à un autre officier général. Le lieutenant Massonnet qui vient me rapporter ces demandes et les réponses évasives qu’il doit faire ajouta qu’il avait eu grande satisfaction personnelle de voir un des parlementaires trépigner de fureur en lui disant qu’il ne devait pas avoir l’espoir de faire la garnison de Namur prisonnière et qu’en tout cas le 10eme ne se rendra jamais ».  Ce renseignement m’engagea à aller de l’avant plus vite encore. A Bioul, le spectacle était lamentable ».

Isolés, sans chef, sans ordre, ils marchent et se battent.

 

Ce qu’ils ont pu penser en marchant de Bois-de-Villers à Bioul…..

Alors qu’ils traversent leur village, Bois-de-Villers, Arbre, Lesve ou bien qu’ils passent à quelque distance de ceux-ci: Profondeville, Rivière ou  Lustin, nos villageois doivent ressentir un pincement au cœur. Ont-ils pensé à rejoindre leur famille, d’abandonner le combat. On ne peut le dire mais à l’instar de Alphonse Jaumain, ils n’ont pas cédé à la tentation. Ils ont marché vers la France et continuer le combat jusqu’en 1918 pour les plus « chanceux ».

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 Des notes tirées du carnet de guerre d'Alphonse Jaumain, le brancardier tué le 3 février 1915.

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 Notes du lieutenant médecin du 28ème régiment de ligne

retraite

 

 chasseurs à pied de forteresseMalgré leur isolement, sans chef, sans ordre, ces soldats continuent d'avancer et de se battre.

 

Notes du lieutenant Mathieux du 1er chasseurs à pied de forteresse et du J. Falque, du 13ème de ligne

 

Nos concitoyens prisonniers à Bioul.

 

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Dossier militaire du soldat et sa photo

Binamé Abraham de Bois-de-Villers, 

caporal au 10ème  régiment de ligne, classe 1906.  Il est marié et père de deux enfants. Il rejoint son régiment le 1er août 1914 et participe avec sa compagnie au terrible combat de Wartet. Puis c’est la retraite.  « Après une marche forcée, étant blessé au pied, j’ai été admis dans une ambulance. N’étant pas guéri, je suis descendu  le 24 vers  9 heures du matin,  j’ai suivi les autres qui étaient avec des officiers. Malheureusement, vers 10 heures, à notre arrivée à Bioul, on a aperçu les Allemands. Moi, ainsi que beaucoup d’autres, on n’avait plus de cartouches, on n’entendit quelques coups de feu mais  le drapeau blanc fut hissé sur le château de Bioul ».

 

Dosimont  Michel, de Besinne.

Né à Bioul en 1891, marié et vivant à Besinne. Lors de la retraite, il est passé dans son village (Arbre Besinne)  et a été fait prisonnier dans le village où il est né,  Bioul !. Il faisait partie du 1er régiment de lanciers. Ayant été blessé avant la mobilisation,  il est soigné dans un premier temps par le médecin du régiment Evrard. Il est néanmoins hospitalisé à Louvain. Lors de la mobilisation, il demande à rejoindre son régiment mais lors de son retour dans la caserne namuroise, il ne trouve plus traces de son unité « partie pour une destination inconnue ».  Le commandant Lefevre l’adjoint au régiment du corps de transport qui se trouvait dans la caserne des lanciers. Il conduit un chariot de vivres.

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Prisonnier vers quatre heures sur la grand route dans la colonne  de transport de vivres en retraite . Prisonnier par suite de l’encombrement des routes.

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Il est fait prisonnier en même temps que Colet Arthur, un ancien lancier comme lui et qui avait également intégré le corps de transport de la IVème division

 Pour prouver leur présence  sur les lieux des combats, les anciens soldats devaient joindre des attestations d'anciens frères d'armes.

 

Collet Arthur de Lesves

22 (3).jpgNé à Lesves le 30 décembre 1881.  Ouvrier de glacerie dans le civil et  était marié à Jadot Ida . Faisant partie de la levée 1901, il intègre le 1er régiment de Lanciers,  Il reçut son congé illimité en 1905

Mobilisé le 1er août 1914, il rejoint le corps de transport sous les ordres  du commandant Lefevre. Prisonnier à Bioul avec Dosimont Michel  et envoyé dans le camp d’Altengrabow, il sera libéré en janvier 1919.

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Lustin, Afrique du Sud

Anciaux Fernand de Lustin

Né à Lustin  le 10 novembre 1893, il fait partie de la levée 1913 et est incorporé au 13ème de ligne en septembre de la même année. , il est fait prisonnier  à Bioul le 27 août dit-il. Ce serait le 24.. il est  envoyé en captivité à Soltau et sera libéré le 11 janvier 1919.

Prisonnier le 27... a-t-il donc été capturé à Bioul comme il semble le dire?

prisonnier de guerre, août 14, retraite, Bioul, IVème division

 

Bioul, retraite de Bioul, août 1914  En effet, capturé avec l'arrière-garde à Bioul, il parvient à s'échapper avec plusieurs compagnons d'infortune. Il traverse les lignes allemandes  jusque Fosse-la-Ville. "Désireux de rejoindre l'armée belge", il tente de gagner Anvers et repasse par Namur. C'est à ce moment qu'il se fait reprendre par une patrouille allemande.  

 

Dans sa fuite, il était accompagné du lieutenant Foulon du 13ème de ligne et des soldats Ernest Adaglide, Léon Dispaux , (eux aussi du 13ème) et Emile Neuville du régiment de forteresse.

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Sa fiche de prisonnier renseigne également le 27 août!

comité international de la Croix-Rouge

 

 

Capturé une première fois le 24 août à 10 heures du 

"Toute notre compagnie ainsi que d'autres d'ailleurs étaient cernées depuis le 23 août"

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De retour en Belgique, il s’expatriera en Afrique du Sud où il ouvrira une société de "conservation de nourriture". Il reviendra en congé quelques semaines en 1942 en Belgique afin de régler quelques affaires.

Son papier d'affaires avec la mention de son entreprise

 

Briot Adelin, de Lustin

Adelin, (Hadelin, Celestin) né à Lustin le 19 janvier 1879, il fait donc partie de la classe 1899, la plus ancienne mobilisée. Il a 35 ans lorsqu’il « rentre au dépôt d’artillerie de forteresse ». Marié à Galet Hortense, ménagère, il est père de trois enfants. "Nous étions quelques centaines de  soldats de toutes armes et suivions la colonne qui battait en retraite pour tâcher de ne pas tomber aux mains de l’ennemi ».

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 août 1914, retraite, Namur

 

Culot Adelin, de Lesve,

né à Lesve le 1 mai 1882, classe 1902, rejoint en août 1914 le 13ème de forteresse. « Capturé par l’ennemi à Bioul vers 10 heures du matin, étant cerné par l’ennemi et ne pouvant plus tenter à s’enfuir, c’est ce qui nous a obligés à nous rendre ».

 25.jpgIl faisait partie de l'arrière-garde devant tenir l'ennemi à distance.

Il ne fait état de son évasion et de capture en 1915. Voir Pochet Octave

 

Amelin Omer de Profondeville,

Né à profondeville le 28 juillet 1885 , marié à Willems Elina. il fait donc partie de la levée 1905. Il est fait prisonnier avec d’autres batteries montées de la position de Namur et dirigé sur Soltau

soltau

Camp de Soltau

La partie de la liste des prisonniers de guerre envoyé à Soltau concernant Amelin Omer.

Thone Armand,  de Arbre

né  en 1882, milicien de la classe 1902 au bataillon d’administration à Malines. Reçu son congé illimité en 1905. il rejoint sa compagnie le 1er août 1914 et rejoint la 4ème division.

le camp de Soltau

 

Soltau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils  tentent l’évasion

Nos concitoyens connaissent la région, certains mettent  à profit cette connaissance pour s’échapper alors qu’ils venaient d’être capturés.

 

Pochet Octave de Lesve

né 21 juin 1892, classe 1912.Dans le civil, célibataire et clerc de notaire, soldat au 13ème de ligne, est fait prisonnier à Bioul, le 23 août mais il s’évade immédiatement et se cache chez l’habitant. Il reste « hébergé » chez des particuliers jusqu’au 19 octobre 1915.  date à laquelle il est fait prisonnier à Eppeghem. Lors d’une tentative de franchissement de la frontière belgo-hollandaise. . Il ne reviendra que le 10 décembre 1918. (Voir la page sur les volontaires).

le camp de Soltau

 

Sa relation de sa capture et de son évasion.

 

 

Le cas de Culot Adelin de Lesve

 

Curieusement dans la liste des repris en octobre 1915 , figure le soldat Culot Adelin, de Lesve (repris le 1 octobre 1915 à Eppeghem) . Or dans son dossier personnel, ce soldat déclare avoir été capturé à Bioul et ne mentionne aucunement sa tentative d’évasion.

 

le camp de Soltau

Une partie des listes des "évadés" repris

 

Auguste Borbouse de Bois-de-Villers

né le 18/3/1879, il est donc de la classe 1899. Marié, père de deux enfants, il réside à Lesve. Il est resté caché dans les bois pendant deux ou trois jours puis est rentré au village où il y a vécu durant toute la guerre. Il a tenté en vain de se procurer des papiers pour rejoindre le front. Le curé Petit l’en a dissuadé vu sa situation de famille. Après la guerre, il s’est présenté à l’autorité pour réintégrer son unité. (voir la page sur les volontaires) .

le camp de Soltau

Son témoignage sur sa capture.

Emmanuel Cassart de Rivière

Soltau

  jeune volontaire faisait partie du corps de transport de la IVème division. Il est capturé à Bioul suite aux embouteillages mais il parvient à s’évader. Il rejoint le front le 1 janvier 1915.

 

 

Un civil parmi les prisonniers.

 

Adolphe Frederick, de Lustin, libéré par l’autorité allemande

Civil réquisitionné par l’armée belge, il conduisait un véhicule transportant des munitions d’infanterie. Lors des événements de Bioul, il fut lui aussi capturé par les Allemands. Un civil ne pouvant être assimilé au sort des soldats, le capitaine J. Wilmet qui commandait la colonne de transport est intervenu auprès de l’officier chargé de l’escorte des prisonniers afin de faire libérer ces civils.

 La requête de l'officier belge auprès du commandant de la colonne de prisonniers.

Soltau

 

Et dans les journaux... des lecteurs parfois mal informés

l'ami de l'ordre, août 1914

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Toute la IVème division a été faite prisonnière. Ce combat met fin à la lutte de l’armée belge dans le Sud ! C’est de cette façon que Le journal L’Ami de l’Ordre informe ses lecteurs. Un journal qui passera bien vite à la solde de l’ennemi.  Serait-ce les prémices de cette transformation. Par contre Le journal de la Province donne une relation qui colle avec la réalité.

Sources

Merci au Colonel Hre Bernard Goffinet, conservateur du musée des Chasseurs ardennais pour m'avoir permis de consulter les notes du Général Verbist alors colonel du 10ème de ligne en 1914. Merci également  au caporal chef Wallon, guide de ce musée.L

Pierre Charlier, Carnet du soldat Omer Barthélemy, Ed. du Céfal

Photos de M. Devigne.

Dossiers militaires des soldats cités.

La défense de la position fortifiée de Namur, Ministère de la guerre, 1930

Archives paroissiales pour les villages cités.

Archives du chanoine J. Schmitz

Voir également Annalectes pour servir l'histoire... op cit précédemment. (tome sur l'Entre-Sambre-et-Meuse).

Comité international de la Croix-Rouge mise en ligne des fiches des prisonniers.

Colonel Bujac op cit précédemment

Journaux L' Ami de l'Ordre et La Province,  septembre 1914.

Carnet de notes du lieutenant Mathieux ainsi que le discours (extrait) du capitaine Lamy lu lors des funérailles.

Carnet de notes du brancardier Alphonse Jaumain

Cartes postales anciennes

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