28/11/2017

Le 15 août, l'attaque de Dinant

Ce texte n’explique pas les combats de Dinant dans leur ensemble, des travaux très sérieux se sont penchés sur la question, inutile donc d’y revenir, plus simplement, par des extraits de documents, (voir sources) nous tenterons de situer les éléments du 148ème Ri dans « l’affaire de Dinant ».

 La situation sur le site

« La journée du 15 août sera tragique dans le sous-secteur de Dinant » écrira le colonel Cadoux, commandant le 148ème RI, dans ses mémoires. Suite à une initiative du colonel Cadoux, tous les responsables de postes téléphoniques et télégraphiques du plateau  mosan (rive droite)   sont mis a contribution afin de le renseigner sur d’éventuels passages de troupes ennemies dans « l’arrière-pays » dinantais.  Informations que fait suivre Cadoux à sa hiérarchie. Ce sont ces mêmes informateurs qui confirment que des  troupes allemandes se rapprochent à marches forcées de Dinant.

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Le vendredi 14, le gros des troupes est à  une quinzaine de km tandis que des éléments de cavalerie  sillonnent déjà le plateau mosan dépêchant même vers la Meuse, Houx, Yvoir, Dinant, Anseremme, des patrouilles afin d’évaluer l’importance des forces française.

Le 11 encore à Saint-Hubert. Itinéraire  du Jäger-Bataillon n°13  qui participa à l'attaque de Dinant (secteur de Anseremme).

Ces avertissements sont, de plus,  confirmés par des soldats allemands capturés par les patrouilles du 148ème RI.  : Dinant serait attaqué dans la journée du 15 août. Malgré ces nouvelles plus qu’alarmistes, l’Etat-major français modifie, le 13 août,  la défense du secteur de Dinant. Mais, comme le déplore le colonel Cadoux «  la nouvelle garde des ponts se trouve, le 14, plus faiblement constituée qu’avant la relève. Là où il y avait 6 compagnies du 148ème RI, (2 à Bouvignes, 2 à Dinant et 2 à Anseremme) il n’y (en) a plus que 4 ». Ce sont les compagnies du IIIème Bn/148ème RI du commandant Bertrand qui sont disposées à Dinant. Cet officier, responsable de la défense des trois ponts, a disposé la 9ème  compagnie à Bouvignes et la 11ème compagnie à Anseremme tandis que les 10ème et 12ème compagnies, avec la section de mitrailleuses couvrant le pont, occupent les abords du pont de Dinant, rive gauche. . La 10ème sur site, la 12ème en réserves dans les rues voisines.Trois sections sont détachées sur la rive droite dont une à la citadelle.

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Le 9 août, une section du 148ème RI occupait déjà la citadelle de Dinant. Le 15 août, elle effectuait une patrouille lorsque l'attaque commença.

Si l’inquiétude étreint les défenseurs, la hiérarchie, au courant de l’éventualité d’une attaque, ne semble pas s’inquiéter outre mesure. « Dans la journée, le général Commandant le 1er C.A. recevait un certain nombre de renseignements de mouvements de forces ennemies sur la rive droite de la Meuse en majeure partie composée de cavalerie et semblant se porter en direction générale de Dinant… ».

La menace se précise

Des troupes allemandes se trouvent à Foy Notre-Dame et leur objectif est clairement avoué : Dinant

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De la cavalerie, des chasseurs et de l'artillerie qui s'arrêtent à Foy-Notre-Dame.

  Malgré cela, rappelons-le, rien n’est modifié ! 4 compagnies et une section mitrailleuses  pour défendre trois ponts, sans appui d’artillerie ! Conscient de l’insuffisance de la défense, le commandant Bertrand, s’inquiète et à plusieurs reprises en fait part à ses supérieurs. En vain !

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Extrait du témoignage de la fermière d'Herbuchenne

Vendredi 14 en soirée, Bertrand avait déjà lancé une alerte :,Anseremme est « vigoureusement attaqué avec du canon » et Dinant « menacé de l’être sous  peu ». Dans la foulée, il demande des renforts.

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Extraits des rapports du Ier corps d’armée, Général Franher d’Esperey.

«  Anseremme vigoureusement attaqué avec du canon ». Ce n’est pas ce que le lieutenant Plusquelec (9ème compagnie) développe dans son rapport : « le 14 août, ma section était de poste au pont d’Anseremme. A 18 heures, un groupe de cavaliers se présentaient à la crête près du château de Hardennes, j’ouvris le feu, les cavaliers disparurent ; A 18h 15, une section de mitrailleuses ennemie ouvrait le feu sur ma section, je répondis à chaque ( ?fois ). La fusillade dura environ une heure ».  Le quartier général doute de la gravité de la menace mais «  devant l’insistance du commandant Bertrand et dans l’impossibilité de faire vérifier la réalité de la situation », le 33ème régiment d’infanterie qui cantonne à Anthée, est envoyé en appui sur la place « pour rejeter dans la Meuse tout ce qui aurait passé par ce pont ».

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Extrait du JMo du 33ème RI

 et l'ordre du QG précise encore "au besoin par un combat de nuit"

 L’alerte bien qu’exagérée dans sa réalité aura été salutaire, les renforts arrivent pendant la nuit du 14 au 15 août.

En cours de route, le lieutenant colonel Stirn, commandant le 33ème RI, reçoit des informations du commandant Bertrand et apprend que l’ennemi n’a « fait aucune tentative sur le front d’Anseremme et qu’à Dinant, il a canonné des hauteurs de la rive droite un train venant de Givet et d’annoncer que « le danger serait beaucoup plus grand à Bouvignes » vu  l’avance d’une  importante colonne venant de Dorines.. Une autre réalité ! Le lieutenant-colonel Stirn modifie dès lors  les instructions reçues de l’Etat-major ainsi que la disposition de ses unités.

 le 148ème RI, régiment d'infanterie, Givet, Dinant, 15 août 1914, Onhaye, Namur, le 23 août 1914, la dédense des ponts sur la Meuse, Cadoux,Rive gauche, positions du 148ème RI 

Rive droite, l’attaque allemande

Les points rouges, des sections du 148ème avancées à la Citadelle, route de Sorinnes et à Leffe.

Bouvignes: La 11ème compagnie du 148ème (capitaine Roques et lieutenant Peluchon). Renforcée par la 9ème compagnie du 33ème  (capitaine Charrue) et une section de mitrailleuses (lieutenant Dion)

 Dinant, au pont : 10è (capitaine Boitel et lieutenant?) et 12è compagnies/148  (capitaine Delorme et lieutenant Pecqueur) et une section mitrailleuses, (lieutenant Jacquelot de Boisrouvray), deux sections détachées sur la rive droite, une près de Leffe, l’autre sur la route vers Sorinnes. La 11ème compagnie/33ème (capitaine Maes) en appui

À la Citadelle:  1 section du 148émeRI appuyée dans un premier temps par une section de la 11ème compagnie/33 puis  renforcée par les 10è/33RI  (capitaine Carton), et 12ème/33RI. (Capitaine Bataille), sous les ordres du commandant Grasse. « Une souricière » dira le colonel Cadoux.

Anseremme:  La 9ème compagnie/148ème du capitaine Coutaz-Repland, secondé par le lieutenant de Beaucoudray. Avec le IIème bataillon du commandant Monenteau qui a comme consigne «  d’occuper la rive droite de la Meuse, sans chercher à s’étendre ».

Route Dinant Onhaye:  En réserve près du cimetière de Dinant, le IIIème bataillon du commandant Verwaerde.

 Si la capacité défensive des trois ponts a quadruplé, les fantassins ne sont toujours pas soutenus par de l’artillerie.

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La 10ème compagnie avec, au centre,  le capitaine Morel, à sa droite, l'adjudant Vivinius dont nous reparlerons

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La 12ème compagnie avec , à gauche, le lieutenant Jacquelot de Beaucoudray et, à droite, le lieutenant Pecqueur

Des officiers présents à Dinant

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Lt. de Beaucoudray, Anseremme, SLt Remy Anseremme, Lt de Jacquelot de Boisrouvray, pont de Dinant, Lt Pecqueur, pont de Dinant, Capitaine Roques,  Bouvignes ...

 

Le 15 août à l’aube….

 le 148ème régiment d'infanterie, Dinant, Août 1914, 15 août 1914, Onhaye, Namur, Givet, Cadoux, les ponts sur la Meuse, la défense de la Meuse, Houx, Bouvignes, AnseremmeRapport du commandant Bertrand, chef du IIIème bataillon du 148ème RI

 « 06h. Dinant est attaqué par des unités d’infanterie appuyées par des mitrailleuses et une batterie d’artillerie ». L’attaque est frontale, Bouvignes, Citadelle et Anseremme sont sous le feu ennemi. Un des objectifs premiers de l’ennemi est de déloger les défenseurs de la Citadelle afin de pouvoir se rapprocher des crêtes mosanes, cette action permettant de dominer le fleuve, la ville et ses ponts. Les deux compagnies disposées devant la citadelle soutiennent le premier choc  mais la pression  est trop forte, c’est un premier repli vers la citadelle. Les premières lignes allemandes sont proches. Le capitaine Carton (+) se lance à la tête de "sa" 10ème compagnie afin de repousser l’assaut.

le 148ème régiment d'infanterie, Dinant, Août 1914, 15 août 1914, Onhaye, Namur, Givet, Cadoux, les ponts sur la Meuse, la défense de la Meuse, Houx, Bouvignes, Anseremme le 148ème régiment d'infanterie, Dinant, Août 1914, 15 août 1914, Onhaye, Namur, Givet, Cadoux, les ponts sur la Meuse, la défense de la Meuse, Houx, Bouvignes, AnseremmeEn vain. Jusque 11 heures, la défense tient encore mais  « à ce moment, décimées et sans aucun appui d’artillerie »,  le commandant Grasse se résout à quitter la position.  Un dernier combat a lieu dans la forteresse même, un combat à la baïonnette.

Photos de M. A. Metzler,  voir ici

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L'entrée de la Citadelle et la rampe d'escaliers (la partie basse) menant vers la ville.

 Les blessés sont acheminés vers l'hôpital de Dinant ou, pris en charge par les brancardiers et infirmiers du bataillon, emmenés vers l'arrière.

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Plusieurs documents donnent des informations sur la situation des blessés. Voir dans la page consacrée aux blessés de Dinant, Bouvignes et Anseremme.

 

Selon l'historique du bataillon allemand: « bientôt la rive de ce côté-ci  de la Meuse fut abandonnée par l'ennemi (les Français); de ce fait, notre ligne de feu se trouvait sur les bords escarpés de la Meuse  combattant les forces ennemies sur l'autre rive, plus plate. Les tireurs français se détachaient (( ?) étaient fort visibles) et étaient des cibles faciles à viser, comme sur un stand de tir ».

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 Nous reproduirons  dans une page annexe le carnet de notes de  W. von Rosenkranz. Il était présent à Dinant. Il a noté tous ses faits et gestes depuis son départ, le 2 août, jusqu'au 24 août... Beaucoup de contradictions entre les informations françaises et allemandes surtout au sujet de l'artillerie française.

Le commandant Bertrand raconte encore... Les tirs des mitrailleuses  et de l’artillerie qui avaient "été sans  efficacité contre Dinant tant que la citadelle tenait, devinrent terribles. « les nôtres ainsi dominés étaient à peu près impuissant contre un ennemi abrité et masqué ». Les compagnies en subissaient tous les effets sans pouvoir riposter. La batterie était invisible et les mit masquées derrière les arbres et les rochers. La batterie allemande ayant gagné par échelon les crêtes voisines de la citadelle exécuta un tir à démolir sur les parapets du pont. La position devenait intenable il devenait de plus en plus impossible de rester dans Dinant. Il demande en urgence  un appui artillerie mais en vain. Les tirs ennemis venant de la Citadelle font d’énormes ravages. Tenir dans Dinant devient peu à peu impossible...

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Depuis la citadelle, les tireurs allemands avaient une vue plongeante sur les positions françaises. ce qui fait dire à un témoin " étaient des cibles faciles à viser, comme à l'exercice". En rouge: Photo 1: depuis la citadelle, les tirs allemands sur les positions françaises. Photo 2  en pointillé, le parcours des soldats français sous le feu ennemi, en traits continus, les positions du 148ème et 33ème RI pour la défense du pont.

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Extrait des notes du capitaine Denoble qui retraça, sur base des rapports des officiers,  les faits qui se sont passés à Dinant en ce 15 août.

"La compagnie du capitaine Boitel "eut particulièrement à souffrir dominée qu'elle était par le tir plongeant..."

 

« Il fallait à tout prix éviter les effets terribles d’un feu ennemi puisqu’il n’y avait pas moyen d’y répondre » explique Bertrand dans son rapport. À ce moment, les défenseurs de la citadelle débouchent sur la rive droite juste en face du pont. Pendant la traversée du pont, les pertes s’alourdissent encore car ce sont des cibles faciles pour les tireurs embusqués sur les hauteurs. Sur la rive droite totalement aux mains ennemies, « la compagnie du lieutenant von Bossequin (? graphie?) a réussi à atteindre la Meuse » capture 67 soldats français.  Les 31 soldats du 148ème  blessés et soignés dans l’hôpital civil font-ils partie du nombre? D’autres fantassins qui n’ont pu se dégager, se cachent dans les maisons.

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Avec le n° de la compagnie, on peut aisément situer le lieu où le soldat fut blessé.

À peine les rescapés du fort ont-ils passé le pont que des mitrailleuses allemandes appuyées par de l’infanterie se positionnent sur la rive droite, face au pont, L’ennemi estime devoir profiter de ce mouvement de flottement pour tenter le franchissement du fleuve.                                                    La statue du lieutenant CH. De Gaulle

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On comprend en voyant cette photo que les fantassins du 148ème, sous la faible protection d'un muret, étaient des cibles faciles pour les tireurs embusqués dans la citadelle.

 «  Avant que l’adversaire ait tenté de franchir le pont, le commandant Bertrand lance deux contre attaques successives qui échouent »..  C’est la  11ème compagnie du 33ème RI  du capitaine Maes qui est lancée sur le pont. Parmi les fantassins, un jeune lieutenant, Charles De Gaulle. Il sera blessé dès l’entame de la charge à la baïonnette. C'est un échec. Si l'on ne veut pas faire massacrer toute la compagnie, il faut se replier. La décision est prise.  Vers 11h 30, le commandant Bertrand donne l’ordre de décrocher :.« La route de Philippeville et la voie ferrée étaient balayées par les balles des mitrailleuses, je me suis, avec le  lieutenant Jacquelot et une poignée d’hommes,  retiré par ladite route. Le capitaine Boitel et un certain nombre d’hommes de la 12è compagnie gagnèrent cette route par le collège de Dinant. Les officiers de la 10è compagnie et le sous lieutenant  de la 12ème compagnie  se jetèrent avec ce qui leur restait d’hommes dans les maisons et se retiraient par les jardins ». Les Allemands passent sur la rive gauche mais heureusement ne poussent pas leur effort plus loin que les premiers faubourgs de la ville.

Dinant est tombé aux mains ennemies!

« Vers 13 heures notre artillerie commençait à intervenir et permettaient aux hommes restés dans Dinant de se reformer sous les ordres de leurs officiers. Les compagnies disloquées se sont dirigées en partie vers Anthée ou Serville et en partie sur Hastières »

La reconquête de la ville

Le IIIBn/ 148ème s'est retiré de la ville. Il n'y reste que quelques petits groupes de soldats cachés dans les caves des maisons et qui attendent un éventuel retour de leur régiment. L’artillerie française commence à donner. Les  75 (canons) français  supérieurs en efficacité aux 77 (canons)  allemands renversent la situation. La bonne fortune des armes change de camps.  Les pertes sont du côté ennemi.

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A l'entrée de la citadelle, une urne funéraire qui recueille les cendres de 58 soldats français et 12 soldats allemands. Les corps des soldats retrouvés dans la forteresse et ses abords.

"Sur le glacis, des corps de soldats dont plusieurs du 148ème, un spectacle horrible, des corps décapités, mutilés, des blessés qui ont été achevés, percés de coups de baïonnette. Un caporal du 148ème « pendu par son ceinturon avait les parties coupées ».

L'assaillant se retire abandonnant du matériel dans les fermes qui servaient de dépôts ou de bases pour leur artillerie. Les blessés sont abandonnés... quant aux morts, ce sera la population dinantaise qui s'en chargera. (voir la page "Du point de vue des allemands" (en construction) . Outre la douzaine de corps incinérés à la citadelle et qui reposent dans cette urne, il y a aussi une quinzaine de tués dont les corps sont enterrés, pour la plupart, à Vladslo. (voir listes et photos)

  La conclusion que tirent les Allemands de cette journée est assez étonnante…«  mais le but du combat était atteint : estimer les forces ennemies qui avaient été développées à Dinant » !

Que sont devenues les sections du 148ème RI présentes sur la rive droite?

Le commandant Bertrand ne fait jamais allusion à leur retour sur la rive gauche du fleuve. Les deux sections qui se trouvaient à la Citadelle ont certainement été capturées. Quant à celle  posée à Leffe qui résiste « tant bien que mal derrière les barricades » son destin est plus incertain. . Plusieurs soldats du 148ème ont échappé à la captivité en se cachant dans les caves des maisons et délivrés lors du retour des 8ème et 73ème RI. . Les défenseurs de Leffe sont-ils de ceux-là?

Les historiques du 148ème RI en parlent et affirment qu'elles ont été toutes les trois récupérées. Étonnant surtout pour les deux en défense de la forteresse. A prendre donc avec les réserves d'usage!

Voir  ces deux historiques...

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http://tableaudhonneur.free.fr/148eRI-V2.pdf

https://horizon14-18.eu/wa_files/historique_20148RI.pdf

 

 "Les trois sections du 148ème laissées sur la rive droite et qui n'avaient pu s'y défendre furent délivrées par notre avance". Les soldats prisonniers sont immédiatement emmenés vers l'arrière ... donc ne pouvaient être récupérés.

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 Quant à celui-ci, il précise que c'est le 148ème RI, appuyé par l'artillerie de la 2ème division qui reprend Dinant et délivre les sections captives!

Le lendemain, c’est le temps des expertises.

Le colonel Cadoux fait son rapport auprès de la hiérarchie :

Un premier rapport alors que toutes les unités ne sont pas encore rentrées.  Cadoux l'écrit d'ailleurs " aucune nouvelle de la 9ème cie qui occupait le pont d'Anseremme".

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 Puis un second alors que tout le bataillon s'est reconstitué à Annevoie

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L'avis du colonel sur "l'affaire de Dinant"

De plus, et la chose est étonnante, à mots couverts, le colonel Cadoux désavoue son subalterne et  donne son avis sur la conduite de son IIIème bataillon, du moins sur son chef. Il n’est pas tendre « ... le commandant Bertrand s’est accordé des droits qu’il n’avait pas. Très consciencieux et s’étant toujours bien comporté depuis le début de la campagne, je n’ose le blâmer mais il a pris une responsabilité qui en fait une victime. Il est également fâcheux que dès le début de la journée, un chef fut pris d’affolement ainsi qu’en témoignent les multiples coups de téléphone qu’il donna pour demander de tous côtés l’appui du canon à opposer au 77 allemand qui avec les échos de la vallée fit plus de bruit que de besogne ». Les pertes sont plus nombreuses qu’estimées par le colonel Cadoux.

Le JMO du 148ème régiment d'infanterie.

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L'attaque sur Anseremme le vendredi 14 août

 

 

 

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Le début de l'assaut, le 15 août au matin, les défenseurs tiennent bon jusque 11heures.

 

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Les choses se compliquent et l'artillerie ne vient pas au secours des fantassins engagés dans "la souricière" de Dinant.

 

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Le repli est amorcé vers midi...

Mes remerciements à

Mme M. Vasse pour ses corrections pour ma tentative de traduction.

MM. M. Velz pour l'historique du Jägers bataillon 13. Merci du partage.

A. Metzler pour ses photos sur la Citadelle. voir

http://pepe-le-cape.skynetblogs.be/archive/2009/06/28/petite-escapade-a-la-citadelle-de-dinant.html

T. Cornet pour les rapports des officiers du  148ème RI. Merci du partage

Les morts, les blessés, les prisonniers, les disparus dans une prochaine page

Le point de vue des Allemands, historiques des bataillons engagés et un carnet de notes.

 

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