06/02/2017

Lesve 1903, une école internationale., des Français, Anglais, Espagnols, Italiens, Suisses, Américains et deux Belges.....

ecole de Lesve, Betharram, congrégations des pères du Sacré Coeur, enseignement catholique, juvenat, séminaire, missionnaire, prêtre 1903, suite aux lois anticléricales déposées  par Emile Combes, les congrégations religieuses « tenant des établissements d’enseignement privés tenus par un personnel religieux » se voient contraintes de fermer leur établissement voire de quitter la France.

Les réactions sont virulentes." Jour de deuil"  titre le journal La Croix.

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Le   "père Combes" voulant attraper les  élèves

dessin satirique de l'époque

La première page du journal La Croix

 

Deux institutions religieuses, parmi tant d’autres,  visées par cette loi optent pour un exil en Belgique et c’est de la sorte que deux villages de notre commune actuelle les accueilleront; Burnot abritera des religieuses originaires de Reims, Lesve hébergera les pères du Sacré Cœur de Jésus, venus de Betharam (Lestelle-Lourdes). Ces derniers s’installeront donc dans le château de Lesve avec leurs élèves pour la plupart originaires de la région pyrénéenne mais également venus de pays étrangers :Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Suisse, USA...

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  Georges  Lyth, né le 27/11/1891 et son frère  William, né le 11/04/1899 à Stockton on Tean, Angleterre. On note également la présence de Walter Wilbur, né le 28/01/1897 à Leicester (Earl Hilton) et de Benjamin Norman, né le 15/11/1897

 Tous ces élèves  fréquenteront cet établissement scolaire particulier dont le but est de former, dans leur « alumnat » (et selon les vœux prononcés),  de futurs religieux, prêtres, missionnaires voire  frères au service de la communauté.  (l’alumnat est leur établissement d'instruction secondaire réservé à leur propre recrutement).

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 Dès leur arrivée en 1903, sept professeurs, sous la direction du père Costedoat, reprennent l’instruction des élèves qui les ont accompagnés dans leur exil. D’autres professeurs viendront, par la suite, étoffer le corps enseignant, dont le père François Carrère que nous allons rencontrer lors des événements d’août 1914. Les enseignants viennent d’horizons différents à l’instar de ce Léon Dutary, né à Buesnos-Aires, le 11 avril 1868. Selon les archives, 24 prêtres, 12 frères encadraient, en 1906, 18 élèves : 14 Français, 2 Belges (dont  Henri Juckler de Lesve) et 2 Anglais. En 1911, la présence d’Henri Juckler est avérée car, né en 1893, il termine ses études primaires en 1905 puis débute ses études secondaires chez les pères.

Henri Juckler.  http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/archive/2017/01/08/un-brancardier-blesse-en-octobre-1918-le-parcours-particulie-8688288.html

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 Une partie de la liste des élèves. On note des élèves français originaires d'autres départements que ceux des Hautes et Basses Pyrénées.Exemples, la Gironde, les Basses Alpes.....

Malgré le fait qu’en 1907 un assouplissement des lois permettra la réouverture partielle du juvénat à Betharram, la communauté ne quittera pas notre village.Même si la colonie française reste à Lesve, les portes de son collège à Betharram réouvriont et accueilleront de nouveaux élèves. Il semblerait d'ailleurs qu'Henri Juckler soit parmi ces élèves.

La communauté s’intègre dans le village. Des contacts se nouent avec la population et, encore en 1921, même après leur retour en France, quelques familles garderont des contacts épistolaires avec l’un ou l'autre religieux. Plus tard, des villageois profitant d'un pélerinage à Lourdes se rendront  à Betharram. La famille du cordonnier Pochet est de celles-là.

 ecole Saint Joseph, école Saint Joseph de Lesve, château de Lesve, Betharram, congrégations des pères du Sacré Coeur, enseignement catholique, juvenat, séminaire, missionnaire, prêtre   Janvier 1921«  quels charmants souvenirs vous réveillez en moi Et de fait, comment voulez-vous qu’on oublie ces longues et intimes causeries où l’on se taquinait si aimablement, ces accueils si cordiaux qui nous donnaient l’illusion d’être chez nous, dans la patrie, dans la famille. Cela voyez-vous, on ne l’oubliera jamais. Aussi est-ce de tout cœur que je vous souhaite aussi la plus heureuses des années. Conservez tous cette bonne santé sans laquelle {  } Que madame Pochet… puisse bientôt voir la maison se peupler d’avantage car il faut bien qu’Alvinie donne à son papa et sa maman quelques petits-fils à aimer, il faut bien qu’Octave et Louis songent aussi aux futurs berceau { } Comme vous dites, je ne sais si(il me sera jamais donné de revenir un jour dans ce beau pays de Lesve où j’ai vécu 15 de mes meilleurs années où j’ai laissé tant d’amis et de sympathies. Mais vous, mais vous, vous viendrez certainement à Lourdes. Or entre Lourdes et Betharram, il n’y a qu’une petite demi-heure de chemin de fer. Et vous retrouverez ici à peu près toute la colonie que vous avez connue à Lesve même le frère Jacques qui n’a pas grandi réchauffiez avec un beau morceau de tarte et quelques verres de ce joli bordeaux qui mettaient la joie et le soleil dans le cœur ?.mais qui a grossi encore davantage. Vous retrouver,  ici les vieux amis qui vous faisaient si souvent visite et que vous". 

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 La famille Pochet qui a reçu la lettre du père Carrere

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 Joseph Pochet, cordonnier et un de ses fils.  La famille habitait "aux Anges". Selon la lettre, il y  aurait  deux garçons, Louis, né en 1896 et Octave, né après 1896.

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Alvina Pochet , son acte de naissance, le 23 novemebre 1893 à neuf heures du matin acte de naissance de Alvine Cécile Antoinette Marie Gislaine Pochet, à 1 heure du matin, fille de Pochet Joseph âgé de 36 ans, profession de cordonnier  demeurant à lesve et de Anastasia Pochet âgée de 32 ans, profession de ménagère demeurant à Lesve. le sexe de l'enfant qui a été présenté  a étré reconnu être féminin. premier té"moin Tonne Henri, âgé de 58 ans, profession de scieur de long, second témoin, Misson Joseph, âgé de 57 ans, profession de cultivateur. Constat suivant la loi par moi Misson Gustave, échevin délégué faisant les fonctions d'officier public de l'état civil de la commune de Lesve.

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L'arrêt du tram vicinal aux Anges.

 

Que de souvenirs donc restent encore vifs dans les mémoires. Des souvenirs qui se concrétiseront par une visite à Lourdes. Comme pour donner raison au père Carrère.

"Mais vous, mais vous, vous viendrez certainement à Lourdes. Or entre Lourdes et Betharram, il n’y a qu’une petite demi-heure de chemin de fer. Et vous retrouverez ici à peu près toute la colonie que vous avez connue à Lesve même le frère Jacques qui n’a pas grandi mais qui a grossi encore davantage".

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 Photo avant 1930 (sans précision) et photo actuelle. l'entrée de la basilique de Betharram

Car la communauté faisait vraiment partie de la vie du village.

 

 

ecole Saint Joseph, école Saint Joseph de Lesve, château de Lesve, Betharram, congrégations des pères du Sacré Coeur, enseignement catholique, juvenat, séminaire, missionnaire, prêtre   A certains moments de la journée, il n’était pas rare de rencontrer dans les rues du village, les élèves et leurs professeurs qui se rendaient à la « croix du vieux Bon Dieu de fer » pour y réciter leur chapelet. A chaque occasion, les religieux apportaient de l’aide aux familles pauvres, invitaient les enfants des écoles du village aux représentations théâtrales des collégiens et le facteur était accueilli par une tasse de café lors de sa tournée. Cette présence générait également de l’emploi parmi les villageois, les artisans locaux étaient sollicités et les villageoises, femmes au foyer pour la plupart, qui  étaient embauchées pour l’entretien du linge de maison et des lieux de vie voire également la préparation des repas, y trouvaient une source de revenus non négligeable. Des villageoises qui assurent les services ménagers, lessive, repassage, couture, la cuisine et l'entretien des locaux... De G à Dr. Mesdames Noëlle Defosse, Céline Lecuyer, Adèle Ronval et Marie Warnant

Des décès au village

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   Pendant leur séjour en Belgique, 5 religieux décéderont à Lesve et seront inhumés dans le caveau de l’institution, encore visible dans l’ancien cimetière.

Le 10 mars 1906, Jean-Baptiste Guilhahanquy religieux, âgé de 75 ans, originaire de  Bugnein, Basses Pyrénées

Le 4 mai 1906, Hypolyte Coumes, religieux, âgé de 41 ans originaire du Mans (Sarthes)

Le 8 août 1907, Pierre Domenjean, frère religieux, instituteur, âgé de 64 ans, originaire de Castetis, Basses Pyrénées.

Le 7 janvier 1908, Auger Lafont, religieux, âgé de 75 ans, originaire de Labastide, Basses Pyrénées.

Le 7 septembre 1908, Pierre Eustache Encasteig, âgé de 38 ans, mort à Soneberg en Alsace mais inhumé dans le caveau à Lesve.

Le 17 novembre 1918, Jean-Louis Langa, en religion Frère Louis, âgé de 49 ans, né à Mazerolles, Basses-Pyrenées.

Lorsqu’on visite le cimetière de Betharram, on retrouve les sépultures de quelques religieux venus à Lesve.

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Nous n'avons pas retrouvé la tombe de l'abbé Carrère. En visitant le cimetière, on peut se faire une idée du rayonnement de l’institution dans le monde. Des missionnaires et des prêtres inhumés dans ce cimetière sont allés en mission en Amérique du Sud, au Japon, en Australie, en Afrique….

L’abbé Petit, curé de la paroisse, note également dans son registre des décès, le nom d’un jeune adolescent de 13 ans, Albert Houcarde, décédé lors de sa scolarité à Lesve. l'acte du registre de l'Etat civil de la commune de Lesve.

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 La communauté religieuse et la guerre

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   Lorsqu’éclate la guerre en août 14, les autorités belges font appel à toutes les institutions religieuses pour qu’elles mettent à leurs dispositions des locaux pour y installer des postes sanitaires. Le père Costedoat, tout comme les religieuses de Burnot, répond favorablement à cette demande.

Toutefois, il constate certaines contingences qui le restreignent dans son offre.

« la présence de nos élèves qui déjà occupent toute la maison et l’insuffisance de notre personnel, l’éloignement des villes où nous trouverions les médicaments imposent des limites à notre bonne volonté. Mais c’est de tout cœur que nous ferons ce qui est en notre pouvoir. Nous pouvons offrir six lits. Les blessés seraient dans des chambres où nous les soignerions comme nos propres malades mais sans pouvoir organiser un service d’ambulance n’ayant aucun véhicules pour prendre les malades à la station (gare du vicinal) ou ailleurs et ne pouvant donner des soins qu’à l’intérieur de la Maison ».

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L'entrée actuelle  du château occupé par les pères en 1903-1919

 

Pris comme bouclier humain

Le père Carrere, qui sera pris en otage pour servir de bouclier humain, a laissé un témoignage particulier sur cet épisode.  Un des paragraphes de son témoignage  mérite que l’on s’y arrête.

C’est le 23 août, déclare-t-il «  vers 4 heures du soir, quelques blessés sont déjà ici.

ecole Saint Joseph, école Saint Joseph de Lesve, château de Lesve, Betharram, congrégations des pères du Sacré Coeur, enseignement catholique, juvenat, séminaire, missionnaire, prêtre   Le docteur (de Hemptinnes) me demande de l’accompagner chez lui où il pourra prendre sa trousse. Comme la fusillade proche fait rage  et que quelques balles même s’égarent dans notre parc, on me dit, N’allez pas par là, je vais quand  même. Parvenus au coin du parc où les chasseurs français avaient pratiqué une ouverture, nous apercevons derrière la haie qui borde le sentier menant aux Volées,, tout près de la chapelle Saint Roch, un officier avec une mitrailleuse à côté de lui, dissimulé derrière le buisson. Il regarde avec des jumelles la route de saint-Gérard, probablement pour se rendre compte du nombre de Français postés près de la Chapelle aux Loups. L’officier, en gris, n’a pas de casque à pointe, et comme on a parlé d’Anglais proches, je le prends pour tel et je lui demande « Are you English ? » Violemment ennuyé, il me fait signe avec la main de partir. Je compris que c’était un Allemand. Alors demi-tour vers la maison de Hemptinne mais nous apercevons devant nous, à peu près de la maison Philéas, une colonne allemande, fantassins cavaliers et canons qui s’avancent en encombrant la route. Nous battons sans nous presser en retraite et nous rentrons chez nous. On nous avait aperçus car à peine avions-nous fait une dizaine de pas que deux uhlans à cheval pénêtrant dans notre prairie et nous crient « Halte otages ». Immédiatement, le chef, revolver au poing braqué sur nous, jure et menace. En même temps, les soldats brisant les vitres avec la crosse du fusil pénètrent dans la maison, la visitent et finalement y mettent le feu avec une essence contenue dans des bidons. Derrière nous les maisons de Hemptine, du … ?.. de l’instituteur commencent à brûler. Nous marchons vivement en tête, pressés, bousculés et sans cesse menacés et injuriés par le chef qui est toujours furieux. Halte de quelques secondes  devant la maison Siplet ? Va-t-on la brûler ?

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 ecole Saint Joseph, école Saint Joseph de Lesve, château de Lesve, Betharram, congrégations des pères du Sacré Coeur, enseignement catholique, juvenat, séminaire, missionnaire, prêtreEt reprise violente de la marche devant l’église (chez) Lefebvre Juliette, devant le chalet, le château, on descend vers les Vermeulen, on passe devant la mare et des granges pour s’engager dans le chemin de Bioul, toujours pressés et insultés par le chef. Arrivés au bouquet de tilleuls, halte, canons et cavaliers restent dans le chemin creux, les fantassins se couchent mais deux soldats et le chef nous conduisent à 150-200 m du chemin dans les champs qui s’allongent vers la route de Saint-Gérard. Grèle de balles qui sifflent à nos oreilles. Le docteur a une violente crise  de cœur, il me demande un mouchoir, je le lui donne. Alors on nous sépare, le chef et un soldat se mettent derrière moi, un autre soldat debout derrière le docteur. Comme les balles sifflent toujours, je regarde devant moi et je vis une petite compagnie de Français  cachés sous les tilleuls de la chapelle aux loups. Ce sont eux qui tirent. Reconnaissant sans doute des civils, ils cessent le feu. Et puis entourés de milliers d’Allemands que nous voyons dévaler des Volées, ces soldats agitent le drapeau blanc. Aussitôt le chef allemand s’avance à la rencontre du chef français suivi d’un soldat. Ils parlementent quelques secondes. Les autres français approchent et sont désarmés. Le chef allemand vient vers nous radouci « Vous allez passer par là et on vous dira ce que vous avez à faire. Un officier cycliste nous accompagne à travers champs, coupant en oblique, jusqu’au point où la route de Saint-Gérard touche au chemin de peupliers qui longe notre parc, notre jardin et abouti chez Vermeulen (la ferme El vau) . A ce point, plusieurs compagnies allemandes défilent devant nous, en général silencieuses et respectueuses, quelques soldats seulement ».

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La guerre a obligatoirement affecté la communauté car nourrir et soigner autant de jeunes adolescents a  certainement  posé d’énormes  problèmes d’intendance. . Malgré cela, les religieux resteront chez nous jusqu’en 1919. Un départ qui a été, sans nul doute, un  déchirement pour certaines familles.  Une perte financière pour d’autres.

Un détail relevé dans les documents de famille,  les pères élevaient un troupeau d'oies... Par  habitude ou pour s'offrir une petite gourmandise bien compréhensible...? Le confit d'oie est une des spécialités de leur région.

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Carte postale ancienne, détail.

la famille Vermeulen, la maman et les trois filles.  Revenant du village, elles regagnent la ferme El Vau, à côté du château occupé par les pères.

 

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Carte postale ancienne, détail.

Le centre du village de Lesve, la route menant à Saint-Gérard

 

 

Sources

Archives de familles de Lesve

Archives communales de Lesve, registre des naissances et des décès.

Archives de l'Evêché, la paroisse de Lesve,

Photos personnelles.

merci aux Pères de Betharram pour leur aide. 

La photos des villageoises travaillant au château,  document de "Souvenirs de Lesve" de M. José Toisoul.

Cartes postales anciennes, (collection de la famille)
 

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