01/07/2016

Le lieutenant François Arthaud et sa section de mitrailleuses au Tienne Collin, la défense du pont de Lustin

 Un jeune lieutenant, François Arthaud

Nous avons retrouvé la famille du lieutenant Arthaud qui commandait la 2ème section mitrailleuses. Sorti de Saint-Cyr en 1910, le jeune diplômé intègre immédiatement le 148ème RI.à Givet. Il désirait un régiment « de couverture ». « Il lui faut une vie militaire intensive, il veut travailler le plus activement et le plus fructueusement possible pour le pays car tout en lui fait pressentir une guerre imminente ». Il se marie en 1913 et sera papa d’une petite fille en 1914. Une enfant qui ne se souviendra pas de son papa qui ne reviendra jamais de la guerre. En octobre 1914, il mutait au 120ème RI et nommé capitaine le 20 novembre. Il sera tué le 23 novembre 1914 d’une balle en pleine tête, alors qu’il était dans les tranchées en première ligne. Trois jours auparavant, il avait appris la mort de son frère, officier d’artillerie.

 Sa citation: Officier de tout premier ordre, d’une bravoure admirable. Mortellement frappé d’une balle à la tête au moment où il inspectait ses positions de première ligne ».

lieutenant Arthaud, section de mitrailleuses, août 1914, Burnot-Rivière, le pont de Lustin, le 148ème régiment d'infanterie, Argonne, Combats de Bagatelle

boyer ep arthaud.jpg

Lieutenant Arthaud, bois de la Gruerie, Bagatelle, Vienne-le Château, Argonne, bataille de la Marne

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jeune lieutenant François  Arthaud et son épouse. Les trois frères réunis avant la guerre. De gauche à droite, l'officier artilleur, le jésuite et François.

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 Son parcours militaire

 

 

diplômé de Saint-Cyr

Tué à l'ennemi à la Cruerie...

enterré au cimetière de la Harazée.

Tombe transférée à Sainte-Ménehould

 

 

 

 

la Harazée, la cruerie, combat de Bagatelle, Argonne, la Marne, 1914la Harazée, Cruerie, combat de Bagatelle, Vienne-le-Château, Argonne, bataille de la Marne

La tombe de François Arthaud à Sainte-Ménehould et celle, provisoire, de La Harazée.

La Harazée, la cruerie, Argonne, La Marne, bagatelle

 

 

 

 

 

 

Les chiffres de son régiment. Le 148ème RI

tué à l'ennemi.jpg

 

 

 

"Au bois de la Gruerie, tué à l'ennemi

Des photos  retrouvées parmi ses objets personnels. Le village de Vienne-le-Château, l'église en 1914

Vienne-le Chateau, Vienne le Château, Bagatelle, Florent,

vienne le chateau 2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

148ème régiment d'infanterie, 120ème régiment d'infanterie, bois de la Gruerie, pavillon, La Harazée, Florent, Vienne-le-Château, argonneUn extrait de l'historique du 120ème RI. qui a souffert lors des combats en Argonne.

 

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 Un dessin du secteur occupé par le 120ème RI, avec des  lieux que le capitaine Arthaud a certainement  dû traverser.

Au centre, le bois de la Gruerie, là où il est tombé Au Champ d'Honneur.

Marcel Marleux, classe 1911,  3ème C.M. (compagnie mitrailleuses), un des soldats du 120ème RI.

Se seraient-ils rencontrés  lors d'une relève dans les tranchées?

 

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 Marcel Marleux, blessé en juin 1918.  Le bois de la Gruerie après les nombreux bombardements.(photo datée 1916)

La nature reprendra néanmoins ses droits....

 Récit du commandant Vogel en novembre 1914. Quelques jours après la mort du capitaine Arthaud, le régiment descend en repos dans le petit village de Florent. Un peu  de repos avant de remonter en premières lignes...

Premier Novembre ! Fête de tous les Saints et veille de Fête des Morts ! - dernier jour de repos; demain la fournaise.

Nous étions si bien dans ce petit village de Florent à 10 kilomètres des lignes, au milieu des bois que nous ne voulons plus songer à la guerre. L'écho d'une fusillade plus nourrie, le grondement plus violent de la batterie en position à la lisière du village nous rappelaient bien parfois au grand drame, mais sans oser le dire nous aimions ces moments qui nous serraient le cœur. Les nôtres attaquaient sans doute et c'était peut-être la Victoire ! -

Là-bas c'était la mort, ici c'était la vie !

Les hommes se mettent en marche pour rejoindre leurs positions, un chemin long et semé d'embûches. Extrait

La sortie du bois et la traversée du plateau se firent sans incidents, et les quelques obus des tirs intermittents qui nous saluèrent au passage ne causèrent d'autres dommages que la création de nouveaux entonnoirs au milieu des champs déjà bouleversés. La colonne muette atteignit enfin la Harazée et, gravissant péniblement la forte pente boisée au Nord du village, fit son entrée dans le sinistre bois de la Gruerie. La fusillade jusqu'alors assourdie par la succession des collines boisées se fit entendre plus distinctement, quelques balles perdues commencèrent à siffler au-dessus de nos têtes et certaines d'entre elles, terminant leurs courses aveugles dans le cœur des grands chênes encore épargnés par la mitraille, s'arrêtaient dans un craquement sinistre qui nous faisait tressaillir. La marche déjà pénible se ralentissait davantage, les arbres mal coupés lors de la création des pistes et les troncs déchiquetés par les obus accrochaient les pieds des hommes qui s'abattaient lourdement sur le sol boueux au milieu d'un bruit de ferraille causé par la chute des gamelles et des armes. Cependant on avançait toujours. Aux environs du poste de Commandement du Colonel dans un repli de terrain au milieu d'une clairière, un triste spectacle éclairé par le lueur de quelques mauvaises lanternes et de quelques maigres feux de bivouacs apparut à nos yeux. Des centaines de petites croix bien alignées semblaient se dresser sur notre passage et étendre leurs bras pour nous dire de ne pas aller plus loin ; au milieu d'elles une croix plus grande portait une immense couronne tricolore apportée là sans doute dans le courant de la journée. Cette scène muette n'était animée que par la marche lente de quelques soldats fantômes transportant péniblement pour les aligner côte à côte dans une dernière tranchée les précieux fardeaux rangés sur le bord de notre chemin.
En passant par là, beaucoup d'entre nous sans doute ne purent s'empêcher de songer qu'à cette heure dans les églises de France, des mères, des femmes et des enfants à la prière du soir du 1er Novembre, pleuraient déjà pour ceux qu'ils ne devraient plus revoir. Tous sans doute s'imaginèrent que c'était là peut-être la dernière étape du retour, et tous passaient en silence, la tête basse, avec la même pensée, qui devait être à cette place la pensée commune de tout un régiment.

Extrait. pour consulter le texte voir       http://argonne19141918.chez.com/html/15%20jours%20en%20Argonne.htm

blog de M. Hervé Chavanes.

Le 148ème RI, caserné à Givet. En temps de paix

 colonel Cadoux, 148ème régiment d'infanterie, Givet, régiment de couverture, Le 148ème RI aux ordres du colonel Cadoux fait partie avec le 45ème RI, (présent à Warnant en août 1914), de la 8ème brigade commandée par le général Mangin. Caserné à Givet, le régiment se compose d’un Etat-Major et d’une compagnie hors-rang ainsi que de trois bataillons et trois sections de mitrailleuses pour un effectif de 66 officiers, 3338 hommes de troupes (y compris les sous-officiers et caporaux) et 178 chevaux.

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  La caserne du 148ème RI à Givet, le long de la Meuse

 Les exercices lors du service militaireattaque nage.jpg

Franchissement du fleuve avec armes et bagages. Les soldats sont surveillés par une équipe de maîtres-nageurs prêts à intervenir car aussi lourdement équipés, les soldats tombés à l'eau n'auraient eu aucune chance de s'en sortir.

La caserne en arrière-plan.

 

Givet, manoeuvres, exercices militaires, assaut

 

 L'attaque d'une position. Les soldats lourdement chargés, se lancent à l'assaut des défenses "ennemies"

Givet, ville de garnison. les parades militaires étaient fréquentes sur les places de la ville. les civils venaient nombreux pour assister aux exercices.

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C'est la guerre!  Un peu de stratégie

  colonel Cadoux, général Mangin, 8ème brigade, Yvoir, Houx, Anhée, Annevoie  « étirer les troupes vers le nord au détriment de la consistance et de la résistance de ce long cordon de fantassins préposés sans répit et avec leurs seuls moyens à la garde des ponts et des barrages».

Extrait des notes du colonel Cadoux

Dinant, Anhée, Yvoir, Houx, Annevoie, Bouvignes  Août 14 ; la mission de ce régiment est ardue et son colonel en est conscient. Il note dans ses mémoires « étant donné l’étendue du front de couverture assigné au régiment, le grand nombre de passage à interdire… il ne fallait pas songer à organiser une défense éloignée »… Le 148ème RI « livré à ses seules ressources en hommes et en matériel ne devait compter sur aucun secours…. Dans ces conditions d’isolement absolu où il se trouvait, le régiment ne pouvait même pas avoir la préoccupation d’une résistance ( à temps déterminé) suffisante pour permettre au commandement supérieur de lui envoyer des forces inexistantes »! Ce régiment, « complètement en l’air (isolé en pointe)  », est, tout au plus « une troupe de couverture non étayée, (qui) devait tenir jusqu’à l’extrême limite de ses moyens et de ses forces ». Le régiment « ne pouvait opposer qu’une défense rapprochée n’ayant d’autres buts que de s’opposer sur place par des obstacles accumulés, par le fusil et la mitrailleuse à toute tentative de destruction ou de passage venant de petits détachements ennemis ». C’est dans ces conditions que le régiment venant de Givet remonte progressivement jusque son objectif le plus au nord : le pont de Lustin. Le 1er bataillon du commandant Vannière a ouvert la marche du régiment qui, après une entrée le 6 août sur le territoire belge, descendra le fleuve pour, par glissements successifs, occuper les différents points assignés. C’est-à-dire les ponts mosans de Givet à Lustin.

 Annevoie-Rouillon, le pont de Godinne, la Meuse, août 1914, infanterie française Une compagnie du 148ème occupe le village d'Annevoie-Rouillon pour la garde du pont de Godinne. le château abrite l’État-major du régiment.

La route qui vient de Bioul et qui rejoint la vallée de la Meuse, l'axe Namur-Dinant

En arrière-plan, le carrefour menant vers le pont

éclaireurs, Dinant, rive droite de la Meuse, Combats de Dinant, Moulins,Les moyens mis à la disposition du colonel sont faibles. Quelques réservistes comme éclaireurs et encore sont-ils pauvrement armés. Face à des troupes allemandes "armées de pied en cape"...

Il palliera ces manquements en recueillant des informations grâce au réseau téléphonique de la région.

 Vanniere, bataillon, 148ème régiment d'infanterie, août 1914, Anhée, Annevoie, Rouillon, Godinne   Au bataillon du commandant Vannière,  le secteur Profondeville, tandis que le bataillon du commandant Graussaud est en réserve à Bioul avec l’état-major. Un court moment le 2ème bataillon remplacera le 1er dans le secteur Profondeville- Anhée. Le 3ème bataillon est à Dinant, il supportera le choc lors de l’attaque allemande.

Le 12 ou le 13 août ? , « les pantalons rouges » sont à Rivière-Burnot

Le 12 août, l’abbé Daiche note dans son journalier « arrivée du 148ème d’infanterie français pour garder la paroisse et le pont. Le 23 août, à 3 heures du matin, les Français nous quittent après avoir fait sauter le pont ».

 vannierre.jpg Dans un premier temps, c’est le 1er bataillon du commandant Vannière qui s’installe au village. Celui-ci y place la 1ère compagnie (cie) capitaine Delahaye (avec le lieutenant Thanneur et les sous-lieutenants Létrange et Courthy), la 2ème cie du capitaine Dagalier, (avec le lieutenant de Cappelis et les sous-lieutenants de Mascurain et Briatte) ainsi que la 4ème cie du capitaine Gautlet, (avec le lieutenant Arnaud et les sous-lieutenants Lucas et Forestier).

Deux photos du commandant Vannière, la première à son arrivée à Moulins (Anhée)

 

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Présents à Rivière,  les capitaines Delhaye et Gautlet, les lieutenants Arnaud et Thanneur.

Nous rencontrerons le lieutenant de Cappellis. Les autres officiers cités ne sont pas encore intégrés au 148ème RI lors de la prise de la photo (1912)

le 148ème régiment d'infanterie, colonel cadoux, la défense de la Meuse, août 1914, Dinant, combats de Dinant, la bataille de Charleroi

Trois croquis qui montrent la progression, le glissement, des compagnies du 148ème régiment d'infanterie vers le Nord.

Parties de Givet pour arriver jusqu'au pont de Lustin.

 Quelques jours après, ( le 17 août), afin de répondre à l’évolution du front mosan, le 1er bataillon Vannière est remplacé par le 2ème bataillon du commandant Graussaud qui envoie la 6ème cie du Capitaine Didier (avec le lieutenant Legrand et les sous-lieutenants Bernardin, Voiry et Gaucher) et la 8ème cie du lieutenant Treca, (avec le lieutenant Rousseaux et le sous-lieutenant Martin). Le lieutenant François Arthaud viendra, en son temps, renforcer la position avec sa section de mitrailleuses. En définitive, ce seront 6 compagnies, (1 compagnie est forte de plus ou moins 250 hommes) des 1er et 2ème bataillons qui alternativement ou conjointement prendront le secteur Rivière-Burnot-pont de Lustin sous leur protection.

« Les Français s’installent et circulent dans l’entité, créant des liens avec la population. Ils assistent aux offices religieux ....(ils) m’ont laissé un émouvant souvenir » souligne encore le prêtre.

 le 13 1bn.jpgLe 13 août selon le journal des marches et opérations du régiment, (le 12 selon le curé de Rivière) a lieu le dernier glissement du 148ème RI., le commandant Vannière dispose sa 4ème compagnie au pont de Lustin (Rivière-Burnot).

Après avoir fait une brève halte dans le couvent des religieuses situé à proximité de Rivière, ces soldats, se rapprochant du fleuve, s’installent dans la cimenterie et l’usine Defoy. Le gros la compagnie aménage les lieux tandis que des sections sont immédiatement détachées à la surveillance du pont et de l’écluse, des tranchées sont creusées à différents endroits. Le pont est rapidement mit en défense, des barricades sont crées avec des charrettes, tas de sable et wagonnets de l’usine. Le En soirée, le pont est complètement sécurisé ce qui fait dire à notre témoin, que « la tête du pont est devenue une véritable forteresse ». Pendant que les piquets gardaient le pont et l’ écluse, d’autres soldats « de 50 à 60 passaient l’eau et partaient à la chasse aux uhlans » et précise le prêtre, ils revenaient avec des trophées."Ils circulaient, comme je l'ai dit, allant tuer un Uhlan ou deux ou un cheval. Ils passaient l'eau à 50 60 et allaient à la chasse aux Uhlans. ils revenaient avec un trophées, une lance, un casque etc..."

Houx, Yvoir, Anhée, Hun, Annevoie, Rouillon, Profondeville

 Le commandant Vannière à gauche,  au centre, un jeune lieutenant  (?) et le capitaine Gantlet à droite. La patrouille est revenue avec des trophées (casques, lances, fanions...) et des prisonniers.

 00 photos et documents (4).jpgA la droite du commandant Vannière, un des prisonniers allemands

Tout au long de leur avance, les compagnies font des reconnaissances sur la rive droite de la Meuse. Sur la photo d’une des compagnies du commandant Vanière, on distingue des hampe de lances prises aux hussards, des casques allemands sur la tête de soldats français et deux prisonniers allemands.

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Le 15 août, chaude alerte, les Allemands attaquent vers Dinant et tentent vainement le franchissement du fleuve. (Le lieutenant De Gaulle (33RI) est blessé sur le pont dinantais). La menace se précise, le front se rapproche. Suite à cet assaut, les Français renforcent leurs lignes. Afin d’éviter toute tentative de franchissement entre les ponts tenus par l’infanterie, un régiment de cavaliers, le 27ème dragons, inspecte sans relâche la rive gauche du fleuve. Outre ce travail de surveillance, les cavaliers lancent également plusieurs reconnaissances des lignes ennemies. Sous les ordres du lieutenant d’Astraffort, une section de Dragons part reconnaître la région entre Lustin, Courrière et Florée. Pour se faire, elle doit emprunter le pont de Lustin. Les cavaliers se voient refuser le passage par les défenseurs (la 1/I/148RI du capitaine Delahaye) qui semblent rechigner à ouvrir la barricade. La patrouille est donc obligée de rebrousser chemin et de passer le fleuve au pont de Rouillon, (là où on lui donne le passage) avant de poursuivre sa mission.

cavalerie, dragons français, 27ème dragons français, pont de Lustin, Pont d'Annevoie, Godinne

Extrait du JMO du 27ème dragons.

"D'Asteffort se voit refuser  le pont de Burnot (LUSTIN), l'ouverture de la barricade très fortement établie par le bataillon qui l'occupe. Il va passer au pont de Rouillon ( Annevoie-Rouillon - Godinne).

Selon les rapports d’observateurs, d’importantes troupes ennemies se dirigent vers Lustin, Yvoir et Houx. Des ordres du haut commandement réorganisent de nouveau le front mosan. « Les troupes au nord de Anhée (1,2,3cies du 1er bataillon et le 2ème bataillon (en réserve à Bioul) sont placées temporairement sous les ordres du colonel Pétain dont les quartiers sont installés à Bioul puis à Haut-le-Wastia et qui a sous sa responsabilité le secteur bordant le sud de la position fortifiée de Namur. » Ce qui entraîne un changement à Rivière : la 4ème compagnie est relevée par les 1ère cie et 8ème cie doublée de la section de mitrailleuses du lieutenant Arthaud. Ces mitrailleuses sont positionnées dans le Tienne Collin, près du cimetière. De plus, la 6ème compagnie venant de Bioul (Rouchat) s’installe en face de Godinne, entre Rivière et Rouillon . La situation semblerait devenir sensible entre les deux ponts.

Au Lendemain des combats de Dinant, la répartition du régiment. Extrait des notes du colonel Cadoux

Dinant, le pont de Dinant, De Gaulle, Anhée, Moulins, Annevoie Rouillon, château d'annevoie

Houx, Yvoir, Anhée, Hun, Annevoie, Rouillon, Profondeville, 148ème RI

Le 16 août, le 4ème bataillon du génie belge apporte les charges de poudre pour faire sauter le pont.

Le 16 et le 17, de nouvelles dispositions sont prises par l’état-major régimentaire. : des renforts arrivent à Rivière. L’ordre est formel. « tenir ferme » à leurs emplacements avec interdiction de passer sur la rive droite du fleuve.

Houx, Yvoir, Anhée, Hun, Annevoie, Rouillon, Profondeville, 148ème RI

Les incursions allemandes se font de plus en plus nombreuses. Mont-Godinne est investi par leurs patrouilles qui semblent reconnaître les berges du fleuve et qui pousseront même une incursion dans le village de Lustin. La défense du pont est essentielle. Peu de mouvement « le capitaine commandant le 1ere cie ( au pont de Lustin) signale à 9h20« Il n’y a absolument rien dans les environs de Lustin (Rivière Burnot) ». Par contre en fin de matinée, quelques dragons allemands sont aperçus « à l’horizon ». et le colonel Pétain confirme, depuis son PC de Haut-le-Wastia, que des troupes allemandes sont signalées se dirigeant vers Lustin.Nombre d’informations affluent. Les forces allemandes se concentrent sur la rive droite de la Meuse, les points de combats sont renforcés.

Houx, Yvoir, Anhée, Hun, Annevoie, Rouillon, Profondeville, 148ème RI

Le 18, nouvelles dispositions, Le colonel Pétain remet le secteur aux mains du colonel Cadoux qui immédiatement envoie un message au commandant Vannière qui a repris la défense de Burnot-Rivière-pont de Lustin, « à 20h15 vous avez sous votre commandement, les trois compagnies du ponts de Burnot Lustin.(1,6,8) Je vous envoie demain matin pour 5 heures la section de mitrailleuses du 2ème bn. 

mitrailleuse hotchkiss, section de mitrailleuse, modèele 1914

La section de mitrailleuses du lieutenant Arthaud venu en appui des différentes compagnies défendant le secteur de Rivière-Burnot-pont de Lustin.   Photo 1912

Houx, Yvoir, Mont, Godinne, Anhée, Hun, Annevoie, Rouillon, Profondeville, 148ème RI

 

 

 

Sa section de mitrailleuses.

Ci-dessous, serait-celle du lieutenant Arthaud?

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La mitrailleuse Hotchkiss en 1914 et son servant.

 

 SUITE DU 18/ "il lui, signale également qu’une batterie d’artillerie a été placée côté 261 au SO de Rivière, en cas d’attaque tenez bon sur la Meuse ». Le pont de Lustin et Rivière-Burnot semblent retenir particulièrement l’attention du commandement du régiment. Malgré l’interdiction d’encore traverser la Meuse, une patrouille est envoyée vers le village de Lustin. Cette reconnaissance faite par une section de la 1ère cie s’est avancée jusque Tailfer et Lustin, elle n’y a rien découvert. Cela s’explique selon le colonel Cadoux par la proximité du camp retranché de Namur et notamment du fort de Dave qui « est une raison pour laquelle les allemands se montrent plus ou moins entreprenants à partir de Lustin et en aval ». Vers 7h30, les défenseurs détachent une escouade et un cycliste au débouché sud de Profondeville. Mais constate le colonel, "il est inutile de s’ étendre plus au nord du pont de Burnot". Cette présence à la sortie Nord de Profondeville sera assurée par un brigadier et 6 cavaliers du 6ème chasseur à cheval et qui se tiendront en liaison avec la défense du pont.

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Extrait du JMO du 6ème chasseurs à cheval.

Les 22 et 23 août, la patrouille passe par Arbre, poussant sa reconnaissance jusque Profondeville.

 

 

 

 

 

 

Le 23, ce régiment de cavalerie prendra la direction de Arbre pour y cantonner mais à peine arrivé, un contre ordre lui fera changer de position pour se rendre à Fosse.

Rivière-Burnot, les tranchées françaises en août 1914

1 le pont

2 premières tranchées

3 itinéraire reconnu pour le repli vers Bioul

4 dispositif de défense de l’écluse, usine Defoy et cimenterie

en bleu, la position des mitrailleuses au Tienne Collin et ses angles de tir sur le pont

5 le sanatorium de Mont Godinne qui domine le village et toute la rive gauche. Présence allemande.

6 présence de la cie du lieutenant de Cappellis et itinéraire de repli, 7 bois Laiterie, un hameau du village, là où séjournait une partie des défenseurs, 8 la cie en face des îles mosanes entre Rouillon et Rivière

burnot4.jpg

  La 8ème cie se retranche en réserve sur la route de Burnot à Arbre (3). La 6ème cie se tient à hauteur des îles entre Rivière et Godinne (8), à la lisière du bois de la chapelle Saint-Hubert tandis que l’état major du bataillon est à Burnot et la 1ère cie dans les tranchées de défense près du pont et l’écluse (4) . La section de mitrailleuses appuie le dispositif.

Le village de Rivière est  dominé par le plateau de la rive droite, position occupée par les Allemands. On remarque le sanatotium de Mont-Godinne, poste d'observation allemand.

 

lieutenant Arthaud, section de mitrailleuses, août 1914, Burnot-Rivière, le pont de Lustin, le 148ème régiment d'infanterie, Argonne, Combats de Bagatelle

Le 18 août en soirée, le lieutenant Arthaud, commandant la section de mitrailleuse au pont de Lustin fait un rapport dans lequel il signale « qu’un petit pavillon situé au SE de Godinne et dont les alentours ont été visiblement déboisés depuis hier. Ce pavillon est flanc de coteau et à 2100 m du pont de Rouillon ». Présence allemande donc à proximité du fleuve. Il semblerait même que des tranchées y ont été creusées.

Le général Mangin

 MANGIN.jpg  Le 19 août, le général Mangin et le colonel Cadoux passent l’inspection des positions dans le village

Le capitaine commandant la 1cie informe son colonel que « dans la soirée une patrouille commandée par le sous lieutenant Courty traverse la Meuse à Burnot et donne la chasse à un peloton de cavaliers allemands, elle tue six chevaux et pousse jusqu’à Mont à 3 km de Burnot vers l’Est ».

La reconnaissance à la poursuite de l'ennemi. Ce que le curé de Mont (Godinne) a retenu de l'escarmouche.

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 "... les soldats français étaient embusqués dans les bois du sanatorium quand survinrent des uhlans au nombre de 25 dans ladite campagne. Un éclaireur boche les ayant aperçus .... au 1er coups de feu des Français les ulhans descendirent de cheval et gagnèrent en rampant le bois d'Hestroy, aucun ne fut tué mais 5 ou 6 chevaux furent abattus sur place..... Le commandant qui n'était pas descendu de cheval se dirigea vers le village.... et braquant son révolver sur un paroissien lui dit qu'on incendierait le village et qu'on fusillerait les habitants parce que l'on avait tiré sur ses soldats".

Les villageois quittèrent le village pour se réfugier à Godinne, Lustin, Dave et Profondeville.

 

La présence allemande se fait de plus en plus pressante,

Jeudi 20

Ordre est donné à tout le monde de se dissimuler dans les tranchées car des observateurs ennemis analysent les positions françaises depuis les hauteurs de la rive droite. Le sous- lieutenant Voiry , en poste à Rivière, signale avoir aperçu 6 fusées lumineuses dans la direction de la prise d’eau de Godinne. L’alerte est constante. Namur est bombardé. Suite à l’attaque, le colonel détache la 8ème cie vers Profondeville et pousse sa surveillance jusqu’au passage de Tailfer où il se met en contact avec du génie belge.

Le 21 août , "Rien de changer ». Craignant une attaque du côté de Burnot le colonel Cadoux fait reconnaître l’itinéraire par Arbre et la 12ème cie exécute cette reconnaissance : durée du trajet 52 minutes.

retraite, repli , 23 août 1914, la Meuse, Mangin, Pétain, Yvoir

« Ne comptez plus sur lui en cas d’attaque ».

Le 3ème bataillon du 148ème RI, en réserve à Bioul (et qui était destiné à soutenir les défenseurs en cas d’attaque) est envoyé pour participer aux combats de Namur (Gelbressée, Wartet, Boninne) déforçant de la sorte la défense. Suite à ce départ, une nouvelle réorganisation est entreprise. Seules les 1ère et 6ème compagnies, sous les ordres du capitaine Delahaye, tiendront le pont de Lustin,. Curieusement, la section de mitrailleuses du lieutenant Arthaud qui était en appui est envoyée à Rouillon. Il semblerait- il l’a laissé sous entendre dans ses notes- que le colonel Cadoux compte sur l’artillerie du fort de Dave ( et de Saint-Héribert ?) pour la défense du pont de Lustin. Ce même jour à 16 heures l’Etat-major du 1er corps d’armée ( les troupes envoyées dans l’Entre-Sambre-et-Meuse commandée par le général Franchet d’Esperey) envisage de faire sauter les ponts.

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Journée du 22 août. Le commandant Graussaud (il sera tué quelques jours après lors des combats de Onhaye et repose à la nécropole militaire de Dinant) signale que des mouvements ennemis sont perceptibles. Un projecteur a même envoyé « ses lueurs sur notre rive puis tout est rentré dans le calme » écrit-il dans son message.

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La tombe du commandant Graussaud

Les différentes compagnies changent de positions tout au long de leur présence en bord de Meuse.

Des munitions sont distribuées. Alors que quelques mouvements ennemis se font à Huns et environs, le capitaine Delahaye prévient son colonel qu’il surveille la Meuse depuis la sortie de Profondeville jusqu’aux ilots de Godinne. Rien à signaler ! La reconnaissance effectuée par le lieutenant Létrange qui a poussé son exploration jusqu’à Mont n’a rien remarqué. Le général Franchet d’Esperey donne l’ordre de la destruction des ponts « à chaque commandant de bataillon de faire procéder à cette destruction à 16 heures ».

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Les ponts Lustin, de Godinne (Annevoie-Rouillon) , Yvoir et Houx. Photos prises en novembre 1914

Les destructions sont confirmées sauf que le pont de Lustin est incomplètement ruiné. Une seul pile anéantie. De nouvelles charges sont demandées d’urgence au gouverneur de Namur et le 4ème bataillon du génie fournit 50 kg de tonite pour achever le travail.

Après une seconde explosion, le pont est rendu inutilisable. Les ponts sont détruits, l’infanterie attend dans ses tranchées. En soirée, l’abbé Daiche reçoit la visite d’une quinzaine de soldats français venus pour se confesser: «  Monsieur l’abbé, nous venons nous confesser pour pouvoir communier demain » expliqua le soldat séminariste qui accompagnait ces hommes. « Comme il m’expliqua que le lendemain, ils n’auraient rien à faire, je les engageai à venir plutôt se confesser le matin et à communier avec les paroissiens, pour l’exemple, ils acceptèrent et resteront chez moi jusque 10 heures du soir » Les événements se précipitant, les soldats quittent le village durant la nuitl.

les prêtres dans la guerre, les curés de campagne, Rivière, Burnot, l'abbé Daiche,

Il faut cependant vérifier les notes des prêtres car ils témoignent, de bonne foi,  et propagent  des rumeurs (qu'ils n'ont certainement contrôlées)   Ainsi, le 148ème régiment ne fut pas anéanti (massacré) à Warnant et à Bioul , ni son colonel tué. Par contre une compagnie fut sévèrement secouée en quittant sa position sur le fleuve, son capitaine (Gautlet)  tué et plus de 40 hommes disparus, sans compter les blessés. Serait-ce cette échauffourée qui aurait servi de base à la rumeur? Un autre détail,  les sous-officiers ne sortent pas de Saint-Cyr.

Le 23; Ordre du général Mangin au colonel Cadoux. Le repli semble s’annoncer: « Laissez sur la Meuse les compagnies de votre 1er bataillon qui tenaient les ponts détruits. Rassemblez votre 2ème bataillon et venez à Bioul ». Seul reste le bataillon Vannière qui va se déployer afin de surveiller les ponts et leurs environs entre Lustin et Yvoir. Ce front n’est guère tenu longtemps, l’ordre de repli arrive à tous les chefs de secteurs. Les défenseurs quittent les rives de la Meuse et se replient vers Bioul.(voir ci-dessous)

gautlet.jpg capitaine Gantlet, cimetière de Dinant, nécropole militaire de Dinant, les combats de Dinant, Onhaye, la Meuse, août 1914Une retraite très pénible pour certaines compagnies dont celle du capitaine Gantlet, (un moment présent à Rivière-Burnot). Elle est prise à partie par un feu de mousqueterie ennemi. Les pertes sont énormes, il manque le capitaine, tué à son poste, ainsi que 3 caporaux et 40 soldats.

Le capitaine Gantlet partage sa tombe avec un soldat inconnu mort le même jour que lui. Un de ses soldats? Nécropole de Dinant

Une arrière-garde est commandée.

« Vers 12heures 30, le lieutenant de Cappelis, en place entre Rouillon et Rivière », est désigné par son commandant de compagnie pour empêcher une tentative de passage de l’ennemi sur la rive gauche au sud du village de Rivière. 

1 les îles entre Godinne et Rivière, 2 Bois-Laiterie, 3 le Tienne Collin (mitrailleuses), 4, le château et l’écluse, 5 la vallée du Burnot qui remonte vers le Nord, 6 le pont (hors cadre). En rouge le parcours de la section de Capellis, venant de Rouillon Godine et prenant position sur le versant de la colline (l’éperon rocheux) . Il se repliera vers Annevoie.              

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Le jeune lieutenant de Capellis en 1912

 les ponts sur la Meuse, sauter les ponts, dynamitage des ponts, Houx, Yvoir, lustin, Annevoie, Rouillon, Godinne Parti de Rouillon avec une section, le lieutenant se dirige vers l’éperon rocheux au sud de Rivière. A ce moment, il est 13h45, des troupes ennemies postées près du sanatorium de Godinne ouvrent le feu sur les Français qui s’abritent derrière les broussailles. Les échanges sont vifs. Vers 15 heures, un soldat est légèrement blessé à la tête. Vers 17 heures l’ennemi augmentant en nombre dirige des fractions d’infanterie partie sur Godinne, partie sur Lustin. Une batterie installée près du sanatorium bat les emplacements occupés par la section de Capellis. Le lieutenant ne put s’opposer par le feu au passage en barques de petites fractions ennemies sur la rive gauche de la Meuse. Le soldat Lacroix est tué net par un coup de feu à la face. Vers 18 heures, le lieutenant peut se dégager par ses propres feux et regagne Rouillon où il apprend le départ de sa compagnie vers Bioul. Sa mission lui a coûté un tué, un blessé et un disparu. Le capitaine Dagalier, au reçu de l’ordre de se replier sur Bioul, avait tenté d’avertir le lieutenant de Capellis par l’intermédiaire d’un cycliste du 13ème de ligne belge. Cet ordre ne parvint pas à son destinataire (le cycliste envoyé au devant du lieutenant de Capellis ayant essuyé des coups de feu rebroussa chemin). De Capellis et sa section ne retrouveront leur compagnie qu’à Vierves après une marche difficile.

 Lacroix, soldat du 148ème RI, tué à l'ennemi, mort pour la France,Le soldat Louis Lacroix, né à Outreau, le 6 octobre 1893, orphelin de mère, il était soutien de famille. Mort à Rouillon, en réalité Rivière.

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« Le 28 août 1914, on retrouve et on enterre religieusement un soldat français, Louis Lacroix de Saint-Omer tué le dimanche précédent dans les tranchées des campagnes de Rivière, au-dessus de la Chapelle saint-Roch. En 1918, les soldats allemands escaladèrent ( ?) le mur du cimetière et après avoir déterré le corps de ce Français, l’enfermèrent dans une boîte pour l’enterrer au cimetière commun de Anhée » écrit le curé Daiche dans son carnet.

 Le soldat Louis Lacroix, né à Outreau, le 6 octobre 1893, orphelin de mère, il était soutien de famille.

Outreaux, Pas de Calais, 148ème régiment d'infanterie, Yvoir

cimetière militaire de Dinant, cimetière de Dinant, croix de bois, soldats français morts en belgique, août 14

 

 

Il avait été ajourné deux fois «  a obtenu un sursis d’arrivée de 30 jours pour une maladie en date du 12 décembre 1912, a obtenu de nouveau sursis d’arrivée de 30 jours pour maladie le 24 décembre 1913, incorporé au 148ème RI le 28 janvier 1914."  Tué à l’ennemi à Rouillon,(Belgique)  le 22 août 1914. un secours de 150 francs a été payé le 26 septembre 1915 par le ministère de la guerre"

 Le 24 août, le village est vidé de ses défenseurs. Il est à la merci de la déferlante ennemie. Beaucoup de maisons et  le château sont incendiés. la population se réfugie dans le hameau de Bois-Laiterie.

http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/archive/2016/01/29/rivi...


 Conscient du travail fourni par ses soldats, le colonel Cadoux souligne leur bravoure. Il écrit dans ses notes:

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" de l'ennemi, me ramenant, plusieurs fois par jour, des prisonniers desquels le haut commandement tirera avec profit des renseignements sur les mouvements" (ennemis)

 

Les pertes furent sensibles durant cette campagne en Belgique. Dans l'album de photos du 148ème, un des propriétaires a marqué quelques soldats présents lors de la prise de vue en 1912. Il les renseigne comme tués. (pas nécessairement en Belgique). Une façon de leur rendre hommage, nous ne connaîtrons jamais leur nom.

soldats inconnus, mort pour la france, tué à l'ennemi, août 1914, 148ème régiment d'infanterie

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az (3).jpgsoldats inconnus, mort pour la france, tué à l'ennemi, août 1914, 148ème régiment d'infanterie

 drapeau du régiment, 148ème régiment d'infanterie, brigade Mangin  Oscar Delforge. Un soldat présent dans notre secteur en août 1914.

   Il a été mobilisé le 02 août 1914 au 148ème R.I. et a participé à de nombreuses batailles (Ourcq, Argonne, Marne ...Embarqué pour Salonique le 01.11.1915, présent en Grèce le 01.02.1916, blessé par éclats d'obus, rapatrié à Marseille le 02.01.1917 puis en région parisienne. Il décède des suites de ses blessures le 29.06.1931.

(Notes de sa petite-fille Mme J. Castellano)

En effet en novembre 1915, ce régiment embarquera à Marseille afin de gagner la Grèce pour combattre les Turcs, à l'époque alliés des Allemands.

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attaque legall.jpg   Le Gall Alain, né en 1880, a donc 34 ans lorsqu'il est mobilisé. Vu son âge, il intègre le 86ème régiment d'infanterie territoriale. Normalement, ces régiments ne devaient pas servir en premières lignes. 

 

soldats inconnus, mort pour la france, tué à l'ennemi, août 1914, 148ème régiment d'infanterie   Mais les lourdes pertes de l'armée françaises en ce mois d'août 1914 obligent l’État-major à combler les vides avec des troupes territoriales. Outre ses pertes en Belgique, le 148ème RI a été fortement bousculé lors des combats de Berry au Bac en septembre 1914. Des renforts arrivent en octobre,  Alain Le Gall en fait partie. Il meurt le 18 août 1916 à Izor, en Grèce. Photo  de M. Strullu.

Ernest Barant,, soldat au 148ème RI mort à Flavion, pendant la retraite.

La relation de sa mort par le curé de Flavion le 23 août 1914. Poursuivi par les Allemands, Ernest Barant s'est caché dans la  maison d'Antoine François,

Flavion, août 1914, 148ème régiment d'infanterie, tué par les Allemands,

Le soldat s'était réfugie sous le lit à l'étage, il fut atteint par les tirs de ses poursuivants (qui tirèrent à travers le plafond)...

 

 

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La nécropole de Dinant.

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Plusieurs soldats du 148ème reposent à Dinant. Plus de 1200 corps sous les croix blanches ou dans les trois ossuaires.

Les soldats Petit et Jaspart, deux tués le 23 août 1914.La sépulture du lieutenant Péluchon tué le 15 août, lors de l'affaire de Dinant.

 

Le drapeau du 148ème RI. Le soldat derrière le drapeau est renseigné comme tué.

 

Un hasard?

Au même endroit!

En mai 1940, seconde guerre mondiale, le 8ème régiment d'infanterie défend le village de Burnot-Rivière. Des tranchées sont creusées à proximité de la chapelle Saint-Roch. (Là où étaient les défenseurs en août 1914). Lors de l'attaque allemande, 8 soldats français furent tués dans ces tranchées. La population enterra 7 d'entre eux. Le huitième ne fut pas retrouvé.

En 2008, lors de travaux,  le corps de ce soldat fut accidentellement  exhumé. En 2010, après une identification, 70 ans après, André Declais, soldat tué en mai 1940,  pouvait  retourner reposer dans le cimetière de son village. Nous avons retracé son histoire. Elle sera bientôt publiée.

Sources

Les documents de la famille de François Arthaud, envoi de Madame Delarue, sa petite-fille et de M. Claude Vibert.

Mme J. Castellano et M. J. Strullu pour les soldats du 148ème RI.

Pour le 120ème RI, merci à M.J.M. Douay, (le petit-fils du soldat Marcel Marleux) pour ses documents.

Les notes ( manuscrites) du colonel Cadoux.

La défense de la position fortifiée de Namur, op cit.

J. Schmitz et Dom Norbert Nieuland op cit. Photos du 148ème RI retrouvées dans les archives du chanoine J. Schmitz. Certaines ont été reproduites dans  Documents pour servir à l'histoire.... Le siège de Namur, 2ème partie.

Historique et JMO du 148ème régiment d'infanterie voir Mémoire des Hommes. JMO pour le 1er corps d'armée, la  2ème division et la 8ème brigade.

Archives départementales du Nord , du Finistère et du Pas de Calais

L'album du 148ème RI, en 1912, Merci à M. Gérard Delporte pour son autorisation de le reproduire.

Voir le site Chtimiste

Gallica, Journal officiel pour la citation de L. Lacroix.

Archives ecclésiastiques pour les paroisses citées. (Evêché de Namur) Mont, Burnot-Rivière

Cartes postales anciennes

Photos personnelles.

Merci à Guilhem Laurent pour la photo de l’État-major  (en HD) sur le 148ème RI. ce qui nous permis d'extraire des portraits de certains officiers, à M. Alain Chevallier qui a photographié la sépulture du capitaine Arthaud à Sainte-Ménehould et à Alain Dubois pour ses nombreux conseils lors des recherches dans les archives françaises.

Sauf pour la sépulture du capitaine Arthaud (Sainte-Ménehould), les autres soldats reposent dans la nécropoles de Dinant.

12:48 | Lien permanent

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