19/02/2018

internés en Hollande de 1914 à 1918

Ils s’appellent Jules Boreux et  Victor Deville  (de Profondeville) Célestin Marchal (de Arbre), Louis  Colet (de Rivière) ou bien encore Georges Brosteaux (de Lesve). Cinq soldats parmi combien d’autres ? Combien sont-ils de notre commune à avoir vécu cet internement ? Internés ne veut pas dire prisonniers. Il existe quelques différences. Mais avant, quelques lignes sur…

Généralité

La  Hollande ont, lors des prémices de la crise internationale,  affirmé sa neutralité. De ce fait , aucune présence de troupes armées étrangères n'est tolérée sur son territoire. Tous les soldats étant trouvés sur le territoire seront désarmés et internés dans des camps. Outre des Belges, il y a eu également des Allemands internés à Bergen, des Anglais à Leeuwarden et Groningen, quelques Français sont à Flessingue. Toutefois, la grosse majorité des internés est  belge.

La chute d’Anvers, un bref aperçu de la situation générale.

Amersfort, harderwijk, Zeist, les camps d'internés en hollande, Internement, Chute d'Anvers, Deguise, les forts anversois, DeKlinge, la frontière hollandaise, La Clinge  Le 6 octobre, l’ennemi lance l’attaque générale qui doit faire tomber la position d’Anvers. Il compte encercler la ville et prendre au piège toute l’armée belge regroupée dans  « le réduit national ». Le péril est grand. Si la manœuvre réussit, c’en est fini de la Belgique ! « La destinée de la Patrie » était compromise comme disent les écrits de l’époque.

Le 7 octobre, l’ennemi presse les premières lignes de défenses, les premiers forts sont écrasés et l’artillerie commence le bombardement de la ville. Le QG de l’armée de campagne sentant le chemin d’une éventuelle retraite menacé, commence l'évacuation de la place.  En agissant immédiatement, un repli, l'Escaut servant de protection, est encore possible vers la ville de Gand puis  l'Yser. Toutes les divisions de l'armée de campagne quittent la position fortifiée d’Anvers pour, en amorçant un mouvement vers l’Ouest, se replier sur l’Yser.

Amersfort, harderwijk, Zeist, les camps d'internés en hollande, Internement, Chute d'Anvers, Deguise, les forts anversois, DeKlinge, la frontière hollandaise, La Clinge  Toute... sauf la 2ème division! Anvers devait résister afin de retarder l’ennemi. « Que l’on tirât de la forteresse tout le parti possible » avait suggéré le roi. Et que, comme à Liège et à Namur, les forts jouent un rôle retardateur afin de permettre aux troupes de l'armée de campagne de se replier sans livrer de combats épuisants. Afin de fixer l’ennemi devant la place, l’état major laisse donc la 2ème division appuyée par une division britannique aux côtés des régiments de forteresse et des garnisons de forts.  «Défendre la place jusqu’à la dernière extrémité telle était la consigne que le roi laissait au général Deguise (gouverneur de la place), pour guider toutes ces décisions ». C’est dans cette perspective que le gouverneur de la place fit reculer la 2ème division ainsi que la brigade britannique sur la ligne des forts 1 à 8. Néanmoins, une remarque du colonel Gallet(*) sème le trouble quant à la viabilité de la place… « La formule résistance à outrance souvent, trop souvent insérée dans les ordres, souvent trop souvent suivie d’autorisations, même justifiées, à la retraite, avait perdu son caractère impératif et revêtu aux yeux des exécutants un ses conventionnel néfaste. Sur trop de visages se lisaient le découragement et l’opinion que toute nouvelle résistance était vaine et superflue ».

Les événements allaient lui donner raison

Le 8, le général Deguise ne peut s’opposer au départ des Anglais qui se replient sur l'ordre de leur gouvernement, inutile alors de retenir vainement la 2ème division belge qui ne pourrait assurer seule l'appui des troupes en place. Ce retrait laisse aux troupes de forteresse et aux garnisons des forts  la  charge de défendre Anvers. Les destructions des centres névralgiques sont ordonnées. Ces troupes se sentent trahies, abandonnées voire sacrifiées. Comment dès lors les convaincre de se battre « sans esprit de recul ». A l’abri des forts! Certes mais des forts en briques, construits hors terre vu la proximité de la nappe phréatique. Si les forts bétonnés et enterrés de Liège et de Namur n’ont pas résisté à l’artillerie ennemie, que penser de ces constructions de briques hors sol? De plus les défenseurs ont appris de leurs frères d’armes échappés de Liège et de Namur ou des forts de la première ligne anversoise ce que représente la capacité de l’artillerie lourde ennemie. L’écrasement des voûtes, les gaz nocifs, les blessés, les tués… Une artillerie allemande qui tire à une distance de 10 km alors que les pièces belges ne tirent qu’à 6 voire 7km ! Les artilleurs ne peuvent même pas contrebattre les batteries ennemies.  La panique règne parmi les troupes. Que faire ?  Attendre l’arrivée de l’assaillant et se retrouver prisonniers puis envoyés en Allemagne ou tenter, à leur tour,  un repli en s’engageant dans le seul secteur encore libre. Un couloir qui longe la frontière hollandaise.

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 Extrait du livre du Général Deguise, sur la position fortifiée d'Anvers. voir sources

Amersfort, harderwijk, Zeist, les camps d'internés en hollande, Internement, Chute d'Anvers, Deguise, les forts anversois, DeKlinge, la frontière hollandaise, La Clinge  C'est la panique.  Des officiers qui délaissent leurs troupes, des hommes  désarçonnés qui ne savent que faire… des sous-officiers qui tentent de gérer le chaos… « Fatigue, nervosité, démoralisation, précipitation, ingouvernable cohue » tels sont les termes dans la littérature éditée à l’époque sur le sujet. Et c'est un sauve-qui-peut! On estime à 35 000, le nombre de soldats qui se jettent sur les routes. S'engageant le long de la frontière hollando-belge, la plupart pense rejoindre le front de mer. Une frontière floue. Les villages sont parfois à cheval sur la ligne de démarcation..…Ne disposant pas de cartes, la méconnaissance de la région leur sera fatale. Quelques unités, on parle de 7000 hommes, parviennent, en évitant les avancées allemandes, à rejoindre  l'armée de campagne. Pour les autres, quelques 28000(*) hommes, ils se sont retrouvés en Hollande. Certains bien involontairement, d’autres, par contre,  on fait le choix de franchir volontairement la frontière, sachant le sort qui leur était destiné. A peine eurent-ils traversé la ligne séparant les deux pays que ces soldats furent désarmés et conduits dans des casernes vite saturées. Cette fuite prive les Allemands d'une grande victoire. la capture des défenseurs du "réduit national" aurait eu un impact terrible sur le moral de l'armée. Il n'en était rien! Les camps avaient été prévus en Allemagne... ils ne seront qu'incomplètement occupés par les troupes des forts qui se sont rendues à l'ennemi non sans avoir détruits les armements. Ces artilleurs seront prisonniers des Allemands. La guerre, pour eux, est terminée ! Un des forts de la seconde ceinture, le fort de Wijneghem,  illustre bien la situation.

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Le bombardement de la ville d'Anvers déstabilisa encore plus les défenseurs. Et la destruction des réserves stratégiques

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Quelles troupes? Que disent les archives à leur sujet>? « Sachant les bataillons de forteresse sans valeur »… Ce sont des troupes constituées de classes anciennes. Des soldats pour la plupart mariés et pères de famille dont l’esprit est troublé par le sort qui les attend et celui des proches qu’ils laisseraient derrière eux. Des classes anciennes qui n’ont plus la notion de techniques militaires ou du matériel. Des troupes insuffisamment encadrées !. Afin de palier ce manquement, quelques officiers de régiments de ligne ont été mutés à la tête de compagnies de forteresse… mais que peuvent ces jeunes lieutenants voire capitaines s’ils sont eux-mêmes mal secondés ? Le lieutenant E. Noterman illustre bien le phénomène. Tout comme le lieutenant Mathieux officier du 13ème de ligne et détaché dans une compagnie de chasseurs à pied de forteresse qui constate la même état d’esprit : « Me voilà donc arrivé à Loyers avec une compagnie qui marche plutôt en rechignant » écrit-il à son épouse.  Des hommes également mal ravitaillés, qui ont faim ! Ceux du fort n°1, Wijneghem, restent trois jours sans nourriture, aussi décident-ils, malgré l’interdiction, d’aller abattre du bétail qui paît devant le fort « Cela donne un repas comme on en rêvait » témoignent-ils ! Dans ces conditions, à peine l’attaque prononcée, beaucoup de ces défenseurs vont lâcher prises et fuir devant l’ennemi. Parfois seuls, parfois en groupes sous le commandement de leurs officiers !

Certains officiers et sous-officiers rendront des comptes devant la justice militaire après la guerre mais seront lavés de toute responsabilité. "Internement en Hollande", un mouvement de masse et non le fait d’une initiative personnelle.

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La Clinge, (de Klinge) un village coupé en deux par la frontière. C’est dans ce village que plusieurs de nos concitoyens  seront  neutralisés et désarmés par les troupes hollandaise qui veillent au bon respect de la neutralité.

Volontairement ou non !

Internés en Hollande durant quatre ans,  quatre années dans des camps, n'ayant pas le statut de prisonniers de guerre mais bien d'internés. La différence est sensible pour ceux qui ont connu les camps allemands. Les internés étaient libres de leurs mouvements, pouvaient recevoir la visite de leur épouse, de leurs enfants, travailler pour un salaire correct…. Des officiers loueront même des maisons et feront venir leur famille. Des privilèges qui, après la guerre, terniront quelque peu la réputation de ces soldats.

 Dès le 15 novembre 1914, des listes sont publiées. Jules Boreux et Victor Deville sont à Amersfort, Louis Colet et Célestin Marchal sont à Haderwijck, Alphonse Ravet et Georges Brosteau sont  à Zeist . Nous n'avons pas encore retrouvé des listes pour les camps de Gaasterland, Leeuwarden ou Kampen.

La retraite d’Anvers. internés en Hollande, neutralité de la Hollande, les camps d'internement, Amersfoort, Zest, Haderwijck, Hardwijk, la frontière électrifiée, octobre 1914, la chute de la position d'Anvers

À partir du 11 octobre, en Hollande, c’est l’affluence quotidienne, dépassant largement les capacités d’accueil. En quelques jours, il faut s’organiser pour accueillir plus de 30 000 hommes. Des tentes sont dressées.  Durant cette période de flottement,  une petite partie de ces captifs parvint à fausser compagnie à leurs gardiens et rejoindre l’armée sur l’Yser. Les autres…. Le manque de places dans les casernes se fait vite ressentir, il est donc décidé dans l'urgence de construire des camps " de toile". Les Belges sont parqués  dans ces camps de tentes situés dans des landes aux alentours des villes.

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Au début 1915, les internés quittent les tentes pour prendre place dans des baraquements de bois.

Ce ne sera qu’en décembre 14 qu’une cinquantaine de baraquements sont construits dans le camps de Harderwijck  entourés de clôtures barbelées. 250 hommes par baraquement. Il en faudra encore tout autant dans les autres camps. Les soldats belges travaillèrent à la construction de ces baraquements qui allaient les accueillir. Zeist, Amersfort et Harderwijk seront les plus importants, constituant selon les articles de l’époque de véritables petites villes. Une garnison hollandaise, en armes, assurent la surveillance de ces cantonnements.

La vie dans les camps

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Des clôtures mais pas aussi importantes que celles dans les camps en Allemagne. Pas de miradors, pas d’électrification des clôtures... Dans le camps, les hommes s'organisent au fil des jours.

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Dans ces camps, les conditions de vie ne sont pas, au début, excellentes. Il faut faire face à des nombreux problèmes. La promiscuité et les conditions d’hygiène dans les baraquements, certes éclairés, mais non chauffés et dans lesquels il pleut… constituent  un foyer  microbien. Le 3 décembre, à Zeist,  éclate une rébellion, Les internés manifestent à coup de pierre contre leurs conditions de vie.  La riposte est vive, L’armée hollandaise tire faisant  8 morts et une vingtaine de blessés parmi les manifestants.

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Un exemple de clôture...

Un accord, passé en juin 1916 entre les autorités hollandaises et belges, a permis d'assouplir les conditions de vie des internés en leur permettant de sortir des camps voire même de s'installer avec leur famille si cette dernière résidait en Hollande.  La vie s’organise. Beaucoup  travaillent « de leur métier ». Les coiffeurs, cordonniers, les tailleurs d’habits, trouvent des débouchés parmi la population des camps. D’autres chercheront de l’embauche dans les fermes voisines, chez les maraîchers, dans les entreprise forestières, en ville, ils seront électriciens, plombiers, menuisiers.... Ils gagneront un salaire décent qui leur permettra d’améliorer leur ordinaire, de permettre à leur épouse et aux enfants de venir les voir pour quelques jours. Un établissement d’enseignement est organisé à Amersfoort. Il y aurait une centaine d’étudiants. Des terrains de sport sont aménagés et des compétitions sportives y sont organisées. Le camp d'Harderwjk n’est pas en reste, une poste, un bureau de change, une cafétéria, une baraque à frites, un restaurant, une bibliothèque, une chapelle voient le jour,  des journaux édités à l'attention des belges sont mis en vente, et quelques internés ayant des aptitudes journalistiques  éditent une revue  à l'intention des soldats belges.  Un vélodrome est construit à proximité du camp et des courses y sont organisées le dimanche. Il existe également des troupes de théâtre, un orchestre.  Pour occuper les hommes des cours sont dispensés dans des "écoles du travail".

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Les cordonniers reprennent leur travail... avec 28 000 clients, il y a de quoi faire!

Malheureusement durant ces quatre longues années, on compte 550 morts. Un cimetière est aménagé. Le manque de soins est source de maladies, la tuberculose sévit et emporte les plus faibles, en 1918, la grippe espagnole fauche également quantité de d’hommes.

1 les latrines, 2 buanderies et cuisines, 3 le sanatorium dans la sapinière

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Le camp d'Harderwijk: "les jours qui passent lentement" dit la légende de cette carte. le camp avec ses cuisines, ses laverie, les latrines...

Et le plus important, les visites de la famille qui peuvent durer quelques jours. Au camp de Zeist.

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1918, l’armistice du 11 novembre…Les premiers internés sont libérés. Ils rentrent au pays non sans essuyer quelques critiques des familles qui ont un des leurs retenus  en captivité en Allemagne, celles qui ont encore un soldat qui n’est pas encore revenu du front… Il faudra du temps pour que ce ressentiment disparaisse.

internés en Hollande, neutralité de la Hollande, les camps d'internement, Amersfoort, Zest, Haderwijck, Hardwijk, la frontière électrifiée, octobre 1914, la chute de la position d'Anvers Dans plusieurs  familles des tensions règnent car il y a des internés, des prisonniers et des combattants qui se retrouvent. Tous n’ont pas connu la même réalité. Dans la famille Marchal de Arbre, les deux frères ont connu un sort différent, l'un interné, l'autre ayant fait l'Yser pendant 4 ans. Selon la famille, les deux frères n'ont jamais éprouvé ce ressentiments l'un vers l'autre.

Un autre exemple de famille confrontée à cette situation

Après la guerre, le gouvernement hollandais remettra une facture de 80 millions de francs or à la Belgique pour remboursement des frais engagés dans entretien des internés. La Belgique, pays ruiné , ne peut dans l'immédiat assumer  cette dette. Après d'âpres négociations, les Hollandais reverront la facture à la baisse. La dette est réduite de  moitié.. La Belgique remboursera dans un délai "raisonnable" fixé par les négociateurs.

Et nos concitoyens?

Les familles s’inquiètent du sort de leur proche. Comme  pour les prisonniers en Allemagne, des listes sont dressées, les nouvelles circulent. Des nouvelles rassurantes, plus tranquillisantes que pour leurs frères d’armes retenus en Allemagne.

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 Des articles parus dans l'Ami de l'Ordre en décembre 1914 et des listes (extraits concernant des villageois)

Ceux de Profondeville, Arbre, Lesve et Rivière

Celestin Marchal de Arbre

Alphonse Ravet de Profondeville

Louis  Colet de Rivière

Brosteaux de Lesve

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"Lapin" le surnom donné au village

Le 3 août, le 3ème chasseurs à pied de forteresse s'installe dans le premier sous-secteur du IIème secteur de la position fortifiée d'Anvers. Il prend en charge la défense de l’intervalle entre les forts de Schoten et de S'Grawenwezel. Les hommes y effectuent des travaux de fortification et sont entraînés jusqu'au 6 octobre (seuls deux détachements.

Un premier changement de position

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Le 7 Octobre, le régiment reçoit l'ordre de se replier dans le 5ème secteur (Haasdonk, secteur nord.) sur la rive gauche de l'Escaut..) et y reste jusque dans la nuit du 9 au 10 octobre. Laissés sans ordre alors que les pourparlers pour la reddition de la place sont lancés, les officiers des quelques unités encore présents prennent finalement la décision de partir vers la frontière hollandaise.

Rouge: l'intervalle entre les forts de Schoten et S'Grawenwezel

Bleu: le retrait vers la rive gauche de l'Escaut et arrêt au fort de Haasdonk

Vert: la retraite pensant rejoindre l'armée de campagne

La marche est très pénible car les hommes sont mal reposés  et mal nourris depuis plusieurs jours.

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De plus, des tensions divisent les officiers  qui souhaitent passer directement en Hollande et ceux qui veulent tenter de rejoindre l'armée à Ostende. Lors d'une pause au village de De Klinge le 10 vers midi, le commandant du 3ème chasseurs à pied de forteresse décide de poursuivre seul la route avec son régiment pour tenter de rallier l'armée belge. Le régiment arrive au village de Koewacht en début de soirée: «  Alors que les officiers se réunissent dans un café pour faire le point, le bruit du canon se fait entendre au sud de la localité et une auto qui fait un bruit assourdissant arrive et éblouit les hommes avec ses phares: Pensant être attaqués par une auto-blindée allemande, des chasseurs se mettent à tirer dans tous les sens, une panique s'ensuit et 90% du régiment s'enfuit en courant dans la partie hollandaise de la localité.

internés en Hollande, neutralité de la Hollande, les camps d'internement, Amersfoort, Zeist, Haderwijck, Hardwijk, la frontière électrifiée, octobre 1914, la chute de la position d'Anvers  Seul un groupe d'une petite centaine d'hommes accompagné d'officiers et guidé par un gendarme du coin réussira à rejoindre l'armée belge en se mettant en route directement après cet incident » . Certains isolés  resteront encore dans le village avant de passer la frontière ou de reprendre seul la route le lendemain vers Ostende.

De Klinge, le village coupé par la frontière. un soldat allemand devant sa guérite et un soldat hollandais derrière le "clôture".

Celestin Marchal sera libéré fin de l'année 1918.  Il reviendra un peu plus tôt que son frère encore sur L'Yser

Louis Colet de Rivière

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Son témoignage

Colet Louis ne fait pas partie des régiments de forteresse. Né en 1890, il fait encore partie des troupes d'active. Mobilisé le 3 août,  il est envoyé à Bruxelles. et plus particulièrement à la boucherie automobile de la 6ème division. Une boucherie qui suit la division afin de fournir les régiments en viande. Suite à la progression de l'ennemi sur la capitale, son service est envoyé à Saint-Nicolas Waes. Malheureusement, il est blessé le 4 octobre. Un pied ébouillanté durant le service. Il est envoyé alors vers l'hôpital militaire d' Anvers, place Marché aux Chevaux.

Le 9 octobre, pendant la nuit, vers 4 heures du matin, les malades sont mis au courant de la situation Reddition, fuir, échapper à la captivité! Un sauve-qui-peut. Les malades valides, du moins sachant se prendre en charge, se lancent sur les routes vers la Hollande. Ils n'ont pas les moyens de tenter un repli vers l'Yser. Donc la Hollande n'est pas un choix mais la seule alternative.

"Clopin clopant, je suis entré en Hollande. J'ai été chargé sur un train à Ulsse. j'ai été soigné trois semaines à l'infirmerie de la caserne de Harderwijk où j'étais cantonné".

Pendant sa fuite, il s'est  fait une entorse au pied.

Un major en habits civils!

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Les malades sont prévenus la nuit par un officier... un major en civil. Ce qui  donne à penser que même les cadres ne sont plus motivés.

"Et qu'on pouvait tacher de tirer son plan"!!!!

"J'ai parti au hasard avec un soulier et une pantoufle de repos.

Forcément, i n'y avait plus que le chemin de la Hollande".

 internés en Hollande, neutralité de la Hollande, les camps d'internement, Amersfoort, Zeist, Haderwijck, Hardwijk, la frontière électrifiée, octobre 1914, la chute de la position d'AnversAlphonse  Ravet de Profondeville

Alphonse Ravet est un artilleur dans le 3ème régiment d'artillerie de la 3ème division de l'armée de campagne qui défend la  position de Liège. Après le repli de Liège vers Anvers, sa batterie se retrouve à défendre un des intervalles de la position fortifiée d'Anvers. Le 7 et le 8, c'est la retraite. Toute la 3ème division,  infanterie, artillerie, cavalerie, génie.... se replie vers le littoral en longeant la frontière batave. Certainement trompée par la géographie de la région, la batterie commandée par le capitaine commandant Alexis, dans son entièreté,  se retrouve à La Klinge... la suite est connue. L'internement dans le camp de Zeist.

 Georges Brosteaux de Lesve 

 internés en Hollande, neutralité de la Hollande, les camps d'internement, Amersfoort, Zest, Haderwijck, Hardwijk, la frontière électrifiée, octobre 1914, la chute de la position d'AnversGeorges Brosteaux grenadier du 2ème bataillon du 5ème régiment de grenadiers  est lui aussi interné dans le camp de Zeist. Les grenadiers ont payé un lourd tribut dans les sorties d' Anvers organisées afin d'obliger les Allemands à concentrer plus de troupes dans le Nord de la Belgique. Cette manœuvre avait pour but de soulager le front français. Les Allemands ont été obligés de retirer des troupes du front français pour protéger leur flanc face à Anvers. Trois grenadiers de notre commune sont tombés lors de ces attaques. C'est pendant son repli avec son régiment que notre concitoyen de Lesve a été piégé.

Depuis son camp, il écrit à la Croix-Rouge Internationale afin d'avoir des renseignements sur Arthur Collet, un lancier, disparu à Namur. 

Il y d'autres internés dans notre commune. Plusieurs à Lustin (dont un qui fera venir sa famille plusieurs fois en Hollande) et quelques-un encore à Bois-de-Villers.

Sources

voir la page sur le forts de Wijneghem     lire

* 28 000 hommes, certaines sources donnent le chiffre de 35 000 hommes.

Général Gallet, S.M. le Roi Albert, commandant en chef devant l'invasion allemande, Plon, Paris 1931.

A l'époque, il était colonel  et conseiller du roi.

Historique du 3ème chasseurs à pied

Archives du CICR

Oorlogsgasten in Nederland tijdens de Eerste Wereldoorlog 

Evelyn de Roodt, Oorlogsgasten. Vluchtelingen en krijgsgevangenen in Nederland tijdens de Eerste Wereldoorlog (Uitgeverij Europese Bibliotheek, Zaltbommel 2000).

 Le livre du général Deguise   la défense d'Anvers en 1914

De internering van Belgische, Engelse en Duitse militairen in Nederland 1914-1918

http://www.wereldoorlog1418.nl/vluchtelingen/militairen-v...

 Dossiers militaires de ces soldats

Journal l'Ami de l'Ordre décembre  1914 et janvier 1915

 Cartes postales anciennes

 

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