07/03/2017

En moins d'une semaine, 15 500 prisonniers parmi les défenseurs de la position fortifiée de Namur

 prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster, Combien de « nos » villageois ont-il connu les camps de prisonniers en Allemagne ? Les archives ne donnent pas, à l’heure des dépouillements entrepris, de chiffres certains. Toutefois, sur les 216 concitoyens  dont nous avons pu retrouver les traces dans les archives militaires (216 retrouvés sur une estimation de 400 pour les 6 villages), ils seront 70 (connus) à avoir été capturés lors du siège de la position fortifiée de Namur. D’autres avaient déjà connu ce sort à Liège, plusieurs encore vivront les mêmes affres  à Anvers, les derniers, enfin, avant la fixation du front sur l’Yser, lors des combats de Keyem, Beerst, Dixmude, Tervaete.... Lorsque le front, la guerre de tranchées, sera stabilisé, les prisonniers seront plus rares. La plupart de nos concitoyens aspirés dans les tourbillons de ce terrible conflit  étaient présents à Namur, beaucoup dans les garnisons des forts, dans les troupes de forteresse et dans la 4ème division de campagne.

  C’est dire si la saignée sera importante et si leur captivité sera longue, presque cinq ans derrière des barbelés,

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster, 5 années avant de revoir les siens, sans voir grandir ses enfants, sans être présent pour le décès d’un parent, 5 longues années en laissant une épouse supporter seule la conduite du ménage, des années à vivre dans des conditions misérables.

Le premier prisonnier de notre commune

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Le premier à avoir ouvert cette triste liste est Georges Depaire, un habitant de Profondeville,  sergent fourrier au 12ème régiment de ligne, présent à Liège et qui, le 5 août, "Etant en patrouille aux environs de la Citadelle et aux abords de la ville de Liège (Herstal Vottem Sainte Marguerite), (a)  été surpris la nuit, vers 1 heure du matin par un poste ennemi installé sur la route à la sortie  de la commune  de Ghlin.

http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/archive/2014/04/20/geor...

Cartes postales sur les camps de prisonniers.

 

Ceux de la PFN, position fortifiée de Namur.

La garnison de Namur le 4 août 1914.

 prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  Quelques chiffres afin de se faire une idée du nombre des pertes enregistrées  pendant la défense de la position fortifiée de Namur et lors de la retraite vers Rouen. 

Le 4 août 1914, les effectifs des défenseurs étaient de  745 officiers pour 38 285 sous-officiers, caporaux et hommes de troupes. 

Face à ces 39.000 soldats, une armée allemande qui,  le 23 août, au plus fort de sa poussée, compte 153.000 soldats et 596 pièces d’artillerie. Un contre quatre !

Après la retraite, le 31 août, « les forces regroupées à Rouen, ainsi que celles faisant partie du détachement d’opérations s’élevaient à 15.000 hommes environ ». Néanmoins, ces « effectifs s’accrurent journellement par la rentrée de détachements et surtout de très nombreux isolés ». Environ un millier d’hommes ont rejoint tardivement la 4ème division. Ce qui donne un total de plus ou moins 16 000 officiers, sous-officiers, caporaux et hommes de troupes..Les effectifs grossiront encore durant le mois de septembre car « 4500 hommes environ dispersés au cours de la retraite cherchèrent à rejoindre isolément l’armée de campagne. Deux mille d’entre eux ayant réussi dans leur effort rentrèrent individuellement  à Anvers dans le courant de septembre 1914 ayant franchi les lignes ennemies de l’Entre-Sambre-et-Meuse et traversé la Belgique centrale ». Les chiffres varient quelque peu suivant la source, néanmoins, il n’y a pas de grandes différences dans l’estimation des forces de la 4ème division. Pour la période  entre le 18/19 août, date du début de l’attaque de Namur et le 31 août, date d’un dernier bilan avant d’embarquer au Havre, la position de Namur a perdu plus de 16 500  hommes

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1000 tués,

Combien de disparus ?

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Cimetière de Marchovelette, nombreuses sont les tombes de soldats inconnus.  Le 20 mai 1915, Alfred Vincent du 13ème de ligne était toujours considéré comme disapru.

15 500 ! Les circonstances de leur capture

 prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  Le caractère inédit de cette guerre modifie les codes tactiques. Une défense appuyée sur des forts ne peut plus, vu la puissance des calibres d’artillerie utilisés, résister très longtemps. Les fantassins des interlignes ne profiteront que peu de temps de la sécurisante présence d’une forteresse. Si l’on se base sur les moyens de destructions fournis par une artillerie dont les pièces ne dépassaient pas un calibre de 210mm, ces 9 forts devaient, au moment de leur conception, retarder tout en appuyant l’infanterie retranchée dans les intervalles. Les 305mm et 420mm allemands en ont décidé autrement en pulvérisant littéralement leurs épaisses murailles.

L'explication donnée après la guerre sur la résistance des forts.

Ceux de Liège ont tenu plus longtemps du fait que les  Allemands n'avaient pas amené leur artillerie lourde au début du siège. Par contre à Namur, fort de leur expérience à Liège, l'artillerie lourde entra directement en action.

Le fort de Maizeret  est, le premier,  réduit au silence après un violent bombardement de 305 et 420mm. Ne pensant pas avoir déjà atteint leur objectif, les Allemands tardent  à donner l'assaut. Le commandant du fort, après l'avis de sa hiérarchie,  en profite pour se  soustraire à l'ennemi. Tous les artilleurs du fort rejoindront Rouen.

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,   Le triangle ABC, l'angle d'attaque de l'artillerie allemande durant la journée du  vendredi. Les dégâts au fort

 

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A l'inverse,  ceux du fort de Malonne ont abandonné la position avant le combat. Le commandant et les quelques hommes restés en place furent faits prisonniers.

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Toute résistance étant devenue impossible, la garnison traversa les lignes de défense avant d'arriver à Loyers.

Dans 7 des 9 forts donc,  des garnisons, de 300 à 400 hommes suivant l’importance du fort, furent capturées après 3 ou 4 jours. Ce qui donne déjà un total de plus ou moins deux milles hommes nombre duquel il faut retirer hélas: une centaine de morts à Marchovelette, une vingtaine à Cognelée, les 6 morts à Andoy. Pour Suarlée, on ne connaît pas le nombre d’ensevelis sous les décombres.  A Dave, aucun décès, à Saint-Héribert, un seul, mort des suites de ses blessures, mais un autre soldat décédera en Allemagne dans les premiers jours de sa captivité.

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Un autre fort détruit sous le bombardement des 305 et 420 mm. Ce serait Suarlée.

Photo journée du patrimoine 2007 et exposée lors de la journée au fort de Cognelée organisée par l'ASBL "Les Amis de la Citadelle".

Mais bien vite après le déplacement du front vers la France, les Allemands ont réhabilité les forts. La main d'oeuvre réquisitionnée sur place assura le déblaiement. Les ingénieurs de Krupp vinrent installer de nouveaux canons.

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Le fort de Cognelée, les dégâts aux coupoles de tirs  et avant la guerre.

Les garnisons des forts.

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 Le Comité international de la Croix-Rouge (Genève)  dispose dans ses archives  des fiches d'identité de (tous les?) prisonniers. Un extrait d'une de ces nombreuses énumérations.  On y retrouve des servants de tous les forts de Namur, sauf celui de Maizeret. On note même la présence d'un des rares soldats du fort de Malonne, un des seuls à être resté avec  son commandant. Et un des survivants de Marchovelette.

Une remarque, le fort de Saint-Héribert est parfois repris sous la dénomination de BOIS-de-VILLERS. C'est le cas dans cet extrait.

 

 prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster, Malgré l'épaisseur du béton et la couverture de terre, les obus de 900 kg (du 420mm) ont déstabilisé les structures mettant la vie des défenseurs en danger. Omer Mottin de Bois-de-Villers y perdit la vie.

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Un nombre important villageois rappelés sous les drapeaux  servaient dans ces forts. La plupart à Saint-Héribert, plusieurs à Dave et dans une moindre mesure à Andoy et Cognelée. Il y aurait eu un mobilisé originaire  de Profondeville ayant servi à Suarlée.

Ceux de Saint-Héribert

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Pour chaque fort, il est possible de reconstituer les garnisons. Il "suffit" de reprendre toutes les listes de prisonniers dans es archives de la Croix-Rouge internationale. Un travail entrepris pour Saint-Héribert mais qui sera de longue haleine... +/-400 noms à retrouver!

Un extrait d'une liste Des artilleurs de différents forts, parmi eux , trois sont originaires de Bois-de-Villers.

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A gaucheBacq Ernest,

A droite, Devignes Fernand

le 3ème dans la liste

Louis Ernest, 2ème à droite sur la photo.

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Les pelotons d'infanterie dans les forts

Briot Arsène et Crespeigne Emile (Arbre) et bien d'autres. Tous ont « été faits prisonniers dans des conditions honorables »;

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prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster, Bien que servant dans le fort de Dave, Emile Crespeigne et Briot Arsène ne sont pas  artilleurs. Ce sont des  fantassins du 13ème de ligne. Un régiment  qui a détaché dans chaque forteresse, un peloton fort d'une septantaine voire 80 soldats pour assurer la défense rapprochée de la position. Lors des assauts, ces soldats montaient sur le massif de défense et, protégés par  des banquettes aménagées, tiraient sur les assaillants. Ils furent bien évidemment capturés en même temps que les artilleurs.

La porte par laquelle sortaient les fantassins pour aller assurer la défense des abords. (Saint-Héribert).

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Sur le plan du fort de Maizeret, (flèches rouges) les deux banquettes aménagées pour les fantassins et (flèches noires)  les axes de tirs.

 L'infanterie craque après quatre jours de combats. Ces quelques extraits afin d'expliquer....

Chronique d'une fin annoncée

 Notre infanterie est soumise à un pilonnage épouvantable car l' Etat-major allemand, fort de l' expérience à Liège, ne veulent pas lancer leurs vagues d'assaut avant d'avoir réduit  au maximum les capacités défensives de la PFN.

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 prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,L’artillerie lourde allemande accomplit alors sa besogne de destruction. « Stoïquement nos troupes supportent son feu d’enfer. Des détachements d’infanterie ennemies qui tentent de s’approcher de nos lignes préjugeant sans doute des effets de leur artillerie sont repoussés vigoureusement ». Dès le retrait des vagues d’assaut,

l’artillerie recommence de plus bel.

La nuit du 21 au 22 août le bombardement intense continue, « bouleversant nos tranchées et nous causant des pertes assez sérieuses ». Une attaque dite sortie de Wartet est entamée afin de détruire ces canons allemands qui balayent le secteur. Elle ne donne aucun résultat si ce n'est de lourdes pertes parmi les troupes belges et françaises.

Dans le carnet de notes de Germain Jenty, soldat au 10ème de ligne et présent à Wartet.

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Leur tir est très précis, on pouvait le voir de Wartet. Notre mouvement tournant s’accentue et voilà notre aile droite qui touche au bois du côté de la Meuse et notre aile gauche par les anciennes redoutes. L’aile droite avance et la voilà à 100 m du bois, alors part un coup de feu du côté des Allemands. Le capitaine n’y prend pas garde et commande de se mettre dans le bois, croyant qu’il n’y avait personne. Notre aile gauche commandée par le lieutenant Morel qui était toujours au premier rang avance dans une pâture. On a des difficultés pour couper les fils. Deux lignes de tirailleurs se forment, une en attaque l’autre en soutien. Je  suis de la seconde, au devant se trouve le lieutenant Morel qui vient de traverser une haie en feu et qui va jusqu’au bois. à ce moment, un sous officier vient nous dire qu’il y a des Allemands à droite dans le bois. Le 1er chef Hollandas m’envoie le dire à Morel. J’y cours, à ce moment commence une fusillade générale.

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  Je me replie sur ma ligne et rentre à ma place. Morel fait mettre sa ligne en position de tir. Il s’abat touché par une balle. C’est un brave qui tombe au champ d’honneur. La première ligne est fauchée, il ne reste presque rien. La mitrailleuse commence à crépiter à notre droite et nous prend de flanc. Notre position est intenable, nous devons nous replier derrière la première crête. Beaucoup tombent pour ne plus se relever. Les balles sifflent à nos oreilles. Nous sommes à découvert. Les Allemands sont invisibles. Il y en a dans les arbres. Nous sommes 150, eux sont peut-être 600. Dans ces conditions il ne nous reste qu’à battre en retraite. C’est ce qui est fait mais vite elle dégénère en véritable déroute. Chacun se sauve comme il peut, les havresacs, les cartouchières et les cartouches, les pelles sont jetés le long du chemin. Je veux me défaire de mon sac mais je n’y parviens pas. Je me couche essoufflé dans une raie de charrue, une ½ minute. Après pas de gymnastique. Je n’en peux plus, il faut me délivrer de mon sac ou rester là. J’aperçois une charrue brabant double, je me laisse tomber derrière et je jette mon sac. À ce moment une balle vient s’écraser sur l’age et deux autres sur les versoirs. Je me relève et tache de gagner  nos anciennes tranchées. Les canons commencent à tirer sur nous. Les shrapnells éclatent, nous courons dans le fossé. Un shrapnells éclate près de nous, tous par terre, j’étais étourdi, ne voyait plus rien et n’entendait plus rien. Je reste peut-être une ½ minute ainsi puis je relève la tête et la course folle recommence.

 

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Le 22 août les lignes de défense sont entamées « sous l’épouvantable avalanche d’une artillerie formidable en puissance  et en nombre et l’infanterie de plus en plus nombreuse qui commençait systématiquement l’encerclement de nos positions ».

dans la nuit du 22 au 23 et à l’aube du 23

Après un nouvel échec, « l’infanterie de la Garde n’insista pas et se terra pour laisser son artillerie reprendre le martèlement de la tranchée. Le tir devint de plus en plus précis. … L’atmosphère était empestée  par les gaz provenant des explosions et les poussières soulevées par les obus qui projetaient d’immenses gerbes de terre, les mottes retombaient sur les fascines couvrant la tranchée.

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C’étaient par salves maintenant que les percutants et les brisants fouillaient le sol…. La tranchée était secouée de façon inquiétante". Les assauts se répètent encore durant cette journée. Assaut, bombardement, reprise de l’assaut… le moral de la troupe est soumis à rude épreuve. Impossible de résister encore!

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 La progression des assaillants dans le secteur IV.

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En bleu, le franchissement de la Meuse par des troupes allemandes venant du IVème secteur. Les flèches vertes, le repli des chasseurs à pied de forteresse dans le Ier secteur

Les troupes allemandes s'infiltrent dans les intervalles entre Marchovelette et Cognelée et tournent les positions du 8ème de forteresse en défense à Marche-les-Dames (S et T). D'autres sections d'assaut  foncent jusque Bouge bloquant quantité de soldats qui se repliaient. Dans l’après-midi du 23 août, 2000 à 2500 soldats de la 4ème DA, prisonniers des Allemands, étaient agenouillés sur la route de Beez à Namur en attendant d’être évacués.

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  Voyant que le pont de Beez (pont de bateaux construit par le génie) n'est pas détruit, deux compagnies du RIR 71 (infanterie allemande)  franchissent le fleuve et  prennent pied dans le 1er secteur, au moment où le 1er chasseurs à pied de forteresse, croyant la route Namur Andenne libre, l'emprunte pour gagner la ville. Plus de 2000 hommes sont capturés.

La retraite

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  La retraite est inéluctable et toutes les troupes reçoivent l'ordre de rejoindre au plus vite un point de concentration BOIS-de-VILLERS pour de là, gagner la France. La retraite doit être rapidement menée car deux armées ennemies, l'une sur la Meuse, l'autre sur la Sambre tentent de fermer la route de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Si les IIème et la IIIème armées allemandes se rejoignent, ce sera toute la IVème division qui sera capturée. L'étau se resserre d'heure en heure. La 13ème de ligne va assurer la protection de la manoeuvre. Le régiment assumera les combats pour maintenir l'ennemi à distance. Warnant, Denée, Ermeton, Florennes... des combats d'arrière-garde coûteux en vie humaines (70 tués à Ermeton-sur-Biert) coûteux en prisonniers et en blessés. Mais le gros de la division passera et se réfugiera en France (Rouen) afin de reconstituer ses forces avant de reprendre sa place dans l'armée de campagne.

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En rouge, l'itinéraire suivi par la IVème division belge.

A gauche, les deux divisions de la Garde faisant partie de la IIIème armée allemande venant de la Sambre, à droite, la 46 brigade (IIème armée)  avec, en pointe,  les régiments d'infanterie IR 177 et  RIR 100, ayant franchit la Meuse à Houx-Yvoir. L'étau se resserre dangereusement. Les bataillons du 13ème de ligne sont tenus de garder l'ennemi à distance afin de permettre l'écoulement des troupes.

Venant de Floreffe,  Malonne et de Wépion, toutes les troupes se dirigent vers Bois-de-Villers puis vers Arbre avant de rejoindre Bioul. Les routes de campagne  sont rapidement engorgées, la marche est lente, les convois se gènent. Les routes trop étroites ne facilitent pas la progression. Bioul est saturé bloquant quantité d'unités d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie... L'ennemi approche malgré la pugnacité du 13ème de ligne. C'est la déroute.

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Photo gauche, extrait des listes de prisonniers dressées par les Allemands, les différents villages où ont été capturés nos soldats. Photo de droite, Sous la pression ennemie, (les flèches bleues), plusieurs colonnes se forment et forcent le passage en passant par Denée, Sosoye,Maredsous, Falaen,  Ertmeton-sur-Biert, Florennes, Flavion, Mariembourg....

 

Le témoignage de Victor Falque, soldat du 33ème régiment de ligne. Une marche forcée de plus de trente heures, sans manger si ce n'est....

"Le dimanche 23 vers 2 heures de l’après-midi, la 3ème cie du 1er  bn du 33ème  rég. de ligne qui se trouvait à l’orée du petit bois presqu’en face de l’asile de Dave reçut l’ordre de battre en retraite.  Notre compagnie  fut chargée de protéger la retraite de toute la position fortifiée de Namur.

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Extrait de son témoignage.

Le témoin veut certainement dire "protéger le retrait des troupes dans le Ier Secteur". Toute la position fortifiée de Namur.... avec une compagnie?

A cet effet nous nous disposâmes en tirailleurs sur la gauche de la route qui longe le chemin de fer du Nord. Quand le gros de la troupe fut passé sur le pont de bois jeté par le génie sur la Meuse à Wépion, Nous passâmes également le fleuve. {  }   Ensuite, nous gravîmes la Citadelle ( ?) par la route de Saint-Gérard tantôt avançant, tantôt  faisant halte nous arrivâmes après avoir traversé les villages de Bois-de-Villers, de Arbre, vers 4 h ½ du matin à Bioul.- où le combat était déjà engagé avec les premiers éléments de la colonne. Malheureusement, dans la retraite, nous avions, André et moi, perdu notre compagnie…

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iti soldat.jpg... Entretemps, une quinzaine de soldats français s’étaient joints à nous (à noter que nous n’avions aucun gradé  pour nous guider). La retraite de la nuit avait eu en  nous fatigant outre mesure crée un effet chaotique où chacun faisait un peu ce que bon lui semblait. Peu de temps après, nous arrivâmes à Denée Maredsous au pied de l’abbaye où nous fûmes rejoints par des fuyards annonçant que l’Etat-major s’était rendu et que tout le monde était prisonnier à Bioul. Nous résolûmes de gagner la frontière. Nous longeâmes la Molignée, après avoir traversé Sosoye où près du pont se trouvaient deux cadavres d’uhlans ? Nous arrivâmes Falaën puis à Flavion vers 13 ou 14 heures

Là, on nous rassembla en une colonne de 1000 à 1200 hommes  de toutes les armes, il y avait des artilleurs, des cavaliers démontés, des chasseurs, des fantassins du génie etc… et sous la conduite du major Fievez, nous nous dirigeâmes vers Philippeville. Environ à 500 m avant d’arriver à Florennes-Est, un coup de feu retentit d’un petit bois situé vers la gauche. L’adjudant Masson fit alors disposer les hommes en tirailleurs sur la gauche de la route mais aussitôt retentit « des uhlans à droite ». Ce que voyant l’adjudant fit mettre les hommes la moitié à droite, la moitié à gauche avec comme indication, hausse à 400 m. Mais les uhlans dont un officier nous observait avec une jumelle se cachèrent derrière le talus du chemin de fer et commencèrent à faire pleuvoir sur nous une grêle de balles  pendant que l’artillerie de campagne, placée du côté droit tirait de rapides salves d’obus à éclatement, des mitrailleuses placées dans le bois à gauche faisaient entendre leur tac-tac meurtrier.

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Placés entre deux feux, notre situation était terrible, sur une grande route rien pour nous protéger, n’ayant pour nous défendre contre un ennemi invisible que nous Mausers. Il ne nous restait plus que de tacher de gagner le village au pas de gymnastique afin d’y trouver un abri. Rassemblant nos forces en un suprême élan, nous parcourûmes les quelques 500 m qui nous séparaient des premières maisons où nous arrivâmes pantelants et au milieu d’un horrible bombardement. Il faisait une chaleur accablantes nous marchions depuis la veuille après-midi et nous n’avions plus mangé si ce n’est une petite boîte de sardines prise à la hâte à Flavion. Etant entrés dans la première  maison  qui était un café abandonné par les habitants, nous cherchâmes un liquide quelconque pour nous désaltérer, c’est alors que l’adjudant Masson entrant dans la place nous défendit de boire de la bière, celle-ci  étant peut-être empoisonnée  la maison semblait déjà avoir été » mise au pillage par les allemands. Les maisons où nous étions refugiés étaient bombardées par l’ennemi, le major décida de nous rendre et fit sonner le cessez-le-feu par un clairon belge. Le feu ne cessa que 20 minutes après. Ayant déposé les armes avec des larmes plein les yeux (certains brisèrent leur fusil)  nous nous réunîmes sur la route où les Allemands vinrent nous chercher après avoir au préalable installé une mitrailleuse sur la place d Florennes et nous faire signe de loin d’avoir à lever les bras. Ce que nous fîmes et nous étions environ 300. J’ignore ce qu’étaient devenus les autres. Il était environ 6 heures du soir ».

Les autres? Le reste de la IVème division

 prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster, Les restes de la IVème division échapperont à la captivité. Le front s'éloigne, Les nouvelles ne sont guère rassurantes pour les familles qui ont assisté à la débâcle. Où est le parent mobilisé?

Les nouvelles sont contradictoires et affolent les familles de nos soldats.

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"Après un court combat... l'arrière-garde,

soit 5 à 6000 hommes fut faite prisonnière"

 

 

Quant aux nombreux  blessés laissés dans les hôpitaux namurois et autres ambulances locales

De nombreux blessés n'ont pu, du fait de la gravité de leurs blessures, accompagner les troupes en retraite. Ils furent donc laissés à l'arrière. A l'arrivée des troupes allemandes dans la ville, ils furent considérés comme prisonniers. Ils ne seront transférés vers un camp de prisonniers que lorsque leur état le permettra.

Quelques soldats capturés dans des circonstances différentes.

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  Camille Marion blessé dans le fort de Cognelée  resté   dans un hôpital namurois, Binamé Abraham, blessé avait suivi la colonne en retraite mais capturé à Bioul, Léonard Adolphe, capturé lors de son repli à Marche-les-Dames, Dave Auguste, capturé lors de la chute du fort Saint-Héribert., Beguin Joseph,blessé lors de l'assaut de Wartet, lui-aussi resté dans un hôpital namurois et Capelle Gustave, capturé lors des combats de Warnant.

Voir les pages consacrées à Warnant, la marche forcée et à Bioul

 

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Haquenne Auguste, prisonnier à Liège mais resté un mois à l'hôpital

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  Haquenne Auguste, un autre Profondevillois, servant au 9ème de ligne, fut également capturé le 6 août. Mais blessé assez sérieusement, il dut rester hospitalisé jusqu’au 8 du mois de septembre à l’hôpital des Rivageois.

Fiche du CICR, Genève. Haquenne Auguste, blessé le 6 août, soigné jusqu'au 8 septembre.

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Départ vers l'Allemagne après avoir été déclaré "guéri"

"Cortège dans la ville..."

Les colonnes de prisonniers traversent la ville vers la gare.

"Embarquement dans des voitures à bestiaux, on se case à 25..."

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 rassemblement dans les hôpitaux namurois

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 Pour les captifs, la guerre est terminée!  Ce sera le long chemin vers l'Allemagne. La suite du témoignage de Victor Falque,  capturé à Florennes.

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,"Il était environ 6 heures du soir. On nous conduisit alors  en un endroit où étaient réunis des zouaves et des Sénégalais. On nous plaça en colonnes et nous fûmes dirigés sur Mettet, la nuit tombait et notre chemin était éclairé par des fermes qui brûlaient. A la sortie de Florennes, nous vîmes assez bien de cadavres de tirailleurs sénégalais tombés par paquets de 5 ou 6, j’ai su plus tard qu’ils avaient chargé à la baïonnette sur les batteries allemandes mais ce geste héroïque n’avait pu s’accomplir en entier. Les sentinelles qui nous encadraient nous montraient en riant nos camarades morts. Arrivés à Mettet, nous fumes parqués dans une prairie clôturée de fil de fer .

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,  Le lendemain vers 5 heures du matin, nous fûmes installés dans l’église du village. Entassés donc dans l’église en compagnie de soldats français, nous y passâmes toute la journée du 25  et la nuit du 25 au 26 août, des hommes étaient couchés sur les marches de l’autel, d’autres dans les confessionnaux, un algérien dormait sur l’autel même. On avait brisé les carreaux pour avoir de l’air, l’atmosphère était suffocante. Avant le départ de Mettet, on nous avait distribué un morceau de pain blanc et une cuillerée de viande conservée.

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Ce fut notre seule nourriture pour la journée".

 

Des journées sans manger ou si peu. Et encore..

"beaucoup ne purent obtenir un morceau de pain et restèrent sans manger jusqu'au 26..."

 

"Sous les coups de bottes et de fouet des soldats boches..."

 

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster, Le canon que nous devions tirer avait une roue du caisson avariée. Un morceau de la jante était enlevé et le bandage en fer s’étant aplati à cet endroit empêchait la roue de tourner. On m’avait placé à cette roue et chaque fois qu’elle avait fait ¾ de tour, je devais lui faire accomplir l’autre ¼ à la main en la prenant par les rayons. Cette besogne était fort pénible aussi je fus heureux lorsque arrivé à Fosse, les Allemands après avoir écrasé les douilles des obus et après les avoir enterrées détachèrent le caisson et  le démolirent sur place à coups de hache. Nous passâmes à Ham sur Sambre, à Onoz.

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Un soldat, un civil?

Il sera lâchement assassiné et à peine enterré le long de la route.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Et nous arrivâmes donc au terme de notre voyage. Gembloux où nous arrivâmes vers 9 heures du soir par une pluie battante On nous parqua dans les jardins de l’institut agricole de Gembloux et toute la nuit, il plut à torrent, malgré cette pluie, nous étions tellement harassés que nous dormîmes quand même appuyés dos contre dons et accroupis sur l’herbe

Nous restâmes trois jours et trois nuits à cet endroit et il plut les trois nuits. Nous mangions des détritus de choux que les Boches avaient jetés après avoir préparé leur soupe et quelques fruits que les habitants nous jetaient par-dessus le mur. Enfin, le 29 vers 5 heures de l’après-midi on nous embarqua pour l’Allemagne dans des wagons à bestiaux après nous avoir distribué un morceau de pain noir. Notre voyage dura 50 heures et nous n’eûmes qu’une fois à manger, à Celle-lager où on nous donna de la soupe. En Allemagne, à toutes les gares, que nous traversions, nous étions l’objet des pires insultes de la part des habitants. Ces derniers se montrèrent particulièrement haineux à Aix et à Cologne et dans toutes les provinces rhénanes actuellement occupées par nos troupes".

prisonnier, allemagne, camp de prisonniers, 14-18, Soltau, Hamelin, Parchim, Celles, Altengrabow, Senne, Munster,V. Falque soldat au 33ème de ligne, 1cie/3bn en 1914. Namur le 18/3/ 1922.

Extrait d'une liste de prisonniers, Falque Victor, soldat (capturé à Florennes, le 24/8/14

Pour les autres...

D’autres villageois  avaient déjà connu ce sort à Liège, plusieurs encore vivront les mêmes affres  à Anvers, les derniers, enfin, avant la fixation du front sur l’Yser, lors des combats de Keyem, Beerst, Dixmude, Tervaete.... Lorsque le front, la guerre de tranchées, sera stabilisé, les prisonniers seront plus rares.

à Anvers, Léon Juckler de Lesve est prisonnier lors de la reddition du fort I de  Wijneghem (nous verrons son histoire particulière). C'est le frère du brancardier blessé sur lke front en 1918. (Voir un brancardier blessé). Deux grenadiers seront également  prisonniers lors des sorties d'Anvers (en préparation), Une dizaine de  soldats de nos villages  présents à Anvers s'échapperont mais seront internés en Hollande (en préparation). Lors des derniers combats à Keyem, Albert Bacq de Bois-de-Villers, étudiant en médecine mais engagé au 13ème de ligne, sera capturé lors du repli de la position

Cette page fait références à d'autres déjà éditées sur le site. Pour plus de détails les consulter.

Sources

Voir les pages déjà éditées, ex: Wartet, Warnant, Bioul, la marche forcée, les forts de Namur, ...

La position fortifiée de Namur, op.cit

Archives évêché, paroisses concernées, Bioul, Warnant, Florennes, Denée, Ermeton-sur-Biert,....

Archives du Comité international de la Croix-Rouge, Genève

Archives de la famille de Germain Jenty (voir la page sur les combats de Wartet)

Photos collection de M. Devigne

Archives militaires, Evere et Cdh, Bruxelles, dossiers des soldats

Historique du 10ème régiment de ligne,

Cartes postales anciennes

Cartes Bransart, collection privée.

Photos personnelles

Journal L'Ami de l'Ordre, août 1914 et Vers l'Avenir 1918.

 

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