10/01/2017

Un brancardier décoré pour sa témérité, un parcours particulier pour l'époque...

Qui est Henri? Un trait de généalogie

 brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligneSon père, Juckler Edmond, son frère cadet, Valère en 1912.

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Né le 9 janvier 1859 à Lesve, Edmond Juckler épouse, le 3 janvier 1885,  Joséphine Catherine Borbouse, une jeune fille, née en 1860, à Arbre, un village voisin mais faisant partie de la même paroisse. Il  exerce le métier de tailleur d’habits, au 76 de la rue des Hayettes (à Lesve). De cette union, naîtront cinq enfants, une fille et quatre garçons: Léon, le 19 avril 1885, Joseph, le 26 mars 1887, Marie, le 1 décembre 1890, Henri, le 5 février 1893 et enfin Valère le 12 février 1902. C’est du moins la composition de famille que donnent les archives consultées.

Deux de ses fils, Léon et Henri,  participeront à la grande guerre.

Henri, le prêtre

 Mais avant cela, Henri est un petit garçon qui  fréquentera les écoles du village qui servira la messe comme enfant de choeur avec Vital Hennaut qui lui aussi deviendra prêtre (et aumônier du fort de Marchovelette en mai 1940).

 brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne  Après ses classes, faites à Lesve, à l’école maternelle tenue par les sœurs de Pesche puis à l’école communale primaire tenue par messieurs Jules Demeuze, instituteur en chef et Victor Bienfait, instituteur, il entreprend, en 1905, des humanités au juvénat des pères du Sacré Cœur de Jésus. Une institution française  « exilée à Lesve » en 1903 suite aux lois anti cléricales votées à l’époque.

Photo en 1912. Henri, 1er rang, 2ème à gauche, Vital 2ème rang, 1er à droite.

 Il fait sa confirmation à Sovimont  le 28 juin 1904.

 

 Un parcours hors du commun pour l'époque....

brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne En 1926, alors vicaire à Wépion, il explique dans une longue lettre son parcours estudiantin. Pour l'époque et pour un villageois de Lesve, il y a de quoi s'étonner. Lesve, Lestelle Jérusalem,, Nazareth, Bethléem, retour en Espagne, avant de rejoindre à nouveau Jérusalem...

brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne Etudiant doué, il entreprend après ses humanités, des études de philosophie au scolasticat de Nazareth puis sa théologie au scolasticat à Bethléem . Le 5 janvier 1914, il reçoit la tonsure des ordres mineurs à Jérusalem par le patriarche Philippe Camassei.

extrait de cette lettre et la photo du patriarche Ph. Camassei

 

1915 Rappelé sous les drapeaux, il interrompt momentanément ses études pour rejoindre l’armée belge derrière l’Yser.

 brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligneC’est donc au séminaire de Lestelle-Betharram (Pyrénées France) qu’arrive sa convocation envoyée en 1915 par le bureau de recrutement de Bordeaux. Les études entreprises retardent son engagement. Il ne rejoindra qu’en 1916 pour être dirigé vers les Troupes Auxiliaires du Service de Santé : (TASS).

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Le 15 avril 1916, il rejoint l’armée belge et versé au CIBI (le centre d’instruction pour brancardiers d’infanterie) à Auvours (Normandie).

Le 30 mai 1916, il passe au TS (le train sanitaire) à Calais

Le 13 février 1917, on le retrouve au CIBI  à Auvours. Il termine son instruction, il va recevoir son équipement avant de partir au front.

Le 8 mars 1917, il reçoit son affectation pour la 1ère division et directement affecté à la 3ème compagnie du 24ème régiment de ligne.

A peine arrivé dans son unité, il est rapidement confronté à la dure réalité du front. Le secteur de Boesinghe

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Des paysages lunaires, des destructions de  villages, la vie dans les tranchées et cette fonction de brancardier qui le confronte sans cesse à la souffrance, à la mort.

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Une patrouille de soldats belges (à droite) et quantité de croix tant belges qu'allemandes dans la zone inondée. Un soldat belge mort vers le 16 4 1915 et les tranchées proches des lignes allemandes.

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il reçoit bien vite son baptême du feu. Le 26 mars 1917, son régiment se lance à l’assaut des bunkers de Stampkot. Une position bétonnée qui abrite quantité de "nids" de mitrailleuses qui balayent la plaine.

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  Cette position est couverte par de l’artillerie. Une attaque qui ne réussit pas et le régiment comptera des morts et quantité de blessés. La guerre de positions reprend ses droits, le régiment défend un secteur entre Pervyse et Boesinghe avec les 4ème et le 23ème  de ligne guettant l’ennemi de tranchées en tranchées, entreprenant parfois quelques raids sur les lignes adverses, d’autres fois, repoussant les assauts de l’adversaire en s’accrochant au terrain. Les Allemands tenteront plusieurs fois de percer le front au début de l’année 1918. En vain.

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Le monument des brancardiers à Amiens. Le transport de blessés vers les postes de soin. Un des bunkers de Stampkot.

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Le moral de ces soldats est soumis à rude épreuve.. Outre les blessés par faits de guerre, il faut également transporter les malades atteint par les maladies dues au manque de soins et de nourriture, occasionnées par le froid et l’humidité. Henri fait preuve d’un moral d’acier, réconfortant sans cesse ses frères d’armes.

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Parfois, les bombardements ennemis ou alliés

déterrent des corps enfouis depuis les combats

précédents. Ici, des corps de soldats allemands.

Combien de ces corps n'ont jamais été retrouvés?

De nos jours encore,  on en retrouve encore dans les

terrains pourtant  remis en culture depuis l'armistice. 100 ans après!

 

Eté 1918, après de violentes attaques allemandes et les répliques de nos défenseurs, le sort des armes bascule à l’avantage de nos troupes.

L’offensive  décisive est déclenchée.

 brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligneLa position de Craonne(*) (en Belgique) est un objectif pour les 4ème et 24ème régiments de ligne, puis c’est l’attaque sur les tranchées du Tour. Le 11 septembre, ce sont les combats devant  la ferme Papegoed. Le terrain où se fait remarquer Henri Juckler par son cran,  « une intrépidité, un mépris du danger ». Henri sera cité à l’ordre de la division.

Durant la guerre, des noms ont été donnés à certains lieux par les troupes alliées.  Craonne, (en souvenir de la première bataille de la Marne?), Alesia, carrefour de Londres, ferme d'Islande.. selon qu'ils ont été donnés par les Français ou les Belges voire les Britanniques.

Une carte datant de 1917, carte servant au 233ème régiment d'infanterie français occupant le secteur.

La grande offensive continue. Les Allemands reculent non sans opposer de violentes répliques. Leur artillerie est encore très efficace et pose encore bien des problèmes à notre infanterie qui avance en terrain découvert.

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 brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligneCité le 3-11-1918 et décoré de la Croix de guerre avec lion en argent, le 3-6 19.

 Le 28 août 1918. « Le terrain de l’attaque, complètement dénudé, criblé de trous d’obus presque jointifs, ravagé par des pilonnages successifs de 1917 et1918, évoquait l’image de paysages lunaires troués de cratères bossués et chauves et offrait des difficultés sérieuses à la progression. D’autres parts, les Allemands l’avaient organisé formidablement pour la défense. Ils avaient échelonné six lignes de résistance successives. Le 28 septembre, à 2h 30, 1104 pièces d’artillerie belges, françaises et britanniques de tous calibres, ouvrent le feu. Pendant trois heures, le tonnerre gronde. A 5h 30, l’heure H sonne, la 7ème division (formée du 4ème, 23ème et 24ème régiments de ligne) s’attaque à la position formidable qu’est la forêt de Houthulst ». Album des Croix du Feu, extrait.

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La forêt de Houthulst combien de morts? Combien de blessés qu'il faut transporter vers les postes de secours.

Après les combats, la recherche des corps.

brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne  Le 28 septembre 1918, donc, les lignards des 4ème, 23ème et 24ème de ligne doivent enlever « la meurtrière, l’imprenable forêt d’Houthulst, vraie forteresse contre laquelle se brisa l’offensive franco-britannique en octobre 1917 ( ) cette forêt constitue un fouillis inextricable d’arbres mutilés, déracinés, enchevêtres que des réseaux de fils de fer entremêlent de leurs lacets capricieux. Et sous tout cela, des embûches cachées, des trous d’obus, des eaux croupissantes, des nids masqués de minnenwerfers, des mitrailleuses qui, perfidement embusquées, attendent le moment de déclencher leurs fauchaisons meurtrières ».

« Notre avenir est devant nous, sur ce sol labouré et stérile où nous allons courir, la poitrine et le ventre offerts.

Gabriel Chevalier, La peur, p.98

Le 29 septembre, les 4ème, 23ème et 24ème de ligne achèvent la conquête de la formidable forêt d’Houthulst et poussent jusqu’au ruisseau Zarrenbeek, après s’être emparé du village de Stampkot ». Le soir du 30 septembre, nos troupes se trouvent en contact avec la position de repli construite par les Allemands en 1917, la fameuse Flandernstellung I et la non moins terrible position Hildenburg. Henri Juckler y est présent. Un combat terrible, à la mesure de l’enjeu que représente cette forêt au milieu de la plaine flamande : «Les compagnies accomplirent sur ce terrain ravagé, semé de mille pièges, une marche lente, farouche, obstinée. L’artillerie d’appui  n’ayant pu progresser, ce fut à un certain moment, pour les compagnies de première ligne, la lutte pas à pas dans toute son âpreté ( ) les pelotons des deux régiments jalonnaient leur itinéraire de morts et de blessés ». Les brancardiers font  preuve de courage pour aller  rechercher les blessés sur le terrain alors que balles et les obus cherchent encore des victimes. La bataille tourne à l’avantage de nos armes. Les Allemands abandonnent la position.

brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne  Mais la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1918, alors qu’Henri Juckler se trouvait avec sa section près de la forêt de Houthulst, des tirs d’artillerie ennemis atteignent les baraquements « où nous étions cantonnés ». On dénombre plusieurs victimes. Henri Juckler se porte à leur secours. Dans la matinée du 1er  octobre, le transport des blessés s’effectuait lorsque le tir recommença, atteignant de nouveau les blessés. Des blessés et des morts ! Encore!

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Combien de croix jalonneront l’avance de nos troupes ? « Deux branches en croix, un nom, une date…». « Combien grifferont l’herbe des fossés » écrit M. Genevoix ( Ceux de 14).

Le 24ème de ligne comptera beaucoup de victimes, tuées, blessées ou disparues, lors de cet assaut. Le nombre d’officiers tués en commandant l’attaque, sans compter les blessés,  donne une idée de la violence des combats et du nombre de soldats restés couchés sur les terres flandriennes à peine reconquises.

Fernand Bacq, médecin belge, soignant à l'hôpital de Dinard. Rien à voir avec Fernand Bacq, de Bois-de-Villers,  étudiant en médecine avant la guerre et fait prisonnier lors de l'attaque de la ferme La Violette en 1914. De curieuses coïncidences! Voir  p.sur les combats de  Keyem

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Les officiers du 24ème régiment de ligne, morts au combat de Houthulst.

 « C’est en les soignant que je fus atteint au pied gauche d’un éclat d’obus ». Dans un premier temps, il est pris en charge par le médecin du poste de secours des premières lignes, le docteur Fondair, médecin du régiment, puis est transféré vers l’hôpital de la Porte de Gravelines à Calais où il est déclaré « petit blessé ( ) avec une plaie par éclat d’obus au bord externe du pied gauche, sans lésion osseuse » mais il en gardera néanmoins des difficultés à se déplacer par « marche prolongée ». (Il obtiendra 35% de titre d’invalidité).

"Très bon soldat-brancardier, d'un moral très élévé, il était un exemple de courage et de  dévouement et a été blessé lors de l'attaque de la Flanderstellung le 1/10/1918, en allant secourir des blessés de premières lignes".

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"Le militaire dont il est question ci-dessus est digne d'obtenir une distinction honorifique"

La photo d' Henri , remise lors de sa demande, accordée, de la décoration de la Croix de Feu.

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L'hôpital de Gravelines et un aspect méconnu des soins y apportés... la lessive du linge....et des chaussettes!

Le 7 octobre, il est transféré à l’hôpital de Dinard et y reçoit les soins du docteur Fernand Bacq. Il y entreprend sa convalescence pendant 25 jours et le 13 décembre 1918, il rejoint le CIBI à Furnes pour enfin terminer « son service (engagement)», vu son invalidité, comme aide-comptable à l’hôpital de Calais jusqu’au 31 janvier 1919, totalisant 1 an 10 mois et 23 jours de présence au front. Le 31 janvier 1919, il est démobilisé.

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"A toujours fait preuve de beaucoup de courage et de dévouement, il réconfortait ses camarades par son bon moral".

 

Reprendre ses études

 Il reprend ses études qu’il finalise en Espagne, à Fuenterrabia. Reçu comme diacre dans un premier temps, il est ordonné prêtre le 18 décembre 1920, en la cathédrale de Vitoria (Espagne). L’année 1921 le voit nommer professeur au collège Notre-Dame à Betharram (Lourdes) et ce, jusqu’en 1925.

brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne Durant son séjour dans les Pyrénées, il constitue un dossier d’invalidité et fait constater les séquelles de sa blessure. C’est le docteur Lacq (de Nay, Basses-Pyrénées), qui l’ausculte. Vu son éloignement, c’est son frère Valère, habitant toujours à Lesve, qui entreprend la plupart des démarches auprès des ministères. Ce qui occasionnera quelques confusions chez le fonctionnaire , Qui est ce soldat brancardier, Henri ou Valère? Valère, inconnu au régiment!

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Malgré les précautions prises par le demandeur, un employé du Ministère confondra les deux frères, Valère Juckler n'est pas connu comme soldat au 24ème régiment de ligne!

Retour aux sources

Sa terre natale lui manque-t-elle? Désire-t-il donner une autre orientation à sa vie religieuse ? Toujours est-il que le 24 janvier 1926, il sollicite et obtient  un «  indult d’exclaustration »  pour un an.

« Une exclaustration est une autorisation officielle accordée à un religieux de vivre, pour un temps défini, à l’extérieur de sa communauté religieuse. Elle ne peut être prorogée au-delà de trois ans sans autorisation spéciale du Saint-Siège. S’il s’agit d’un prêtre l’accord de l’évêque du lieu où il va résider est nécessaire.

brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne  Ce qui lui permet de revenir près des siens et d’intégrer le clergé séculier namurois. Dans un premier temps et après avoir justifié de ses compétences théologiques, « certifie sur la foi de témoin que l’abbé Juckler a passé après sa prêtrise, les examens de théologie exigés par le droit et par nos institutions, { }quant à moi je fus le témoin d’une soutenance de thèse au milieu de la communauté et je me rappelle que vraiment, il fut remarquable. Ses condisciples s’accordent à dire qu’il fut un des meilleurs parmi eux ».

Signé Eug. Suberbielle, secrétaire général, vu et approuvé par H. Paillas, SCJ, supérieur général.

Henri Juckler transmet son dossier à l'évêché de Namur

"Je supplie votre Sainteté" écrit-il au pape en 1927. Pour obtenir son "congé" pastoral, il doit obligatoirement recevoir  l'autorisation papale. Extrait du brouillon rédigé par J. Schmitz, alors secrétaire de l'évêque.

brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne  L'évêque de Namur le nomme  vicaire à Wépion. Il demande en 1927, une prorogation de son « congé »  car écrit-il, « sa santé de s’étant pas suffisamment rétablie (séquelles de la guerre) et afin de pouvoir, pour le bien-être des âmes, se livrer au ministère que lui a confié Mgr Heylen ». Conscient de ses difficultés d'adaptation, le prêtre montre une volonté de bien faire. L’évêque l’aide à s’intégrer mieux dans la démarche pastorale du diocèse où « son savoir-faire des âmes » ne cadre pas (encore). La cause? « Une formation un peu tronquée que l’on trouve généralement chez les anciens religieux » écrit l’évêque de Namur. C’est un bon prêtre plein de bonne volonté mais qui est un peu désarçonné par les différences entre l’esprit dans lequel il a été formé et la sensibilité belge. Il sera aidé dans son évolution par le doyen de Fosse à qui l’évêque conseille, « vous pourrez achever cette formation tronquée que l’on trouve généralement chez les religieux qui entrent chez nous ». L’évêque est attentif au cheminement de son nouveau pasteur. Outre le fait qu’Henri Juckler n’aie pas suivi le cheminement normal pour devenir prêtre, le passage dans les tranchées et le vécu militaire de l’homme ont certainement marqué son esprit. On ne sort pas indemne d'un tel cataclysme. Ce qui ne faciliterait pas une douce intégration. La littérature publiée sur le sujet montre à quel point beaucoup de soldats sont revenus traumatisés par la férocité de cette guerre. Et comme brancardier, il a dû certainement être confronté à des situations horribles.

 brancardier, la foret de Houthulst, l'offensive libératrice, octobre 1918, Lesve, Arbre, Besinne, paroisse, curé de Wépion, 24ème régiment de ligne Le prêtre va connaître plusieurs paroisses avant de s’établir définitivement. Il sera en 1926 le châpelain à Marlagne à Wépion.Comme vicaire à Wépion en 1926, il a certainement été le témoin des fortes inondations.

Photos de la chapelle de Marlagne, ancienne chapelle dans la clôture des Carmes Déchussés installés à Wépion en 1618 sous l'égide des Archiducs Albert et Isabelle. Les inondations du ruisseau la Marlagne. Quelques mètres avant de se jeter dans la Meuse.

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1926, le vicaire Henri Juckler célèbre

deux mariages dans l'église du Vierly à Wépion

 

 

 

 

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En 1928, il est transféré comme vicaire à Cul-des-Sart, en 1929, il est à Velaines-sur-Sambre puis en 1935 à Fosses-la-Ville et enfin, en 1937, il a en charge la pastorale de la paroisse de Pry et y restera jusqu’en 1968. Année où il demande d’être relevé de sa fonction. « L’âge et la santé » donne-t-il comme justification. Cela lui est accordé en 1969. Il restera au village jusqu’en 1974, date de sa mort. Il sera enterré à Fosses-la-Ville. Sa nécrologie donne une idée de son caractère: "cétait un prêtre franc et direct, énergique dans sa vie, ferme dans sa foi".

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Un baptême célébré par le curé de Cul-des-Sart, l'abbé H. Juckler

 

Un extrait du  journal Vers l'Avenir du 30/10/1974.

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Vital Hennaut,  le second enfant de choeur que nous avons situé  sur la carte postale colorisée est lui aussi devenu prêtre et en mai 1940, il officie comme aumônier dans le fort de Marchovelette.

Voir la page sur le village de Lesve,

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Sources

Archives de l'évêché. Merci au Chanoine D. Meynen

Archives des paroisses de Lesve et de Wépion

Dossier personnel du prêtre H. Juckler

Archives militaires, notariat, Evere, le dossier militaire du brancardier  H. Juckler et de Vital Hennaut

Nos Héros morts pour la patrie , A. Lyr, les photos des officiers du 24ème régiment de ligne.

Album des Croix du Feu, photo de H. Juckler et certains extraits de textes.

Archives de la commune de Lesve, les ausweis attribués à la population en 1915.

Photos

Merci  à Mme Brasseur, paroisse du Vierly  et à l'abbé Ozer, curé de l'actuelle paroisse de Cul-des-Sart pour avoir donné une suite favorable à ma demande

Merci à M. Bonjean pour m'avoir donné les liens avec la paroisse wépionnaise.

Cartes postales anciennes et colllection privée.

La photo des brancardiers, Bidic, argonaute.u.Paris. 10 FR.

http://calais-pendant-la-guerre-14-18.e-monsite.com/pages/hopitaux-belges-anglais-et-francais-a-calais-pendant-la-guerre-14-18.html,

avec la permission du webmaster. Photos de l'hôpital de Calais.

Carte d'état-major sur la région de Papegoed, Mémoire des hommes, JMO du  233ème RI.

15:51 | Lien permanent

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