19/12/2015

Le 24 août 1914, le combat de Warnant, deux villageois prisonniers

Cette journée du 24 août, date à laquelle se déroula le combat de Warnant, concerne deux de nos concitoyens. Présents dans la colonne en marche vers la Molignée, ils participèrent au combat et furent faits prisonniers et envoyés en Allemagne pour plus de 4 longues années.

Marchal Théophile de Lesve à la 1ère cie du IIème bn du 33ème régiment de ligne

T. Marchal faisait partie de la 1ère compagnie du IIème bataillon du 33ème de ligne.
Né en 1890, il est donc de la classe 1910. Lorsque la guerre commence, il est marié à Marthe Gillain. Il rejoint le 33ème de ligne en août 1914. En défense dans le IVème secteur de la position fortifiée de Namur, il se replie avec son bataillon et participe au combat de Warnant, Sa compagnie, en pointe d’avant-garde, prise sous le feu ennemi lors du passage de la Halte de Warnant ((passage à niveau, arrêt du vicinal Warnant Lesve) fut refoulée par les Allemands débouchant de Anhée. Lors du repli, deux officiers, dont le capitaine Horion, furent blessés. À son retour dans le village, elle reprend place dans le dispositif de défense. C’est là que T. Marchal sera fait prisonnier et envoyé au camp de Hamelin. Il ne sera libéré que le 10 janvier 1919.

Warnant, avant-garde, compagnie, 13ème de ligne, combat, retraite, 4ème division, Ghislain

Warnant, avant-garde, infanterie belge, 13ème de ligne, retraite, 4ème division

 

 

 

 

 

 

Le carnet militaire du soldat Marchal Théophyle et l'attestation du capitaine Horion  qui commandait la compagnie lors des combats d'avant-garde à la Halte de Warnant. " T. Marchal  était présent à la compagnie sous mon commandement, le 24 août à Warnant".

capitaine Horion, 13ème de ligne, avant-garde, Warnant, août 1914

Warnant, tram vicinal Warnant-Bioul, avant-garde, 13ème de ligne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le capitaine Horion, et quelques hommes de sa compagnie en 1909, la carte de l'attaque de la compagnie par les troupes allemandes à la Halte de Warnant. la 2ème cie du III ème bataillon du 13ème de ligne de forteresse est passée et continue sa route, la compagnie de T. Marchal est "clouée" sur place et n'a d'autre choix que de se retirer vers le village. (Voir la suite le l'article). le capitaine Horion sera lui aussi capturé à Warnant.

prisonniers de guerre, août 1914, Marchal, Théophyle, Warnant, 13ème de ligne

Quelques hommes de la compagnie capturés à Warnant. rem: 5B, le cinquième bataillon  donc le 2ème du 33ème.

Cpt Horion, prisonnier

Jambes, Horion, capitaine horion, prisonniers de guerre, Warnant

 

 

 

 

 

 

Il changera de camps à plusieurs reprises, Hamelin, Munster puis Celle. Sur le document, il est renseigné né et habitant Bois-de-Villers. En réalité, Lesve!

marchal pris 3.jpg

Lesve, prisonniers de guerre, 13ème de ligne, Soltau

Les anciens combattants de Lesve, en 1921 lors de la remise de leur drapeau. T. Marchal est-il présent ?

 Capelle Gustave de Lustin  à la 1ère cie du IIème bn du 33ème régiment de ligne

Gustave Capelle , taille 1.58m, visage rond, front ordinaire, nez moyen, cheveux châtains, sans signe particulier. Il né à Lustin, le 20 janvier 1884. Il est donc de la classe 1904 et a encore tiré au sort. Ayant tiré un « mauvais » numéro, le 40, il sera incorporé au 13ème de ligne où il deviendra clairon. A son retour à la vie civile, il exerce la profession de menuisier. Il est encore célibataire lorsque la guerre éclate.
Haut-le-Wastia, Warnant, 24 août 1914, retrite de la 4ème division, secteur II, PFN

Comme T. Marchal, il était en défense  de la PFN mais  dans le secteur II (Malonne)  et lorsque la retraite sonna, il se retrouva à Warnant. avec sa compagnie, la 3ème cie du I bn du 33ème , commandée par le capitaine Maistriaux,

Son carnet militaire et des lignards du 13ème en 1909

capelle pris2.jpg

Son unité fut amenée sur le secteur Sud Est du village au côté de troupes françaises. Prisonnier le 24 août 1914, et emmené à Munster, il ne sera libéré que le 23 janvier 1919. Après un passage à l'hôpital militaire de Bruxelles et  une convalescence de deux mois chez sa sœur à Lustin, il sera définitivement démobilisé en 1919.

Dans sa lettre, il raconte les circonstances de sa capture et la suite de sa captivité.

Il précise bien que sa capture eut lieu à Warnant avec sa compagnie, l'état-major et la musique du régiment. Pourtant lors du remplissage des deux fiches de renseignements pour la Croix Rouge internationale, il renseigne, curieusement, avoir été capturé à Charleroi le 1/10 1915! Comment expliquer cette différence?

 Dirt und datum der gefanennahme

                        Charleroi 1.10.1915 (?)

capelle gustave pris.jpg

 

        capelle pris1.jpg

 

 

 

 

Capelle Gustave Inf. Reg. 13/2cie, CHARLEROI (?) Loustin

Le combat aux lisières Sud du village

A. Capelle faisait partie donc de la compagnie commandée par  le commandant Maistriaux. Placée en lisière Sud du village, elle était soutenue par "les débris d'une compagnie française" qui avait suivi le I/33 durant la retraite. Deux bataillons du  45ème régiment d'infanterie et un bataillon du 148ème RI français étaient montés sur Namur   pour participer à la défense du secteur Wartet, Cognelée Marchovelette. Un bataillon du 45ème prenait même part avec le 10ème régiment de ligne belge à l'attaque des batteries allemandes de Wartet. Les pertes françaises furent sévères.

fr et bel.jpgSoldats belges et français, côte à côte lors de la défense de Namur. Cimetière de Marchovelette.   "le Ier bataillon du 33ème de ligne déploya deux de ses compagnie en première ligne face au Sud-Est, ma 2/I/33 , capitaine Lauwers à droite la 3/I/33 commandant Maistriaux à gauche. Les débris d'une compagnie française qui avaient accompagné le I/33 furent placés de façon à couvrir l'aile droite de la 2/I/33"

Capitaine Lauwers, 13ème de ligne, morts au 13ème du ligne

capitaine Maistriaux, 13ème de ligne, les morts du 13ème de ligne, Yser, octobre 1914

A gauche, le capitaine Lauwers (blessé à Warnant)   mortellement blessé le 10 janvier 1918

A droite, le capitaine Maistriaux "frappé à mort lors d’une contre-attaque" sur l'Yser,  le 24 octobre 1914

 

 

 

Un résumé de la situation écrit par le curé du village de Warnant

Warnant, Sources Saint Cécile, Fontaine, ligne vicinale

Quelques développements pour illustrer ce document...
La position fortifiée de Namur se vide de ses ultimes défenseurs. La nuit du 23 au 24 août, menacées par l’armée allemande venant de la Sambre, les dernières troupes se pressent encore sur la route Arbre-Bioul, une route encaissée dans l’étroite vallée du Burnot, une route qui ne permet pas un écoulement fluide de cette masse.
Toutefois, il est urgent de passer en direction de la France tout en profitant de la protection des troupes françaises qui tiennent le front de la Meuse. Comme le village de Bioul est engorgé, une colonne, aux ordres du général Ghislain, s’est arrêtée entre la ferme de Romniée (Arbre) et Rouchat (Bioul). Après évaluation de la situation, des dispositions sont prises afin d’éviter les encombrements en traversant le petit bourg.

La troupe contourne donc le village par l’Est et prend la direction de Warnant pour ensuite, en remontant la Molignée, se diriger vers Sosoye, Denée…. la France.

Une reconnaissance est envoyée afin de sonder l’itinéraire. Arrivé à Warnant, l’officier éclaireur, avec l’aide du curé, réquisitionne un guide « pour aller porter à Bioul un message {qui} sauverait le restant de l’armée belge ». L’homme fut payé 60 francs pour effectuer sa mission : « accompagner les officiers par la gare de Warnant et le chemin de Falaen jusqu’à Bioul (1)». Le contenu du message est explicite : « Sommes arrivés à Warnant, non occupé par les Allemands. La colonne peut suivre en toute sécurité la route Bioul-Warnant, nous vous envoyons un guide sûr pour vous indiquer la route (2)». Il est, d’après les textes, 1 heure du matin. La vallée est encore calme, bien que….

On remarque une contradiction entre les documents (1) et (2). Le guide porte seul les informations dans le premier document, le guide accompagne les officiers jusque Bioul, dans le second !

 

Warnant, Haut-le-Wastia, retraite de la 4ème division, Molignée, Sosoye  Carte depuis Bioul jusque Sosoye et Haut-le-Wastia

La colonne, ayant contourné le village de Bioul, se dirige vers Warnant (flèches vertes). Initialement, la troupe devait alors  remonter la Molignée pour se diriger vers Sosoye.... (flèches vertes)

Comme les informations reçues de la patrouille sont plus que rassurantes, un changement d'itinéraire a lieu. De Warnant, les unités prendront la direction de Haut-le-Wastia, Sommière puis Philippeville. ( flèches rouges)

Hélas, l’évolution de  la situation change la donne. L'arrivée des Allemands (flèches noires) coupe la route de repli.

Traits noirs, la ligne vicinale Warnant-Bioul-Lesve

 

 

 

Le guide est arrivé et a transmis le message

La teneur engageante du message incite le commandement  à réajuster le parcours. Il passera par Warnant, mais , au lieu de remonter la Molignée, il décide de passer par Haut-le-Wastia, Sommière puis Philippeville en direction de la frontière tout en profitant, rappelons-le, de la protection des Français.
Si le village semble encore libre de toute présence ennemie à l’heure d’envoyer le messager, la situation a malheureusement évolué lorsque la colonne arrive à Warnant. Les Français ne sont plus là et les Allemands ont pris pied sur la rive gauche du fleuve.
En effet, après avoir essuyé de lourdes pertes à Anhée, les régiments français ont abandonné le terrain le long de la Meuse permettant aux troupes allemandes, ayant franchi le fleuve à Yvoir et Houx ,de s’infiltrer plus avant dans la vallée de la Molignée.
Élément d’une importance capitale qu’ignore encore le commandement de la colonne qui avance, confiante, vers Warnant.

La vallée de la Molignée vue depuis les positions françaises de Haut-le-Wastia

Warnant, JMO 310ème régiment d'infanterie, Bioul, Haut-le-Wastia, Moulins

 Haut-le-Wastia était tenu par le 110ème RI ainsi que par une batterie du 41ème RAC (artillerie de campagne).

Une tranchée située à proximité de la chapelle Saint-Roch, à l'entrée du village, permettait de surveiller la vallée de la Molignée.

1  ferme de Corbais, 2300m              2  maison de pierre, 1700m                    3 la vallée de la Molignée

4 L'usine de Moulins, 1550m             5 La ferme de Ohet, 400m                      6 Le dépôt du vicinal, 1250m

Les distances de tirs relevées par l'infanterie  française, le 310ème RI..

 Photos actuelles de bâtiments repris sur la carte

tram, ligne Bioul-Warnant, dépôt du vicinal, Warnant, gare de Warnant

plan01.jpg

 

 

 

 

 

 

plan04.jpg

le dépôt du vicinal (6) ,

la ferme de Corbais (1),

une vue générale depuis Haut-le-Wastia sur la  vallée de la Molignée, à droite les usines de Moulins (4) .

La ferme d'Ohet (5) et à gauche le village de Warnant qui fut incendiée en partie par les Allemands lors de leur approche du village.

 

plan00 ohet.jpg

La colonne se met en route et, précise le lieutenant Vincent:

" Vers deux heures le matin, je reçus l'ordre de me porter en flanc garde sur la route Annevoie-Bioul, à l'EST de Bioul . Lorsque la colonne fut sur le point d'arriver à l'endroit que j'occupais, je reçus l'ordre de prendre place dans la colonne qui se dirigea (précédée de ses avant-gardes),  vers Warnant".

Peu avant 5 heures du matin, les avant-gardes belges traversent le village et ouvrent la marche vers Haut-le-Watia.
 Bioul, Haut-le-Wastia, Warnant, La Molignée, Anhée, retraite belge, 4ème division La 2/III/13F, « une des pointes de l’avant-garde » franchit le chemin de fer de la Molignée ne rencontrant qu’un faible parti de hussards de réserve saxons rapidement mis en déroute. Elle passe et continue sa route.
Quelques instants après, l’unité suivante 1/II/33, arrivée près de la Halte de Warnant est clouée sur place par un feu de mousqueterie ennemi. L’infanterie allemande, I et II èmes bataillons du 100RIR, débouche de Anhée et Moulins.

T. Marchal (dont nous avons parlé en début de cette page) y est présent.

1 repli de la compagnie de T. Marchal

2 passage de la compagnie d'avant-garde

3 la Halte de Warnant située près de l'actuelle déchetterie de Warnant. Photo.

 

Le tram vicinal Bioul-Warnant, la ligne Bioul-Warnant,  Les lignards tentent de tenir mais sous la violence du feu adverse, ils refluent vers le village. «Durant ce le recul de la 1/II/33 le commandant Horion et le lieutenant Van Schoor sont blessés, ». Dès le retour dans ses lignes, la compagnie prend place dans le système de défense à la lisière EST du village. Les premières unités « du gros » qui entrent à ce moment dans le village essuient, elles-aussi, un feu intense. La confusion règne un instant, la soudaineté de l’attaque désorganise la troupe. Heureusement les unités réagissent et se déploient dans les ruelles du village. Le commandement se place au centre du dispositif, près de l’église.

Anhée, le chateau ferme de Moulins, la Molignée, la Vallée de la Molignée

 

La compagnie de T. Marchal se replia vers Warnant en terrain découvert alors que les Allemands venant de Anhée profitaient du couvert.

Vers le village de warnant, lisière Est

 

Le lieutenant Vincent (que nous avons déjà rencontré), rapporte:

"à l'entrée du village de Warnant nous fûmes assaillis de coups de feu et je portai ma compagnie à la sortie Sud du village où je la déployai en tirailleurs le long du chemin de fer vicinal. Une troupe allemande peu importante  se trouvait dans la prairies vers la gare de Warnant".

la vallée de la Molignée, Moulins, Warant, haut-le-Wastia, la Molignée

la gare de warnant, la ligne Warnant-Bioul, le vicinal Warnant-Bioul

 

 

 

 

 

 

La gare de Warnant et le terrain occupé par l'ennemi

Mais des éléments belges étaient au prise avec d'autres Allemands, plus au SUD". (L'échauffourée de la Halte). A partir de ce moment, il pouvait être alors 5 heures, des coups de fusils et de canons étaient tirés sur Warnant, de plusieurs directions, mais principalement du côté de Haut-le-Wastia.  Nos troupes qui sortaient de Warnant refluèrent vers le Nord".

La confusion règne un instant, la soudaineté de l’attaque désorganise la troupe. Heureusement les unités réagissent et se déploient dans les ruelles du village. Le commandement se place au centre du dispositif, près de l’église. Un front de défense est organisé face à la vallée.

Trentels, 13ème de ligne, mort au combat, Bioul Parmi les défenseurs, la 3/III/13F du commandant Trentels se positionne à  100 m Est du clocher de l'église . Dans le village, près de la ferme Ancion, Maurice Jeanjot, jeune habitant de Warnant,  croise des défenseurs conduit par leur officier. Un détail frappe le jeune témoin, il décrit cet officier  comme étant "un officier aux cheveux blancs".  Et d'ajouter dans son récit: " Il n’avait pas fait 50 m qu’une décharge de mitrailleuse lui fracassait la tête… ».  Souvenirs de Maurice Jeanjot, ...(voir sources).

Henri Trentels, capitaine commandant  "trouva une mort glorieuse en combattant l'envahisseur à Warnant le 24 août 1914".                

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 La ferme Ancion et l'ancienne école des religieuses, là où se positionna la section mitrailleuses,  A gauche le mur de la ferme Ancion.

 

La réaction bien que rapide n’est pas efficace. L’ennemi est invisible « et le tir des troupes belges quasi inefficace ». Dès le début de l’attaque l’artillerie se replie et prend place sur le plateau dominant le village sur le mamelon 251 (voir carte).  Malheureusement, faute d’informations et le brouillard étant encore dense, elle ne peut intervenir et soutenir l’infanterie. Des renforts viennent épauler les défenseurs, des lignards du I/33, la 2/1/33 et la 3/1/33 renforcent le flanc Sud est et la section de mitrailleuses s’installe près de l’ école des sœurs afin de prendre sous son feu les positions ennemies.capelle mit fran.jpg

Extrait de  Défense de la position fortifiée de Namur p. 656  On note la présence de la 3ème compagnie du I/33 dans laquelle sert A. Capelle.

« Nos troupes qui sortent (du village) refluent vers le Nord pendant que deux mitrailleuses prenaient position sur la route de Warnant, à gauche de l’école des sœurs » précise le lieutenant Vincent.
Profitant des couverts, les Allemands occupant une ligne allant de la ferme de Corbais jusque la lisière du bois de Creute amorcent un mouvement tournant.
Le combat dure depuis deux heures. L’ennemi se rapproche dangereusement et investit le cimetière situé derrière l’église. La situation devenant intenable, le général Ghislain fait sonner le cessez-le feu et hisser le drapeau blanc. Étonnement de la troupe.(*)  « mais la majeure partie de la colonne non entrée dans Warnant ne voulut pas se rendre et cherchant une autre issue pour échapper à l’adversaire de rabattit vers l’ouest en direction de Bioul Denée ».

Quelques vues du village

le cimetière de Warnant, la vallée de la Molignée, Rue maison de pierre

Le village de Warnant.

Lisière EST

Le cimetière proche de l'église, par où pénétra l'assaillant, arrivant au cœur de la défense.

 

Photo ci-dessous

Même perspective mais en plus,  on voit la route empruntée par les troupes belges pour arriver à Warnant puis pour se retirer vers Bioul

 

plan09d.jpg

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Photo sur la lisière OUEST du village, prise des environs du mamelon 251. Là où étaient l'artillerie et l'infanterie de réserves. On devine, sur la droite de la photo,  la route reliant Bioul à Warnant

Quelques sections engluées dans le village parviennent néanmoins à s’extraire,  couvertes par une arrière-garde dont les tirs violents empêchent les Allemands de sortir à leur poursuite.
L’investissement du village par le 100ème IR met fin au combat. Trois cents cinquante soldats belges environ furent faits prisonniers . Un officier tué ainsi, que 7 soldats, une quarantaine de blessés parmi les soldats et cinq officiers soignés dans les ambulances organisées dans les écoles communale et des Religieuses. Certains blessés légèrement atteints  purent s’échapper avant la prise du village.

carte repli.jpg

Sur cette carte (Le mamelon ,cote 251, se trouve près du chiffre 5)

1 arrêt de la colonne entre Romniée et Rouchat                             2 la route de Bioul vers Warnant

3 l'échauffourée près de la Halte ( T. Marchal)                                4 combat dans le village (A. Capelle)

5 les troupes en réserves au delà du mamelon 251 se replient vers Denée. Chaque mouvement (ligne bleue) donne la composition des troupes ayant échappé à la capture. 

6 la seule compagnie qui passe vers Haut-le-Wastia avant l'arrivée des Allemands.

 Le lieutenant Vincent, bien que présent dans le village, peut s'extraire  et se replier avec ses hommes bien couvert par d'autres compagnies du 13ème de ligne tenues en réserves près de l'artillerie (mamelon 251) .

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 Deux extraits du récit du lieutenant Vincent.

Le curé du village écrira encore: "La...

dans le village.jpg

Les balles pleuvaient vers sur les fenêtres, volets, toits, etc.

 Les morts et les blessés. Belges et Français

la Molignée, la vallée de la molignée, l'escargotière, Warnant, les escargots,

 "Gravement blessé Fernand Doyen de Masbourg, une balle lui avait traversé la partie supérieure du poumon gauche, une autre l'avait  atteint gravement à la tête. il dut subir l'opération du trépan. il reste presque deux jours sans connaissance et fut administré et communié le 26 août"

prisonnier de guerre, blessé, disparu, l'escargotière

Capturé par les Allemands, le le soldat Doyen  Fernand , du 33ème de ligne, est recueilli dans un premier temps chez les sœurs de Warnant.. Pris en charge par le service de santé allemand, il est soigné dans un lazarett en Allemagne jusqu' au 25 décembre 1914. Après sa convalescence, il intègre un camp de prisonniers près de Frankfort.

Sa fiche signale qu'il fut fait prisonnier à Warnant (Warnaut)

 

 

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Marchovelette, cimetière militaire, nécropole, soldat inconnu,  Le soldat Hollogne et un soldat inconnu  tués lors de ce combat reposent au cimetière militaire de Marchovelette.

Une information peu commune.....On pourrait croire qu'après un combat les soldats avaient besoin de se reprendre en mains.

En recherche le dossier militaire de ce soldat ainsi que sa pierre tombale

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Le récit du curé de la paroisse

La Molignée, la vallée de la Molignée, la Molignette, les escargots de Warnant

"Le caporal Hector Foucart eut le poumon gauche perforé par une balle et fut relevé presque exsangue et il fut administré de suite après son transport à la classe (classe de l'école des religieuses transformée en ambulance)". Foucart Hector caporal au 13ème de ligne, 1ère compagnie du 2ème bataillon. Lui aussi fut transféré à Bioul après avoir reçu les soins à Warnant. Sa fiche de prisonniers. Lieu et date.

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Plusieurs régiments d'infanterie français  sont représentés parmi les morts et les blessés.

Les premiers, (il y a le 310ème RI, le 148ème RI et le 8ème RI.)  défendaient la Meuse à Yvoir, Anhée et à Houx. Ils se replient par Moulins puis empruntent la vallée de la Molignée.  Pressés par l'ennemi, ils se battront près des fermes de Corbais et de Heneumont puis descendront vers  Warnant. Plusieurs morts et  quelques blessés sont pris en charge par les religieuses... Ensuite viennent  des soldats du 45ème RI. Ceux-ci font le coup de feu avec nos troupes pour la défense du village. Ils se sont repliés de Namur où ils étaient engagés pour soutenir les troupes belges.

Sauf le 310ème RI, les autres régiments seront rencontrés dans une prochaine page car ils défendaient également la Meuse à hauteur de Profondeville  et Rivière, en défense du pont de Lustin.

Quelques informations sur des soldats français. Tous les régiments concernés sont repris.

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La fiche de Boudden Auguste du 310ème inhumé provisoirement à Warnant. Sa fiche mentionne erronément Onhaye

Celle de Brancquart Georges, du 8ème RI, mort à Warnant. 

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Le soldat Mahy , du 148ème RI, décédé à Warnant suite à ces blessures de guerre (subies à Yvoir). Son dossier militaire.

 

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Roussy Aristide, soldat du 45ème faisait le coup de feu en lisière SUD du village avec les compagnies du 33ème de ligne belge. Inhumé à Dinant. L'adjudant Pigot du 310ème RI, retrouvé mort à Warnant inhumé à Dinant

 Sources

La grande guerre en provinces de Namur et de Liège. Souvenirs d’un gavroche de Warnant, Maurice Jeanjot, par Cédric Istasse. Cahiers de Sambre-et-Meuse, 4/2009.

La défense de la position fortifiée de Namur pages 650 à 658. Pour l'attitude du commandement lors du combat, ce n'est pas le lieu dans ce blog pour ouvrir une discussion à ce sujet. Pour les plus curieux de la chose voir cette source  mais également (et plus particulièrement)  le livre du Colonel Bujac Namur, La retraite. déjà cité dans ce blog

L'invasion allemande dans.... tome VI, cinquième partie, pages 76-77.

Les archives ecclésiastiques pour la paroisse de Warnant

Les archives départementales du Nord-Pas-de-Calais et de l'Aisne pour les ficheirs des militaires

Mémoire des hommes, les JMO des régiments français, le 310ème RI

Mémoire des hommes, les fiches de décès

 Les archives du Comité International de la Croix-Rouge, Genève.

Les archives militaires, notariat, Evere, pour les deux villageois, T. Marchal et A. Capelle

Nos héros morts pour la patrie, photos des officiers

Photos des lignards du 13ème de ligne en 1909, carnet de photos de M. A. Mathieux. (Merci)

Photos personnelles.

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