19/06/2017

La vie dans les camps...

 A peine faits prisonniers

A pieds, ils sont emmenés immédiatement vers l'arrière afin de sortir des zones de combats puis  ils prennent un train (constitué uniquement de wagons à bestiaux), en direction de l'Allemagne et ses camps. Un voyage long et vécu dans des conditions pénibles. Les prisonniers sont démunis de tout. Ils n'ont que leurs vêtements militaires et sont à peine nourris. "Nous passons la nuit en plein air, un grand feu nous éclaire et nous réchauffe... le lendemain, mardi, on nous distribue un tout petit morceau de pain et un peu de jus noir mais à peine la moitié des soldats en reçoivent. A midi, un peu de bouillon avec des pommes de terre et de la viande mais les rations sont minimes et il n'y en a pas pour tout le monde. Après un repos, nous partons à pied pour Namur. Le lendemain, vers Huy sans recevoir aucune nourriture". C'est le témoignage de l'aumônier du fort de Saint-Héribert sur les trois premiers jours de la captivité.

 

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Dans le camp de transit, c’est un hébergement sommaire, de la paille sous une immense tente. En attendant d’être transférés vers un camp « définitif » avec des baraquements en planches recouvertes de papier bitumé.

Derrière Ernest Louis de Bois-de-Villers on devine que les baraquements sont plus que sommaires..

 

 

Les familles découvrent alors des villes jusqu'alors inconnues: Munster, Cassel, Soltau ,Minden, Hamelin et d'autres encore comme Arys en Prusse orientale...

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Les premiers courriers s’échangent. Des cartes illustrées au contenu succinct, rares sont ceux qui écrivent longuement. Une simple photo faite dans le camp, seul ou bien en groupe que l’on envoie à la famille pour donner de ses nouvelles. Les exemples ne manquent pas. L’essentiel est contenu dans la photo ou au verso de la carte dans ces quelques mots griffonnés au crayon à l’aniline, ce crayon que l’on humidifie du bout de la langue. Et lorsque les prisonniers commencent à donner de plus amples nouvelles, les familles comprennent à demi-mots  dans quel état de misère vivent leurs proches. Car même si ces hommes ont la pudeur de ne pas se plaindre, au travers de leur courrier ou des photos envoyées, perce leur état de dénuement. Ils ont faim, ils ont froid. Il y a des regards qui ne trompent pas.

camp de prisonnier, 14-18, captivité, évasion, kommando, travail obligatoire, évadé,  Chez plusieurs, on sent l’inquiétude de savoir ce qu’il se passe au village. « Ne me cachez rien… dites-moi…… que se passe-t-il pour les récoltes ? Beaucoup craignent que leur famille leur cache des choses.                                          Théophile Cuvelier 

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Théophile Cuvelier écrit à René Dufaux, un ami de la famille resté au village, afin d’obtenir des informations « Mon cher René, Comment va la santé ? Pour moi, je me porte à merveille ( !). Comment sont les choses pour les récoltes ? Donne-moi des nouvelles et de vous aussi. Donne-moi quelques … ?… concernant la vie actuelle car ta cousine reste bien mystérieuse sur le sujet. Vas-tu bientôt m’annoncer ton mariage ? Que fait tante et le gros oncle par le temps qui court ? Bien des amitiés à la maison.  René Dufaux sera déporté en 1916 (voir la recherche sur le sujet). Il est vrai que les réponses des familles ne sont guère démonstratives et ne répondent pas à l’attente des prisonniers.

Aussi lorsqu’une « longue » lettre arrive dans une famille, l’on devine l’émotion. « Pour moi, je me porte  à merveille» écrit Théophile Cuvelier de Bois-de-Villers. Est-ce la réalité ou bien ne veut-il pas inquiéter sa famille?. « Je me demande bien souvent de quelles ressources vous pouvez bien disposer pour vous nourrir  en Belgique de façon convenable. Ici, tout finit par manquer. Les pommes de terre sont actuellement totalement exclues  de notre alimentation. Du reste la récolte de pommes de terre a été détestable ici dans le Hanovre et ce qui a été récolté se gâte. La soupe du midi est la plupart du temps immangeable : eau, choux, navets etc…  quand on arrive à la manger, on a faim deux heures après. Nous recevons du pain qui est mangeable et le soir les 2/3 du temps une bouillie de maïs et d’orge qui additionnée d’un peu de lait concentré n’est pas mauvaise à mon goût. Du moins ! Heureusement, nous avons les biscuits, 32 à 40 par semaine. Ils sont excellents. Néanmoins, je ne comprends  pas comment ceux, qui en plus de ça, ne reçoivent pas de paquets, parviennent à subsister surtout pendant la période de froid intense que nous venons de traverser, jusqu’à ces derniers temps, je pouvais me procurer encore facilement différentes choses ici à Soltau mais du fait qu’il faut des cartes pour tout, c’est devenu à peu près impossible ou c’est hors de prix ou rarissime.  J’arriverai bien à me tirer d’affaires, ils sont le plus souvent si naïfs. Vous n’avez pas été les derniers à vous en apercevoir je suppose ». On sent son inquiétude au sujet des siens

Jules Thones de Arbre-Besinne est prisonnier, il correspond avec sa famille et d'autres habitants du village. Correspondre est un bien grand mot... Mais au moins, il reçoit des photos du village.

Quelques exemples de courriers pour le moins laconiques.

décoration, médailles, camp de prisonniers, évasion, évadé, poteau, punition du poteau, soldats belges, prisonniers belges, 14-18Envoi de Jules Berthulot, "Jules, nous avons été chez Polite ferrer". Polite est le maréchal ferrant du village.

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camp de prisonnier, 14-18, captivité, évasion, kommando, travail obligatoire, évadé, Jules Thones, à gauche, photographié avec deux compagnons d'infortune. celui du milieu serait Adolphe Léonard. Il écrit à Adelin Beaupère à Arbre.

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camp de prisonnier, 14-18, captivité, évasion, kommando, travail obligatoire, évadé, Les membres de la famille Thones, Taquet et Berthulot se sont réunis afin de se faire "tirer en portrait". Devant la table, la photo du prisonnier (à droite sur la photo)

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 Cher Cousin,

 "Je vous envoit mon portrait ainsi que celui de ma femme et de la petite  de Rosine pour vous montrer que je pense encore à vous, mais vous, vous ne pensez plus à moi, vous n'en parlez jamais, mais cela ne fait rien. Ernest Gemenne.

 

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D'autres photos de la famille envoyées à Jules Thones

 

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La vie s’organise peu à peu. Les tentes sont donc remplacées par des baraquements de bois recouverts de papier bitumé. Une bien maigre protection contre le froid, l’humidité voire les grandes chaleurs.  

camp de prisonnier, 14-18, captivité, évasion, kommando, travail obligatoire, évadé,   Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveDans les camps, il faut occuper ces hommes. Des prisonniers constamment sous la surveillance de sentinelles armées. L’entretien du camp nécessite quantité de prestations, d’autres prisonniers, toujours sous la férule d’un garde-chiourme se rendront dans des fermes pour aider aux récoltes, certains travailleront dans des usines proches des camps. Et durant ces travaux ou les trajets effectués pour se rendre au travail…. le moindre écart  de discipline peut entraîner une lourde sanction … voire la mort. La punition du poteau est courante dans tous les camps. Georges Depaire qui a refusé d’emmener des équipes de prisonniers sur le lieu de la corvée, sera puni de cette façon,(voir la page qui lui est consacrée).

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Dans les fermes,  

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 Les prisonniers logent parfois dans les fermes où ils travaillent. Chaque soir, une sentinelle vient les enfermer dans une pièce dans laquelle ils passeront la nuit. Afin d'éviter toute tentative d'évasion, les fenêtres sont barricadées avec des planches et des fils barbelés. Ernest Louis, le troisième à gauche, deuxième rang. Au centre la sentinelle qui a en charge la surveillance du groupe.

Une photo prise dans la cour d'une ferme

le groupe de prisonniers sous la garde d'une sentinelle (armée)  et l'œil "indifférent" du fermier. 

 

 

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Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveSouvent les groupes  de prisonniers travaillent dans des entreprises locales.

Dans les bruyères dans les environs de " Munsterlager."

Les sentinelles sont armées et plus nombreuses. La proximité des bois pourrait donner l'envie d'une évasion...

Dans des entreprises comme des scieries, des carrières...

 

Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveLes prisonniers assurent eux-mêmes la sécurité. L'équipe de pompiers "volontaires". Il semblerait que ce soit une scierie.

Ceux qui restent dans es camps entretiennent les installations. Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, Lesve

 

 

 

 

 

 

 

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 Pour ceux qui travaillent à l'extérieur du camp....

Perçoivent-ils un salaire? la question mérite d'être posée car dans tous les dossiers de prisonniers (de l'entité), nous n'avons trouvé que cet unique exemple.

 Célestin Briot, un soldat originaire de Lustin, capturé lors de la chute du fort de Dave, le 25 août 1914, demande réparation auprès des autorités belges. Il n'a pas reçu le salaire promis pour son travail. Le questionnaire qu'il remplit laisse supposer que le cas n'est pas unique, mais alors tous les autres prisonniers ont-ils touché leur salaire lors de leur captivité? Ou bien, trop heureux d'être libres, auraient-ils oublié de réclamer? Une recherche est lancée sur ce sujet.

Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesvePour avoir travaillé dans des cultures ou dans des marais on lui aurait promis un salaire de 30,50 pfennigs , la moitié du salaire des civils allemands.

Les autorités belges donneront une suite favorable à sa demande.

Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveUn questionnaire qui donne à penser que le cas ne serait pas unique

 

 

Un chèque postal de 2 francs septante-cinq centimes

Vous remarquerez que nous avons opéré la conversion de cette somme au taux favorable de...

 

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 Ernest Louis, un triste anniversaire, 18 ans 

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 Volontaire de guerre, Ernest Louis fêtera ses 18 ans en captivité. Une photo envoyée à sa maman avec pour seule commentaire... 18 ans!

Ernest Louis, 3ème à gauche au second rang, une photo en captivité

 

 

La carte réponse de sa maman

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Zénobe Gillet de Bois-de-Villers, soldat au 1er régiment de lanciers est capturé à Bioul. Son frère, Louis Gillet,  lui envoie une carte pour le soutenir. "Une bonne pensée"

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  Mais...

 La captivité pèse plus à certains qu’à d’autres. Aussi germe-t-il dans la tête de quelques-uns l’idée de s’évader. Mais les conditions pour tenter l'aventure ne sont guère favorables. Néanmoins quelques hommes ayant déjà fait " preuve de témérité, de sang-froid et d’audace lors de leurs missions de guerre » risqueront le tout pour le tout, conscients du sort qui leur était réservé s'ils venaient à être repris. La punition du poteau et autres représailles alimentaires, cachots, conseil de guerre ou la mort. Trois de nos villageois (connus)  tenteront le coup, plusieurs fois, malgré les punitions de plus en plus lourdes et les incarcérations dans les camps de plus en plus éloignés de la frontière belge.

Albert Massaux de Lustin.

http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/archive/2012/11/06/albert-aviateur-en-1914-abattu-en-france-capture-tentative-d.html#more

« J’ai participé à de nombreuses tentatives d’évasion dont je ne retiens que celles qui m’ont permis de sortir du camp, celle de Burg près de Magdebourg en 1915, arrêté à bellevaux près de Malmédy, celle du camp de Furstenberg, au nord de Berlin, arrêté à Coesfeld à environ 12 km de la frontière hollandaise et enfin celle de Strasbourg, en Prusse orientale, près de la Pologne, arrêté à Hanovre ». Ces tentatives d’évasion lui ont valu nombre de séjours en prison et, à chacun de ses retours, il est déplacé de camp, se retrouvant de plus en plus éloigné de la frontière belge. Jusqu’à finir sa captivité près de la frontière polonaise.

George Depaire de Profondeville.

http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/archive/2014/04/20/george-depaire-fait-prisonnier-lors-d-une-patrouille-8166969.html

« Que vous dire de ma captivité et des péripéties de mes évasions, sinon que ce fut un calvaire incroyable. Le total des jours de prison faits pour tentatives d’évasion s’élève à 2 ans environ ».«  s’est particulièrement distingué pendant sa longue et pénible détention en résistant systématiquement  et d’une façon continue aux œuvres de démoralisation des Allemands et en tentant 6 évasions dont la dernière lui a permis de rejoindre l’armée belge en campagne ».

Louis Lefort de Profondeville

Tentative depuis le camp de Senne. Il réussit, le 7 mai 1917, son évasion à la seconde tentative et se retrouve en Hollande. De là, il passe en Angleterre et demande à rejoindre l’armée belge sur le front. Ce qu’il fera… Malheureusement pour lui, sa conduite courageuse et volontaire ne sera jamais reconnue et il ne recevra jamais la Croix de Guerre, décoration qui souhaitait vivement recevoir vu son parcours… En effet, comme George Depaire,   il ne répondait pas à tous les articles du règlement pour l’obtention de cette médaille. Il y aurait eu trop de temps entre son évasion et le moment de sa réintégration dans une unité…. Victime des règlements !!! Quelle déception pour un homme qui a rempli tous ses devoirs !

Son dossier militaire

Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveLe motif du refus...

Sa capture

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Versé dans une colonne d'ambulanciers sous les ordre du Major Petit, Louis Lefort avait été, dans un premier temps, capturé lors du passage de la IVème division à Bioul.  Il parvient à s'extraire des rangs et se cache dans les bois de à l'abbaye de Maredsous.  Il reste caché  jusqu'au moment où  il reçoit l'aide des religieux pour un passage vers le front. Il est repris pendant sa tentative. (voir la page consacrée à la retraite).

 

Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveIl est repris à Eppighem et se voit condamner par l'autorité allemande. 13 mois de prison à Saint-Gilles puis envoyé en Allemagne le 25 décembre 1917.

 

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Ses explications données à l'administration militaire. Il se trompe certainement dans les dates, 1917, 1918

Il arrive en Angleterre 21 juin 1918 et après quelques démarches, rejoint une unité combattante.

 

 

 

 

 

 

 Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveIl reçut son congé définitif le 27 décembre 1918 mais refera un rappel du 2 avril jusqu'au 15 août 1919

 

 

 "Mineur belge à Marle-les-Mines puis rejoint la base navale de Calais".

 

Recherche sur cette unité de mineurs en cours.

 

 

 

 

 "En espérant que vous accueillerez ma requête, recevez Monsieur le Directeur mes remerciements anticipés".

En 1928, Louis Lefort n'avait toujours pas obtenu satisfaction!

 

 

 

Pour d’autres, la résistance se fera de l’intérieur

 

Artilleur au fort d'Andoy, le sous-officier Ernest Huet. de Bois-de-Villers, s’est fait remarquer par sa bonne tenue lors de l'assaut final de l'ennemi. Il a usé, dit le rapport de son supérieur,  "de tous les moyens mis à sa disposition pour repousser l'attaque allemande". Il sera décoré de la Croix de Guerre avec Lion de vermeil pour son attitude durant le combat. A la reddition du fort, la garnison est emmenée en Allemagne. Cela ne signifie pas la fin de la lutte pour le sous-officier. Sa guerre n'est pas terminée. De nouveau, il va user de tous les moyens dont il dispose  "pour nuire à l'ennemi". Possédant les rudiments de la langue allemande, il est désigné comme responsable des cuisines du camp. Avec une brigade  de 50 prisonniers, il assure la préparation des repas pour les 2000 prisonniers et gardiens. Ayant mis les Allemands en confiance par son travail, ceux-ci lui confient la tenue des registres de gestion de la nourriture. Il profite de cette opportunité pour les trafiquer et détourner la nourriture au profit de ses compatriotes. Avec succès d'ailleurs. Améliorer l'ordinaire de ses frères d’armes est son objectif majeur. L'ordinaire des prisonniers au détriment des Allemands. Il prendra des risques pour atteindre son objectif.

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 Contenu de cette page:

En février 1915, nous fûmes dirigés du camp de Soltau vers celui de Edewechter Mool au nombre de 700. C’est là que l’intéressé fut désigné par le commandant du camp pour remplir les fonctions de chef de cuisine. Connaissant très bien l’allemand, il put au bout de quelques jours captiver la confiance des Allemands, à tel point qu’on lui confia le magasin aux vivres ainsi que la tenue des livres de la cuisine des prisonniers ainsi que celui des Allemands. C’est à ce moment qu’il commença à remplir sa tâche en véritable Belge. Sa tâche consistait donc à gérer et à distribuer les vivres pour les nôtres et les Allemands et devait veiller à la cuisson des aliments des prisonniers. Je dois affirmer que les prisonniers recevaient largement leur compte. Voici en quelques mots les faits importants. Un jour il avait sorti du magasin un sac de 100 kilos de riz qu’il avait dissimulé dans un tonneau vide. Seulement, un jour d’inspection, les autorités découvrirent le pot-aux-roses et c’est Huet qui vint sur la sellette. Lui demandant la provenance, il répondit  avec arrogance que c’était du riz économisé et que quand la soupe lui semblait trop claire, il en mettait quelques kilos dedans. Ne se contentant pas de cela, ils vérifièrent les livres d’entrées de de sorties qui furent reconnus exacts. Les 100 kilos avaient été portés en compte pour la cuisine boche. Il reçut des félicitations pour la façon dont il surveillait le manger. Sa tâche fut très pénible et très ingrate. Il devait se lever le matin à 1 heure pour préparer le premier repas des hommes se rendant à la plaine car au mois de mars nous reçûmes un deuxième détachement portant notre camp à 1875 hommes. Une nuit, accompagné de Fernand Thibaut de Erpent ils résolurent d’ouvrir  un tonneau de 250 kilos de lard. Seulement les cercles finirent par sauter et le lard vint à reposer sur le plancher. Que fallait-il faire ? Ils prirent un tonneau vide et s’empressèrent de replacer une partie du lard dans ce récipient  après avoir confisqué l’autre partie. Quelques temps après, le restant du lard entrait en putréfaction. Ils allèrent prévenir les Allemands qui ouvrirent le tonneau et en conclure le renvoi à la maison expéditrice. Quelques jours plus tard, … le lard volé entrait dans la consommation des prisonniers. Quelques jours plus tard, on lui retira les clés du magasin.

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Il s'en sort mais il est passé près des sanctions. Malgré cet avertissement, il continue ses manipulations. Il est vrai que la nourriture n'est pas suffisante et diminue de semaines en semaines. Tout commence à manquer".

Arbre, Lustin, profondeville, prisonniers, évasion, évadé, camp de prisonniers, Lustin, Rivière, LesveHeureusement qu'Ernest Huet veille à la "qualité" de la nourriture de ses compatriotes....

 

 Mais le travail d'Ernest Huet continue dans d'autres domaines , il aide ses camarades qui tentent l'évasion. Là aussi il prend des risques car c'est par les bâtiments des cuisines que les candidats à l'évasion passe pour sortir du camp.

 

 Arbre, Profondeville, Lesve, Lustin, Bois-de-Villers, Rivière, Burnot, prisonniers, camp de prisonniers, évasion, Kommando E. Marchal a réussi sa tentative d'évasion. Il l'écrit. Nous n'avons pas encore retrouvé sa relation de son expédition à travers l'Allemagne ni de sa réintégration dans l'armée belge.    Mais son témoignage montre le rôle joué par E. Huet. Il fournit une carte et des vivres....

On peut supposer qu'il ne fut pas le seul à profiter de cette aide.

 

Puis, il y a ceux qui travaillent dans le camp.

 

Le soldat L. Juckler de Lesve, le frère aîné du brancardier blessé sur l'Yser,

 

(voir http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/archive/2017/01/08/un-brancardier-blesse-en-octobre-1918-le-parcours-particulie-8688288.html

Arbre, Profondeville, Lesve, Lustin, Bois-de-Villers, Rivière, Burnot, prisonniers, camp de prisonniers, évasion, Kommando a été capturé lors de la chute d'Anvers. Emmené en Allemagne, il s'occupera de la bibliothèque et officiera comme facteur. Il s'occupera de distribuer les colis venus du "pays". Nous en parlerons dans une prochaine page car les conditions de sa capture méritent que l'on s'y arrête!

                                                                        Louis Juckler dans "son bureau" dans le camp.

 

Photo reçue de

http://www.1914-1918.be/pri_juckler.php

, un échange de documents

http://www.1914-1918.be/brancardier_henri_juckler.php

 

 

Prochaine page 

 

Les colis, la joie de les recevoir mais aussi les sacrifices pour les familles.

Les malades soignés dans les lazarets, évacués en Suisse, leur retour en France

Ceux qui n'en reviendront pas, les disparus et les morts dans les camps.... l

 

Les sources de ces nombreux documents sont reprises dans le journal consacré à la guerre 14-18 

 

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